Le tableau complet des sélections au repêchage 2018 de la LNH

 

DALLAS – Le bruit courait depuis quelques semaines que le Canadien pourrait oser sélectionner Jesperi Kotkaniemi dès le troisième rang, mais ça faisait longtemps que le Canadien faisait ses devoirs à son sujet.

 

Le RDS.ca a eu l’occasion de discuter avec le dépisteur finlandais Kari Takko, un ancien gardien de but professionnel qui a d’ailleurs été repêché par les Nordiques de Québec en 1981 – et il était bien au fait que le Tricolore était vendu sur cet espoir.

 

Celui qui œuvre pour les Stars de Dallas a souvent aperçu Hannu Laine, le recruteur finlandais du Canadien, à des parties de ce sympathique espoir de six pieds deux pouces et 181 livres. L’état-major du CH a validé les rapports de Laine à quelques reprises alors que Trevor Timmins, Shane Churla et Marc Bergevin ont tous décortiqué plusieurs de ses matchs dont lors de rendez-vous internationaux.

 

Il n’y a aucun secret dans le fait que le Canadien doit trouver des joueurs de centre pour relancer son organisation. Tout de même, la sélection de Kotkaniemi apparaît audacieuse car certains recruteurs, comme Dennis McIniis de ISS Hockey, doutent de son poteniel offensif.

 

Takko balaie cette vision du revers de la main. Pour lui, il n’avait rien d’étonnant dans ce choix hâtif du clan montréalais.

 

« Non, je n’étais pas surpris. Son sens du hockey et ses habiletés justifient ce rang. C’est vrai qu’il devra améliorer son patinage, mais il est très intéressant comme athlète et sa personnalité est splendide. Il a clairement le potentiel de devenir un centre de premier ou deuxième trio », a cerné l’employé des Stars qui a joué pour la même équipe que Kotkaniemi en Finlande.

 

L’autre facteur particulier dans le dossier de Kotkaniemi, c’est qu’il a été employé à l’aile depuis deux saisons contre une opposition plus âgée en sol finlandais. Une fois de plus, Takko est arrivé à la même conclusion que le Canadien.

 

« Il est plus un centre à mes yeux, sa force est de créer des jeux pour les autres autour de lui. »

 

La plupart du temps, les équipes de la LNH vont pousser leurs recherches en interrogeant l’entraîneur d’un espoir prometteur. Cette fois, le contexte n’était pas idéal pour obtenir une opinion neutre puisque Kotkaniemi était dirigé par son père, Mikael Kotkaniemi, cette saison dans la ligue élite de Finlande avec l’Assat de Pori.

 

Son paternel n’était donc pas au courant de l’intérêt poussé du Canadien à l’endroit de son fils le plus jeune.

 

« Une seule équipe m’a appelé et ils n’ont même pas posé de questions à propos de Jesperi, mais je sais que notre entraîneur adjoint a reçu des appels », a confié son père au RDS.ca.

 

En tant qu’ancien joueur professionnel, il avait une bonne idée de la valeur de son fils, mais il était encore sous le choc quand il nous a accordé l’entrevue un peu plus d’une heure après le dénouement.

 

« Les médias avaient beaucoup parlé de cette possibilité avec Montréal, mais je ne savais vraiment pas à quoi m’attendre. Je ne comprends pas encore ce qui vient d’arriver, je vais avoir besoin de dormir une nuit pour être capable de décrire mes sentiments », a-t-il lancé en esquissant un sourire de fierté.

 

« C’est beaucoup d’émotions surtout que le repêchage venait juste de commencer. Ça faisait à peine 10 minutes. »

 

Son père se promet d'appeler Saku Koivu

 

Jesperi Kotkaniemi a bien fait rire les journalistes quand il s’est amusé à dire que les retours à la maison en auto avec son père et entraîneur ne sont pas très plaisants après une mauvaise partie de sa part. C’est que son père affiche un regard sérieux et froid qui détonne avec celui de son fils.

 

Même après une bonne partie, il lui répète souvent le même conseil.  

 

« Son plus grand atout, c’est sa compréhension du jeu. Pour un jeune joueur, il assume de grandes responsabilités sur la patinoire. Il a aussi un très bon lancer, mais il doit vraiment l’utiliser plus souvent. Je lui répète chaque jour », a-t-il prononcé en riant cette fois.

 

Le saut vers la LNH n’effraie pas tant le père et l’entraîneur puisque Jesperi a été en mesure de poursuivre sa progression à chaque étape névralgique de son développement.

 

« J’ai vu deux gros sauts dans son parcours. À 15 ans, ils ont voulu le prendre dans le club junior et je disais non, je disais qu’il allait se faire démolir contre ces joueurs, mais l’entraîneur a insisté. J’ai fini par accepter et il a réussi une très grosse progression. L’autre grande évolution a eu lieu la saison dernière quand il était avec les hommes », a noté le père.

 

À la maison des Kotkaniemi, le hockey occupe une place importante dans les discussions, mais le but n’a jamais été de pousser les enfants dans ce sport.

 

« C’est sa carrière, pas la mienne, je veux savoir ce qu’il veut. La motivation doit venir de lui. Je ne jouais plus quand il est né, mais je voulais lui montrer que le hockey est amusant et que c’est une belle et saine façon de vivre », a exposé Mikael.

 

Le paternel est bien conscient que son fils vient de se joindre à une prestigieuse organisation et qu’il devra parfois composer avec la « tempête » de cette grande ville de hockey comme il dit. Il se promet ainsi de contacter une ressource inestimable.

 

« Saku Koivu est l’un des plus grands et il est très intelligent. Je vais dire à Jesperi qu’on va l’appeler pour discuter », a conclu celui qui a pris sa retraite quelques mois avant la naissance de son plus jeune fils.