AVANT-MATCH TEXANS C. CHIEFS | SECTION SPÉCIALE

Depuis le début du camp d’entraînement, on travaille fort afin d’en arriver à ce moment : les éliminatoires.

Je mentionnais lors de ma dernière chronique à quel point la semaine de congé en raison de notre classement en saison régulière était la bienvenue, mais je peux vous dire que les Chiefs de Kansas City ont hâte de sauter sur le terrain dimanche pour affronter les Texans de Houston au Arrowhead Stadium (match présenté à 15 h à RDS et RDS Direct).

Notre entraîneur Andy Reid s’est assuré que nous ne perdions pas notre concentration malgré une semaine sans match. Nous avons enfilé l’équipement, dont les épaulettes, dès jeudi dernier même si nous n’allions pas jouer. Il y a eu plusieurs courts entraînements, mais qui se sont déroulés à haute intensité.

Donc la combinaison était à mon avis idéale, c’est-à-dire un peu de repos pour permettre à notre corps de récupérer et ensuite de l’intensité pour que l’on soit dans un bon état d’esprit pour les séries de division.

Dès lundi, la routine a repris avec la même approche que lors du calendrier régulier lorsque vient le temps de se préparer. Nous savons à quel point c’est un match important, car il est sans lendemain.

Nous avons confiance de pouvoir tout donner et c’est ce qu’il faut faire chaque jour, pas seulement lors de la partie. Lors des entraînements et des réunions d’équipe, chacun doit avoir toute son attention à la bonne place et c’est ce qui se passe actuellement.

C’est aussi un avantage d’affronter une équipe que nous connaissons puisque nous avons des éléments de comparaison pour notre préparation. Nous avons affronté les Texans plus tôt au cours de la campagne et même si chaque équipe évolue, nous avons eu un bon aperçu, je crois, de leur identité. Nous avons aussi su ajuster le tout avec des rencontres en fin de saison pour analyser à nouveau leur équipe et évidemment leur match devant les Bills de Buffalo.

Il faut dire que cette rencontre éliminatoire, je l’ai regardé du coin de l’œil tout d’abord samedi dernier comme elle avait lieu en après-midi. J’ai vu que les Bills avaient une avance importante, mais j’ai aussi réalisé que les Texans étaient une équipe avec du caractère lorsqu’ils ont su remonter la pente en deuxième demie pour l’emporter.

À ce moment, on ne pensait pas qu’ils allaient être nos adversaires pour ce deuxième tour des éliminatoires dans la NFL. J’étais donc pleinement concentré en soirée pour le duel Patriots-Titans.

Depuis que j’ai commencé ma carrière avec les Chiefs, une rivalité s’est créée avec les Patriots, souvent parce que nous terminions les deux équipes au sommet et ça donnait droit à d’excellents affrontements. J’avais donc au préalable un intérêt particulier pour cet affrontement.

Il faut savoir que pour un joueur, visionner des matchs à la télévision ce n’est pas l’idéal, car on regarde des points précis qui vont ultimement nous être utiles. Les plans de caméra ne sont donc pas toujours idéalement ajustés pour montrer les détails que je recherche. Je suis par exemple porté à noter comment un joueur défensif va se placer et je le retiens. Une fois la nuit passée, je me réveille et lorsque j’analyse à nouveau les séquences, je réalise que ces tendances sont déjà bien ancrées dans ma tête. Je sais donc comment réagir et c’est dans cette optique que je visionnais les Patriots et les Titans.

Après le revers des Pats, et alors que l’on connaissait nos adversaires, je me suis réveillé le lendemain et la première chose que j’ai faite a été de prendre mon Ipad pour visionner à nouveau le match Bills-Texans, mais avec le regard que je viens de vous expliquer. J’étais plus attentif à la défense des Texans pour tenter de déceler certaines tendances.

Bien connaître les Texans

Lorsque vient le temps d’entrevoir les Texans, leur ligne défensive est certes à surveiller. Nous savons ce qui nous attend en ce qui concerne la ligne offensive. Ils sont très bons au centre pour bloquer la course, donc ce sera à nous d’être explosifs.

Pour ce qui est de la couverture, les demi-défensifs restent collés aux receveurs, donc ce sera à eux de parvenir à se démarquer pour briser cette défense homme à homme.

Lorsque nous serons en troisième essai, nous savons que, tout comme les Patriots, ils font preuve de créativité pour appliquer la pression. Parfois ils ajoutent des secondeurs et modifient leur formation pour se créer des ouvertures.

Ça risque fort d’être un match qui va se décider à la toute fin. Une avance d’un touché au quatrième quart risque fortement de ne pas être suffisante en raison du punch offensif des deux côtés. Si de notre côté nous avons Mahomes, ils peuvent quant à eux miser sur Deshaun Watson. Les répliques peuvent être instantanées d’où l’importance aux détails.

Lors de notre confrontation contre eux cette saison, ce qui avait fait défaut notamment, c’était notre indiscipline. Nous avons écopé de plusieurs pénalités qui ont compliqué notre tâche pour la poursuite des séquences en attaque.

La bataille des revirements sera un élément clé. Encore une fois, nous avions manqué quelque peu en ce sens lors de la sixième semaine alors qu’un revirement en fin de première demie nous avait empêchés d’inscrire des points. Il faudra s’assurer de ne pas redonner le ballon à une attaque aussi puissante. Le temps de possession sera primordial. Notre défense cherchera quant à elle à ce que l’adversaire force le jeu et c’est à ce moment qu’elle pourra nous remettre le ballon avec un revirement, ce qu’elle a fait lors des dernières semaines.

Chaque centimètre importe

L’écart en termes de talent entre les équipes à ce stade-ci de la saison est extrêmement mince. C’est réel lorsqu’on entend que ça se joue alors à peu de chose. C’est souvent une question de volonté et de savoir quelle équipe commettra le moins d’erreurs.

En éliminatoires, chaque petit détail compte et semble avoir une incidence sur la rencontre. C’est pourquoi l’intensité est à son paroxysme puisque chaque joueur sait que le jeu suivant peut être déterminant.

Pour une attaque, une course de quatre verges sur un premier essai est une réussite. Parfois le porteur de ballon est touché pour une première fois après avoir franchi seulement une ou deux verges. Je vous garantis que si vous portez attention, vous aller voir les autres joueurs tenter de l’aider dans sa progression par la suite.

Parfois le demi-offensif peut se dégager ou tomber vers l’avant pour gagner davantage de terrain. À d’autres moments, c’est aux joueurs de ligne de modifier légèrement leur angle de blocage pour aider le travail de notre coéquipier. Ça peut paraître minime, mais c’est crucial d’obtenir toutes les verges possibles sur chacun des jeux, car elles sont chèrement défendues par la défense adverse.

Je ne vous apprendrai rien en disant qu’il nous faudra protéger Patrick Mahomes avec efficacité surtout lorsque la situation se prêtera à un jeu de passe (souvent sur un troisième essai et plus de cinq verges). Mais si on limite ces jeux avec des troisièmes essais plus courts, ce sera fort avantageux, et ce sera grâce à tout le travail accompli lors de la première course qui nous a permis d’accumuler quatre verges et qui a découlé sur un deuxième essai plus facile avant un troisième encore plus à notre portée.

On limite alors les impacts de joueurs comme J.J. Watt ou Whitney Mercilus qui s’en donnent à cœur joie dans ce genre de situation.

Ça fait quelques années que nous avons le privilège d’atteindre les éliminatoires à Kansas City, donc nous savons que le jeu devient soudainement plus physique et plus rapide. On se souvient que chaque jeu compte.

Même si ce n’est pas un touché, mais que l’on parvient à enregistrer deux premiers essais pour ensuite dégager, on peut refouler l’adversaire dans son territoire. Le positionnement sur le terrain fait une énorme différence comme il y a souvent moins de jeux explosifs. Donc, de commencer à sa propre ligne de 25 au lieu du 40 complique grandement la tâche. C’est la beauté de ces matchs sans lendemain, alors que tout importe.

Un retour en éliminatoire

Je ne vous cacherai pas que j’ai particulièrement hâte de cette intensité des éliminatoires. Je n’ai pas joué l’an dernier en pareille situation en raison d’une blessure et je suis reconnaissant qu’on soit parvenu à nouveau à se qualifier.

Il est évident qu’un niveau de nervosité s’installe à l’approche de tels matchs, mais tout le stress nous quitte lorsqu’on est sur le terrain. Ce sont des moments marquants parce que c’est tellement intense. On arrive dans le match sachant que ça va pencher d’un bord ou de l’autre et ça tient à peu de choses.

Ensuite, on peut l’emporter et devant nos partisans ce qui nous permettrait de nous entraîner à nouveau la semaine prochaine pour obtenir une autre chance de s’approcher de notre but ultime qui est évidemment le Super Bowl. On sait qu’on ne l’a pas encore gagné, donc ce sentiment de perdre est ravageur et ça rend les moments de réjouissance encore plus valorisants. On veut vivre l’un de ces beaux moments dès dimanche avec un premier match en 2020 pour les Chiefs en éliminatoires.

*Propos recueillis par Maxime Tousignant