jeudi, 13 nov. 2008. 16:04

Je me souviens très bien du repêchage de 1999 alors que Martin Havlat avait été repêché par Ottawa.

À ce moment, Havlat était peu connu, mais les dépisteurs des Sénateurs voulaient absolument mettre la main sur lui. La direction de la formation d'Ottawa l'aimait tellement que Trevor Timmins et André Savard (qui étaient avec les Sénateurs à l'époque) se disaient qu'il allait être meilleur que Marian Hossa. Ils ne l'ont jamais dit devant un micro, mais secrètement, c'est ce qu'ils pensaient.

C'est vous dire comment on l'avait en haute estime à Ottawa.

Sept saisons plus tard, Havlat est passé au travers de beaucoup plus d'embûches que Hossa. Lors d'un match entre les Sénateurs et le Canadien, le 29 novembre 2005, Havlat est tombé solidement sur la bande et a été victime d'une luxation à une épaule. Résultat : il a raté 64 matchs lors de la saison 2005-2006. Mais il n'était pas au bout de ses peines. C'est que l'opération pour réparer son épaule n'a pas permis de réparer complètement les dommages. Les Sénateurs l'ont échangé à Chicago par la suite et là-bas aussi, il a dû s'absenter pendant 73 matchs au cours des deux dernières saisons.

Bref, Havlat a vécu l'enfer.

Cette année, Martin Havlat en est à la dernière année de son contrat. Une année importante pour lui et il n'était plus question de rater d'autres matchs en raison de son épaule. C'est pourquoi il a exigé une autre opération en mars dernier. Cette fois, ce fut la bonne et le voilà dominant comme on l'a connu au début de sa carrière.

Il a marqué cinq buts et amassés neuf passes en 14 matchs et il pourrait bien obtenir sa première saison de 100 points dans la LNH.

Un des adjoints de Joel Quenville, Marc Bergevin, s'est dit plus qu'heureux de l'attitude de Havlat cette saison. "C'est un gars qui peut complètement changer un match, a affirmé Bergevin lorsqu'on l'a rejoint au téléphone à Chicago. Son attitude est excellente. Il arrive tôt à l'aréna et travaille très fort lors des entraînements. On n'a absolument rien à lui reprocher".

Son agent, Allan Walsh, abonde dans le même sens, mais dit même que son client est en mesure d'en donner plus.

"Martin n'a pas encore démontré clairement ce qu'il est en mesure de faire. Son meilleur hockey, il l'a disputé alors qu'il évoluait avec les Sénateurs dans les séries face au Lightning il y a quelques années. Il a joué au même niveau à ses 11 premier matchs à Chicago avant de se blesser une autre fois".

Mais Walsh souligne un point important par la suite. "Martin a toujours bien fait lorsqu'on l'a placé dans des situations où il était LE joueur qui devait mener l'attaque des siens. Ce qu'il fait cette saison à Chicago est remarquable parce que lors de certains matchs, il n'a été utilisé que pendant 13, 14 ou 15 minutes alors que d'autres joueurs passaient 22 minutes sur la glace. Son temps de glace en avantage numérique est en baisse (il est sur la deuxième unité) si on compare ce qu'il était avant. Bref, il en fait beaucoup avec peu présentement".

Reste que les Blackhawks devront prendre une décision dans son cas d'ici la date limite des transactions. Soit qu'il demeure avec les Hawks, qui connaissent tout un début de saison, soit qu'on l'échange de peur de le perdre le 1er juillet 2009.

Mais tout indique que les Hawks sont prêts à prendre le risque. "C'est tout à fait normal qu'une équipe prenne son temps dans le cas de Martin en raison de ses blessures, dit Walsh. Mais maintenant que Martin prouve qu'il est à 100 %, les Hawks devraient démontrer qu'ils sont sérieux quant ils parlent de l'avenir de l'équipe. Beaucoup trop de directeurs généraux ont fait des erreurs de calculs lorsqu'ils avaient à prendre des décisions avec des joueurs qui allaient obtenir leur autonomie complète le 1er juillet. C'était le cas avec Marian Hossa et c'est ce qui se produit présentement dans le cas de Marian Gaborik. La demande sera forte pour un joueur comme Martin Havlat le 1er juillet s'il est en mesure d'amasser 82 points".

Ce qui est certain c'est que peu importe où il va se retrouver, il est évident qu'il sera en mesure d'aider n'importe quelle formation de la ligue.

Même si André Savard et Trevor Timmins n'ont pas eu raison jusqu'à maintenant en croyant que Havlat était supérieur à Marian Hossa, il faut avouer que ces deux joueurs ont connu une carrière différente. Maintenant, c'est à Havlat de démontrer ce qu'il a dans le ventre. Et lorsqu'un défi important s'est présenté devant lui, il a toujours connu du succès.