Avec cette chronique, je tranche sur certains énoncés en ce début de saison dans la LNH à savoir s’ils relèvent davantage de la réalité ou de la fiction.

 

Le Canadien ne jouera pas pour ,500 en l’absence de Carey Price.

Réalité

 

Je pense qu’en raison des points récoltés au classement à la suite de revers en prolongation ou en tirs de barrage, le Canadien ne sera pas trop loin de cette marque baromètre, mais si je ne m’attends pas à ce que le Canadien puisse enregistrer autant de victoires que de défaites en ce début de saison selon la durée de l’absence de Price. 

 

À mon avis, le Canadien ne sera pas aussi mauvais qu’il a pu l’être lors de ses deux premiers matchs de la saison, particulièrement à Buffalo devant les Sabres. Il ne fait aucun que les hommes de Dominique Ducharme vont se replacer sur le plan de la structure et être bien plus compétitifs cela dit.

 

Cette équipe a cependant trop de lacunes et de trous à combler à certaines positions pour faire oublier l’absence de Price et de plusieurs autres en ce début de saison.

 

Sans Shea Weber, qu’on savait depuis un moment, mais aussi sans Joel Edmundson, on réalise les ennuis que peut rencontrer ce groupe à la ligne bleue. Le jeu défensif ne repose pas uniquement sur les défenseurs, c’est une structure défensive qui implique les attaquants, notamment sur les replis et la couverture en zone défensive. Pour ce faire, les centres ont un immense rôle à jouer et ces derniers me laissent perplexe de ce côté.

 

La ligne de centres du Canadien ne semble pas avoir assez de profondeur si elle veut rivaliser avec des formations qui veulent faire un bon bout de chemin en séries. Le Canadien devra être impeccable défensivement pour connaître du succès, car je ne pense pas qu’ils puissent compenser sur le plan offensif en accordant cinq buts comme ils l’ont fait à Buffalo.

 

Les attentes sont trop élevées cette saison à l’endroit de Nick Suzuki et Cole Caufield.

Réalité

 

Je pense que les attentes sont surtout très élevées en ce qui concerne Caufield tandis qu’il n’a joué qu’une petite portion de la dernière saison régulière et en séries éliminatoires. Il a bien fait durant cette période, mais il va découvrir cette saison les réalités et difficultés d’un calendrier de 82 matchs. Il est attendu par les autres formations cette saison ce qui fait en sorte que lui et Suzuki seront opposés aux meilleurs défenseurs adverses. Ils auront aussi des centres et trios pour tenter de les contrer.

 

Le contrat que vient de signer Suzuki n’a rien pour baisser les attentes à son endroit, mais je pense que dans leur cas, il faut surtout leur laisser du temps et des répétitions. Si Caufield, par exemple, ne marque pas 35 buts cette saison, il ne faut pas appuyer sur le bouton panique. Je suis d’avis qu’il va y parvenir dans sa carrière, mais il doit prendre de l’expérience et peut-être que l’apprentissage sera ardu pour commencer.

 

Le Canadien ne doit pas mettre le poids de sa réussite immédiate sur les épaules de ces deux joueurs. Suzuki s’est vu confier le rôle de premier centre et il a prouvé par son jeu qu’il peut remplir les responsabilités tant sur le plan offensif que défensif, mais il faut s’attendre à des périodes d’inconstance dans son jeu.

 

Je ne suis pas inquiet que sur le moyen et long terme, il va répondre aux attentes, mais à court terme, j’opte pour la prudence. Si le Canadien est ennuyé par les blessures en début de saison, la production offensive de Suzuki risque d’écoper ce qui est tout à fait logique puisque l’équipe passerait plus de temps dans son territoire et les relances seront plus difficiles.

 

Il n’en demeure pas moins que Suzuki va valoir chaque dollar des 63 millions qui lui seront versés avec son nouveau contrat.

 

Le Kraken de Seattle parviendra à participer aux séries à sa toute première saison dans la LNH.

Fiction

 

Cette équipe sera compétitive soir après soir, mais je ne crois pas que la nouvelle équipe du circuit parvienne à obtenir un billet éliminatoire cette saison.

 

Il peut toujours y avoir des surprises comme William Karlsson à sa première saison avec Vegas, mais à première vue, le Kraken n’a pas le punch offensif pour passer à la prochaine étape.

 

Par contre, Seattle ne sera pas une formation agréable à affronter pour les autres équipes comme l’effort risque d’être au rendez-vous soir après soir quand je regarde la composition de ce groupe. En évoluant dans la division Pacifique, je m’attends à ce que le Kraken termine en milieu de peloton, soit devant les équipes californiennes qui sont au début de leur cycle de reconstruction.

 

Après les 41 buts en 52 matchs d’Auston Matthews la saison dernière, il y aura pour la campagne 2021-2022 un marqueur de 60 buts.

Fiction

 

Je ne pense pas que nous verrons un joueur atteindre un tel plateau. Il faut remonter à Steven Stamkos au terme de la saison 2011-2012 pour avoir inscrit autant de buts en une campagne.

 

C’est tout un exploit que Matthews a réussi l’hiver dernier, mais je pense que le format des divisions et du calendrier a joué en sa faveur. Avec peu de déplacements en raison des matchs disputés dans la même ville sur une courte période, les joueurs étaient moins fatigués à mon avis qu’ils peuvent l’être dans une saison normale.

 

Il est vrai que le calendrier était condensé, mais il ne faut pas négliger les effets des voyages sur l’énergie des joueurs et c’est pourquoi j’envisage difficilement un joueur réussir à inscrire 60 buts sur une saison complète.

 

C’est très ardu de maintenir un rythme comme Matthews l’a fait, mais sur une véritable saison de 82 matchs, les creux de vague se multiplient et je ne crois pas que lui ou un autre joueur parviendra à faire scintiller la lumière rouge au moins 60 fois.

 

Propos recueillis par Maxime Tousignant