Les Sénateurs d’Ottawa sont toujours à la recherche du prochain entraîneur-chef qui saura inculquer une structure et une rigueur, et surtout quelqu’un qui aura la capacité de faire progresser les plus jeunes en leur montrant la bonne direction pour les années futures.

Revenir à l’essentiel doit ainsi demeurer le centre de priorités du directeur-général, Pierre Dorion.  Il faut trouver un homme de hockey qui saura redonner un peu d’espoir aux plus fidèles partisans de la formation ottavienne, tant sur le moyen que sur le long terme.

Il s’agit donc d’une vraie chasse aux sorcières qui perdure depuis trop longtemps, soit depuis le début du mois d’avril dernier, et qui bien objectivement se doit de tirer à sa fin dans un avenir plus que rapproché.

Pourquoi Patrick Roy irait à Ottawa?

Pourquoi? Tout simplement, car l’offre sur le marché continue de rapetisser suite  aux embauches des dernières semaines dans la LNH.

Au-delà des noms avancés sur la place publique lors des derniers mois, le profil recherché doit tout simplement avoir préséance sur le nom du principal candidat.

Comme rapporté par le collègue Bruce Garrioch, du quotidien le Sun d’Ottawa, la semaine dernière,  il y aura une rencontre entre l’organisation des Sénateurs et le légendaire Patrick Roy cette semaine. Si vous me posez la question concernant cette potentielle embauche, j’aurais tendance à dire oui pour les bonnes raisons, mais non pour les mauvaises.

Commençons par le non.  Je dirais non parce que le nom de Patrick Roy suscite curiosité et intérêt des différents médias et du public, alors que ce dernier a été un des grands athlètes au sein du meilleur circuit de hockey au monde. Au niveau marketing, le nom en est un accrocheur et cela en interpelle plusieurs. Voilà le genre de piège qu’il faudrait rapidement écarter de l’équation.  

Maintenant défendons le camp du oui. Je dirais oui, si Roy, avec sa forte personnalité, a appris et grandi de son expérience du passé avec l’Avalanche du Colorado. Rappelons-nous que cette aventure s’était terminée en queue de poisson en raison de profonds différends entre le directeur général Joe Sakic et lui.

Mon expérience m’amène à croire qu’il est toujours possible que Pierre Dorion démontre un certain intérêt pour cette candidature des derniers jours, en espérant que ce soit le cas pour les bonnes raisons.

Si pour plusieurs Guy Boucher représentait, à sa façon, ce genre de bête de scène en situation de compétition avec une soif de victoire, Patrick Roy représente aussi ce genre de personnalité que tu dois apprendre à retenir dans certains moments intenses, ce qui n’est pas nécessairement négatif en soi. C’est ce qu’on appelle de l’émotion. Il vaut mieux apprendre à la gérer que se laisser gérer par celle-ci dans les moments de forte chaleur.

Est-ce que Patrick, à la suite de son expérience avec l’Avalanche, est un meilleur entraineur aujourd’hui? Possiblement, oui, après un certain recul lors des dernières années. Or, est-ce assez pour devenir un sérieux candidat à la succession de Guy Boucher? Cela reste à prouver.

Canadiens de Montréal : Nick Suzuki apprendre à gérer les attentes !

Nick Suzuki

Selon l’entraineur-chef des 67 d’Ottawa, André Tourigny, le jeune attaquant du Storm de Guelph, Nick Suzuki, acquis par le Canadien de Montréal des Golden Knights de Vegas, a sensiblement le même profil que Ryan O’Reilly des Blues de Saint-Louis.

Cela veut dire qu’il possède une capacité d’engranger les points, surtout dans les moments critiques de la partie, surtout lorsqu’il y enjeu, et il est également très soucieux des petits détails qui peuvent la différence, et cela, dans les deux sens de la patinoire.

De quoi faire plaisir au directeur-général du CH, Marc Bergevin. Il doit espérer que la progression et l’éclosion de cet ancien choix de 1re ronde (13e au total) lors de la séance de sélection de 2017 des Golden Knights de Vegas se feront rapidement.

En contrepartie, on se doit de respecter les étapes de développement et la courbe de progression avec ce jeune homme. Cela doit demeurer la priorité première dans le processus décisionnel lorsque viendra le moment de trancher à savoir ce qui sera le mieux pour le natif de London, en Ontario.

Maintenant, il faut faire la distinction entre « il a sensiblement le même profil que Ryan O’Reilly » et « il sera le prochain Ryan O’Reilly. » Il y a un monde de différence.

Le buzz des derniers jours entourant Suzuki est tout à fait valable, en raison de son excellent parcours en séries éliminatoires avec Guelph, eux qui sont présentement au tournoi de la coupe Mémorial à Halifax.

Malgré toutes les bonnes choses entendues à gauche et à droite lors des dernières semaines à son endroit, et en reconnaissant le potentiel du jeune homme, il faudra apprendre à gérer les attentes sur le court terme. Cela représentera un des principaux défis, tant chez l’athlète que chez les hauts dirigeants du club de hockey canadien dans les mois à venir.

Séries éliminatoires : Plus ça change plus c’est pareil !

Certains ont pensé le contraire, même plusieurs je dirais, mais oui la culture de la « game » a changé au cours des dernières saisons avec du jeu plus rapide, et un niveau d’habilités individuelles hautement amélioré par rapport au passé, avec l’arrivée de jeunes joueurs talentueux, créatifs et qui font preuve d’audace.  

Une notion bien comprise par certaines équipes depuis le début des présentes séries, entre autres, par les Bruins de Boston. La formation de Bruce Cassidy, dans sa charte de profondeur, présente un bel équilibre et une belle répartition toutes positions confondues.

Du leadership, du caractère, un bon mélange de jeunes et de moins jeunes, mais encore plus important une identité propre à eux : résilients et hargneux.

Voilà un constat qui nous porte à croire qu’il y a toujours de bonnes petites équipes construites en lien avec la saison régulière, c’est-à-dire avec de la vitesse, de la créativité, et des équipes qui sont animées par le sens du spectacle vis-à-vis du client payeur.

Or, cette nouvelle notion de vitesse et de créativité est un peu, voire beaucoup, étouffée en séries éliminatoires. En effet, malgré toutes les controverses entourant la façon de faire et la qualité de l’arbitrage, et surtout malgré les directives envoyées avant le début des séries, on remarque que plus ça change et plus c’est pareil.

Le fait de pointer du doigt ou de diriger nos regards seulement et uniquement envers les hommes aux chandails rayés serait de mal interpréter la situation et de faire preuve d’aveuglement volontaire.

Les gens de la Ligue nationale de hockey, les décideurs, les propriétaires, n’ont pas osé traverser cette ligne entre le hockey de saison régulière et celui de printemps, et rien ne nous porte à croire que cela se fera du jour au lendemain.

En refusant d’émettre ces nouveaux paramètres et de tracer cette ligne pour le bien du sport et de son spectacle pour les années futures, on est en train de rater une belle chance de présenter le produit de la LNH sous ses plus belles couleurs.

Puisque les arbitres sont plus permissifs en laissant passer l’accrochage,  qu’ils tolèrent certaines situations qu’ils ne tolèreraient jamais en saison régulière, et qu’ils ne se servent pas de la technologie à bon escient, quand la valise du gros bon sens l’exige, c’est la LNH qui est en train de se tirer dans le pied.  

Il ne faut pas se surprendre des critiques des dernières semaines envers certains hauts dirigeants de la LNH qui résistent toujours à marier l’eau et le feu et en se gardant la tête dans le sable afin de protéger leurs propres intérêts.

Pour le bien de la collectivité et pour le  bien du produit, peut-on prendre les décisions qui s’imposent et offrir le même arbitrage en séries éliminatoires qu’en saison régulière? Tout le monde y serait gagnant.