mercredi, 12 févr. 2014. 10:50

Andrei Markov remplira un rôle de premier plan au sein de la brigade défensive de l’équipe nationale russe qui amorcera le tournoi olympique de Sotchi jeudi face à la Slovénie.

Que ce soit avec son compagnon de travail habituel à Montréal, Alexei Emelin, avec Slava Voynov, des Kings de Los Angeles ou les autres défenseurs de sa Russie natale, Andrei Markov devra être meilleur encore qu’il ne l’est depuis le début de la saison avec le Canadien s’il souhaite offrir à son pays une première médaille d’or depuis les Jeux d’Albertville en 1992.

Ce qui est loin d’être acquis.

De fait, j’ai exclu les Russes du podium dans mes prédictions préférant dans l’ordre – si c’est dans le désordre, je ne serai pas surpris ou choqué – la Suède, le Canada et les É.-U..

On verra.

Défenseur indispensable

On peut dresser un parallèle évident entre l’importance du rôle d’Andrei Markov au sein de la brigade défensive russe et de celle du Canadien.

Plus vieux, moins flamboyant, moins populaire que P.K. Subban, Andrei Markov demeure un élément indispensable de la brigade défensive du Canadien.

Markov domine le Canadien avec un temps d’utilisation de 25 minutes 4 sec en moyenne par match. C’est seulement quatre secondes de plus que Subban, mais les dix ans qui séparent les deux joueurs donnent une autre proportion à ces quatre secondes.

Ses 26 passes (5 buts, 31 points) le placent au deuxième rang chez le Canadien derrière Subban qui revendique 31 mentions d’aides sur ses 39 points.

Ses 16 points récoltés en attaque massive le laissent deuxième derrière Subban (19).

Son différentiel de plus-7 le place au 3e rang chez le Canadien, au premier chez les défenseurs.

Avec 93 tirs, Markov tire de la patte face aux 152 que revendique Subban. Mais en dépit de son rôle premier qui est de mettre la table aux tirs sur réception de Subban, Markov affiche une meilleure précision (5,4 % vs 5,3 %) que son partenaire de travail.

Avec 131 tirs bloqués, Markov est deuxième chez le Canadien derrière Josh Gorges qui en revendique 30 de plus. C’est encore Raphael Diaz qui est troisième avec 100 rondelles bloquées. Deux de plus que Subban.

Markov est aussi premier chez le Canadien avec 27 rondelles volées aux adversaires depuis le début de la saison.

Pourquoi défiler toutes ces statistiques?

Pour se demander si le Canadien, une fois la trêve olympique complétée et la course aux séries relancée, pourrait se passer de Markov.

Patienter, négocier, échanger?

Non! Je ne souhaite pas une blessure au vétéran défenseur. Loin de là.

Mais parce qu’il pourra profiter de l’autonomie complète en juillet prochain et que les négociations préliminaires entre le Canadien et son nouvel agent Sergei Berezin – c’est Markov qui mène cela dit – ne laissent rien augurer de bon, on doit se demander si le Canadien va échanger Markov avant la date limite des transactions (5 mars à 15 h heure de l’Est) pour éviter de le perdre sans rien n’obtenir en retour une fois les portes du marché des joueurs autonomes ouvertes.

Markov peut facilement envisager obtenir des offres de contrat d’une durée de trois et même quatre ans à un salaire oscillant entre les 5 et 6 millions $ annuellement.

C’est beaucoup d’années et beaucoup d’argent.

Des agents contactés au cours des dernières semaines n’écartent pas la possibilité que Markov obtienne une offre de cinq ans dans l’éventualité que deux équipes riches et intéressées à ses services – disons les Flyers de Philadelphie et les Capitals de Washington – se lancent dans une surenchère.

Malgré tout le bien que je pense de Markov, je m’attacherais les mains pour éviter de signer un contrat de quatre ans à Markov si j’étais directeur général. Je brûlerais l’offre de contrat si j’y lisais une cinquième année.

Est-ce que Marc Bergevin afficherait les mêmes réactions?

Je ne le sais pas. Car le directeur général du Canadien, plus secret encore que ses prédécesseurs Pierre Gauthier et Bob Gainey, refuse de dire quoi que ce soit sur les négociations en cours. Même sur celles qui ne sont pas commencées…

Des informations non confirmées, mais auxquelles je suis prêt à accorder un brin ou deux de véracité, laissent entendre que l’offre soumise par Bergevin à Markov lors de leur première rencontre serait d’une durée d’un an.

Une offre que Markov aurait bien sûr balayée du revers de la main.

Cette offre – s’il est vrai qu’elle a été déposée – pourrait être accueillie comme un pied de nez lancé à Markov. Elle pourrait préciser la philosophie du Canadien et de Bergevin à l’endroit du défenseur russe. Elle pourrait aussi, bien simplement, n’être qu’une stratégie de négociations sans plus.

Car si j’hésiterais, non j’éviterais de donner quatre ans à Markov, je serais prêt à être très généreux sur un contrat de deux ans et peut-être ajouter une troisième année à plus petit prix. Je crois que le Canadien serait prêt à suivre ce tracé lui aussi.

Les prochaines semaines nous le diront.

Car le Canadien devra bouger et rapidement dans le dossier Markov puisqu’une fois sa saison relancée, le 26 février – visite des Red Wings de Detroit au Centre Bell – il ne restera que huit jours pour compléter une ou des transactions.

Messages contradictoires

Si Marc Bergevin décide d’échanger Markov, il aura l’embarras du choix.

L’Avalanche du Colorado s’intéresse au vétéran défenseur du Canadien. Les Penguins de Pittsburgh aussi. Je ne crois pas qu’une transaction soit déjà conclue entre les Penguins et le Canadien comme me l’a laissé entendre un enjoué partisan qui jurait que « c’était fait! » croisé il y a quelques jours, mais il est clair qu’avec l’apport d’un Markov, les Penguins maximiseraient leurs chances de se rendre jusqu’au bout.

De fait, toute équipe en manque d’un vétéran solide à l’attaque autant qu’en défense s’intéresserait à Markov.

La grande question maintenant : qu’est-ce que le Canadien pourrait bien obtenir en retour?

C’est là que ça se complique.

Car si Marc Bergevin était bien avisé de songer à échanger Markov pour éviter de le perdre sans rien obtenir en retour, il doit mettre la main sur un défenseur capable de jouer immédiatement afin de garder bien réelles ses chances d’accéder aux séries. Et d’y faire plus qu’un simple acte de présence en s’inclinant dès la première ronde.

Obtenir un choix au repêchage, même un premier, ou un espoir ne permettrait pas à Bergevin, du moins je ne crois pas, de convaincre les partisans – et peut-être les joueurs de son équipe – qu’il n’a pas fait un trait sur la saison.

Pour cette raison, je ne crois pas que le Canadien doit absolument échanger Markov avant le 5 mars s’il n’est pas convaincu d'être en mesure de le garder sous contrat une fois la saison terminée.

Bon! Si un club est prêt à surpayer pour obtenir les services de Markov, je comprendrai.

Mais si les offres sont honnêtes, sans plus, Bergevin devrait le garder et lui donner la chance de guider le Canadien vers les séries. Surtout qu’une fois le 5 mars passé, il restera près de quatre pour attiser les négociations et maximiser les chances de s’entendre avec Markov.

Parce qu’il aime Montréal, parce qu’il a fait le saut dans la LNH avec le Canadien et qu’il aurait l’occasion d’y faire encore beaucoup d’argent avant de rentrer en Russie et de compléter sa carrière dans la KHL – si tel est son souhait – il me semble que Markov aurait de la difficulté à refuser une offre de contrat de deux ans et 13 millions $ genre. Ou une autre de trois ans à 17 millions $.

Bon! Ce n’est pas mon argent. C’est donc facile de faire miroiter ces millions au nez de Markov pour le garder à Montréal.

Tout ça est vrai.

Mais je suis convaincu que c’est le prix qu’aura à payer le Canadien pour le garder. Alors si ces millions $ donnent le vertige à Geoff Molson ou son directeur général Marc Bergevin, aussi bien faire une croix sur Markov.

Et ça nous ramène à la case départ : on fait quoi avec Markov?

Je suis ouvert à vos suggestions!