mercredi, 5 déc. 2012. 12:00

Manny Pacquiao et Juan Manuel Marquez s'affronteront pour la quatrième fois samedi soir à Las Vegas, un phénomène exceptionnel dans le monde de la boxe, puisque la plupart du temps, les grandes séries s'arrêtent après trois épisodes.

Cela démontre à quel point les trois premiers duels entre Pacquiao et Marquez ont été serrés, partagés, intenses et prisés par les amateurs. Bref, tout le monde en redemande!

Pour obtenir un grand combat, il faut répondre à deux questions fondamentales : Connaissons-nous les boxeurs? Pouvons-nous prédire le gagnant? Si la réponse de la première question est oui et celle de la deuxième non, tous les ingrédients sont réunis pour une soirée grandiose.

Pacquiao et Marquez sont faits l'un pour l'autre. Le Philippin est athlétique, porté sur l'attaque, agressif et en donne aux amateurs pour leur argent. Le Mexicain est quant à lui un génie qui possède un quotient intellectuel de boxe peu commun dans ce milieu et une technique presque parfaite. Difficile de prédire qui l'emportera. Ceux qui jouent à pile ou face avec un 25 sous ont autant de chances de trouver le gagnant!

La tête avec Marquez, le cœur avec Pacquiao

Même si l'entraîneur Freddie Roach a réitéré que Pacquiao allait passer le knock-out à Marquez, ce dernier le connaît trop bien pour subir pareil affront. Marquez est capable de contrôler Pacquiao comme personne n'est capable de le faire. Et il possède surtout cette capacité à se relever et de poursuivre le combat comme si de rien n'était. Rappelez-vous que Marquez a visité le plancher trois fois lors du premier combat et un fois pendant le deuxième. Et c'est d'ailleurs pourquoi je crois que Marquez l'emportera.

Pacquiao donne l'impression d'avoir perdu son mordant, la fraction de seconde qui le rendait aussi efficace. À ses deux derniers combats - contre Timothy Bradley et Marquez -, Pacquiao se battait par séquences et non avec fougue sans jamais arrêter. Pacquiao calculait davantage, chose qu'il n'avait jamais faite dans le passé.

Les boxeurs comme Pacquiao qui se fient à leurs habiletés athlétiques naturelles - pensons à Roy Jones fils ou Sugar Ray Leonard - ont tendance à décliner un peu plus tôt que les autres. Ceux qui se fient à leur technique comme Marquez, Bernard Hopkins ou Andre Ward durent généralement plus longtemps. Pacquiao donne l'impression d'avoir ralenti au cours de la dernière année, ce qui n'est pas le cas de Marquez.

Si la tendance se maintient, Pacquiao pourrait justement être privé de ce petit quelque chose qui lui a permis de remporter les deux derniers combats de la trilogie.

Par contre, une victoire de Pacquiao serait souhaitable, car elle aurait beaucoup plus d'impact. Lorsque Pacquiao monte dans l'arène, aucun sport de combat ne peut offrir un spectacle de cette qualité. Comme c'est le cas pour Floyd Mayweather fils, les ventes de billets et de télévision à la carte explosent.


Cotto-Alvarez aura lieu

Les guerres usent son homme et Miguel Cotto en a fait la démonstration ultime la fin de semaine dernière en s'inclinant devant Austin Trout.

Cotto avait été très dominant chez les poids super-légers, peut-être un peu moins chez les mi-moyens, mais chez les super-mi-moyens, c'en était trop! Trout est un gros super-mi-moyen qui possède de belles habiletés sans cependant être exceptionnel. Il ne faisait toutefois aucun doute qu'il avait assez de talent pour battre un Cotto usé.

Cela dit, Cotto risque fort de retrouver Saul « Canelo » Alvarez sur son chemin dans un avenir rapproché. Trout a battu Cotto, mais il n'a pas gagné sa renommée. Connaissez-vous beaucoup de boxeurs qui attirent 13 000 spectateurs à New York? Ils se comptent sur les doigts d'une seule main.

La situation de Cotto s'apparente à celle d'Erik Morales il y a quelques années, alors que ce dernier avait perdu un combat préparatoire contre Zahir Raheem avant son deuxième duel contre Pacquiao. Cet affrontement a finalement eu lieu, parce que c'est tout simplement ce que les amateurs voulaient.

*Propos recueillis par Francis Paquin