Qui de Novak Djokovic, dont le trône vacille, ou de Rafael Nadal, sur le point de s'y réinstaller, terminera l'année dans le costume de No 1 mondial ? Les deux premiers joueurs mondiaux reprennent leur duel au Masters 1000 de Paris-Bercy, à partir de lundi.

Roger Federer, qui avait fait son grand retour sur les courts parisiens il y a un an, est de nouveau attendu, dans la foulée de son dixième sacre à Bâle, sa ville natale. Une éventuelle demi-finale Federer-Nadal pourrait alors prendre forme. A moins que le Suisse ne préfère s'économiser en vue du Masters de fin d'année (11-17 novembre) à Londres.

Djokovic, No 1 en sursis

C'est dans la peau d'un No 1 mondial en sursis que Djokovic aborde l'avant-dernier tournoi de la saison, à deux semaines du Masters. Car quoi qu'il arrive au cours de la semaine parisienne, le Serbe de 32 ans cèdera à Nadal la tête du classement ATP dès le lendemain, précisément le 4 novembre, puisqu'il perdra à cette date les points récoltés à Londres il y a un an, où l'Espagnol, blessé, était absent.

Mathématiquement, c'est clairement Rafa qui est en position de force pour finir 2019 sur le trône du tennis mondial pour la cinquième fois de sa carrière.

A la course, le classement établi sur l'année civile, il compte 1280 points d'avance sur "Djoko". Si bien qu'un titre dans l'est parisien, là où le roi de Roland-Garros ne s'est encore jamais imposé, lui assurerait de terminer l'année avec le dossard de N.1, quels que soient les résultats du Serbe. Pour être hors de portée de Djokovic avant le Masters, Nadal a besoin de porter sa marge à plus de 1500 points.

Reste à savoir si le Majorquin de 33 ans en aura les ressources physiques, lui qu'on n'a plus vu en compétition officielle depuis son triomphe à l'US Open début septembre, son 19e en Grand Chelem, et qui a connu une énième alerte à la main gauche lors de la Laver Cup.

«J'ai dû m'arrêter quelque temps mais je me sens mieux, c'est pour ça que je suis là, a brièvement expliqué dimanche Nadal, qui a pour objectif d'être à 100% mercredi » pour son entrée en lice. Et qui sait parfaitement quelles sont ses priorités.

« Bien sûr, j'adorerais finir l'année No 1 mondial. Mais je l'ai déjà dit, mon objectif désormais, ce n'est pas d'être No 1, mais d'organiser mon calendrier pour durer le plus longtemps possible. Si avec ce calendrier, je suis N.1 à la fin de la saison, super, mais je ne ferai pas des trucs en plus pour l'être », pondère-t-il.

Djokovic débutera contre Richard Gasquet ou le Serbe Dusan Lajovic, Nadal face à Adrian Mannarino ou un qualifié.

En attendant, tous deux se sont entraînés ensemble pendant deux heures samedi. Comme si de rien n'était.

Où s'arrêtera Medvedev ?

C'est objectivement le meilleur joueur de ces trois derniers mois : depuis le tournoi de Washington début août et jusqu'au Masters 1000 de Shanghai mi-octobre, en passant par son inimaginable résistance en finale de l'US Open, Daniil Medvedev a atteint la finale des six derniers tournois qu'il a disputés (3 victoires pour 3 défaites).

C'est précisément le Russe de 23 ans qui s'est offert les deux derniers trophées en Masters 1000, à Cincinnati pendant l'été, puis à Shanghai.

« Très fatigué », Medvedev s'est accordé depuis un repos bien mérité. Parviendra-t-il à étirer encore son impressionnante série sur les courts parisiens ?

« Tu ne veux pas que ça s'arrête. Je travaille de mon mieux pour que ça ne s'arrête pas. En ce moment, ça marche bien. J'espère continuer », ambitionne-t-il.

Ca risque de passer par un duel contre Djokovic, auquel il est promis en demi-finale.

Dernier appel pour le Masters

Comme souvent, Bercy délivrera les derniers sésames pour le Masters. Six joueurs ont déjà le leur en poche : Djokovic, Nadal, Federer, Medvedev, l'Autrichien Dominic Thiem et le jeune Grec Stefanos Tsitsipas. Deux restent à attribuer.

Virtuellement, ils sont entre les mains de l'Allemand Alexander Zverev, champion sortant, et de la révélation italienne Matteo Berrettini. Mais une poignée d'autres joueurs, dont Gaël Monfils, actuellement en dixième position, à 195 points du dernier qualifié théorique, peuvent encore mathématiquement y prétendre.