BROSSARD – Le camp d’entraînement actuel revêt une importance capitale pour quelques joueurs de l’organisation du Canadien et Jarred Tinordi représente le premier nom qui vient en tête.

Le fait qu’il ait été repêché en première ronde (22e au total en 2010) n’est pas étranger à ce constat puisqu’il est arrivé au sein de l’organisation montréalaise avec des attentes d’envergure. Le costaud défenseur de 23 ans préfère voir la lumière au bout du tunnel au lieu de se dire qu’il arrive à la croisée des chemins avec le Tricolore.

À six pieds six pouces et 230 livres, Tinordi a nécessité une plus longue période de polissage et le boulot ne semble pas encore achevé.

« Ça fait partie du hockey, tout le monde traverse des hauts et des bas », a avoué Tinordi à propos de sa dernière saison décevante qui s’est conclue par une opération à un poignet.

Pour le moment, l’ancien des Knights de London refuse de se dire que ça passe ou ça casse dans son cas même si la direction du ballottage lui sera réservée dans l’éventualité d’un renvoi dans la Ligue américaine.

« Je n’ai pas pensé à ça, je me concentre sur le camp d’entraînement », a insisté Tinordi.

« L’équipe sera très puissante cette année et la profondeur ne manque pas en défense, mais je vois le tout comme une belle opportunité d’obtenir une place parmi les défenseurs. Je trouve que mon style cadre bien pour ce groupe et je veux être fiable dans plusieurs situations », a poursuivi celui qui devra rehausser son jeu d’un cran ou deux.

Puisqu’il a été opéré, Tinordi n’a pas joué un match depuis le mois de mars. Sans surprise, il trépigne d’impatience à l’idée de prouver dans le cadre des matchs préparatoires qu’il mérite sa place dans la LNH.

« Je dois retenir le positif de cette opération, c’est difficile de terminer une année en raison d’une blessure, mais ça m’a permis de beaucoup réfléchir à la suite des choses. J’ai pu recommencer mon entraînement un peu plus tôt qu’à l’habitude », a décrit Tinordi qui a peaufiné son explosion, sa puissance et son jeu de pieds cet été.

En cherchant des aspects qui jouent en sa faveur, on peut citer l’exemple que le contexte des matchs contre des membres de l’organisation du Canadien enlève des armes de son jeu. Quand le calendrier préparatoire sera en branle, il devra confirmer cette hypothèse.

Dans l’entourage de l’équipe, on prône la patience dans son cas.

« C’est vraiment un processus de devenir un bon défenseur. Il faut passer par la Ligue américaine et, ensuite, il faut disputer 250 à 300 matchs dans la LNH. Ça prend plusieurs années et je l’ai vécu, j’ai commencé à figurer la manière de jouer à mon arrivée à Montréal autour de 24-25 ans. Il faut être patient avec ces défenseurs », a mentionné l’entraîneur des défenseurs, Jean-Jacques Daigneault.

« Je pense qu’il joue son meilleur hockey quand il ne réfléchit pas trop. Il faut se développer durant les entraînements pour que ça devienne instinctif dans les matchs. Bien sûr, il a encore des choses à apprendre, mais il demeure jeune et on aime son aspect physique », a ajouté
Carey Price sur Tinordi qui a joué 48 matchs dans le circuit Bettman.

Inévitablement, Tinordi se retrouve en compétition avec Greg Pateryn et Mark Barberio. À première vue, ceux-ci semblent plus à l’aise sur la patinoire cet automne.

La saison passée, Pateryn a pris l’ascendant sur Tinordi et il entend le conserver. Nettement plus confiant pour ce camp d’entraînement,  Pateryn vise une seule chose

« Je veux prouver une fois de plus que je mérite de rester avec le club. Je l’ai déjà démontré et je veux continuer dans ce sens. Ce n’est pas important le salaire que tu touches, tu dois toujours te méfier de la compétition et jouer le mieux que tu peux », a noté Pateryn qui n’est pas effrayé par la compétition.

En fin de compte, Tinordi se retrouve sur la corde raide même si la profondeur demeure essentielle aux yeux du directeur général. Le portrait pourrait cependant changer dans l’éventualité d’une transaction puisque Tom Gilbert écoule la dernière année de son pacte.