Notre dossier peut laisser croire qu'on offre du jeu instable depuis un peu plus de deux semaines, mais croyez moi, à Ottawa, c'est le jour et la nuit depuis l'arrivée de Cory Clouston derrière le banc.

Dès son arrivée en remplacement de Craig Hartsburg, Clouston a apporté des modifications concrètes à notre système de jeu, des ajustements qui ont eu un impact direct sur nos résultats... et sur l'humeur des joueurs. Depuis notre série de cinq victoires consécutives - dont quatre sur la route - l'atmosphère est nettement meilleure qu'elle l'était chez les Sénateurs.

La première amélioration que les amateurs peuvent observer en regardant nos matchs, c'est la meilleure contribution des attaquants en support aux défenseurs. On s'est rapprochés, on joue réellement en unités de cinq sur la glace. Conséquence : on créé beaucoup plus de revirements et, inévitablement, on est plus souvent en possession de la rondelle. Pas besoin d'un calcul très savant pour comprendre que les choses sont beaucoup plus faciles dans ce temps-là!

Vous aurez aussi peut-être remarqué qu'on démontre beaucoup plus d'agressivité. Par exemple, remarquez comment nos défenseurs n'hésitent plus à pincher, comme on dit dans le jargon du hockey. Ils le font plus fréquemment parce qu'ils ont confiance qu'un attaquant jouera le rôle du troisième homme et sera la pour les couvrir en cas d'erreur. Cette nouvelle approche, un jeu d'ensemble plus agressif, a pour résultat de créer une meilleure transition entre nos défenseurs et nos attaquants.

Je n'entrerai pas dans les détails pour toutes les facettes de notre jeu, mais vous pouvez comprendre que concrètement, au point de vue technique, on a modifié plusieurs de nos façons de faire. Notre échec-avant et notre jeu de transition, par exemple, sont exécutés selon un plan clairement établi qu'on s'efforce de pratiquer chaque jour. Ça peut devenir redondant lors des entraînements, mais c'est encourageant quand le résultat est si facile à voir dans les matchs.

Nos récents succès sont très motivants et rendent notre travail beaucoup plus agréable. On est plus compétitifs, les victoires s'accumulent tranquillement et je peux vous dire qu'au cœur de cette saison très difficile, c'est un sentiment qui est grandement apprécié.

Peu à peu, depuis le début de l'ère Clouston, les tensions ont disparu, la confiance a repris le dessus et l'atmosphère de travail s'est assaini. Ça tombe à point, parce que la situation précédente était de plus en plus difficile à accepter pour tout le monde.

L'effet doux-amer d'une transaction

Au moment où j'écris ces lignes, je viens tout juste d'apprendre que notre directeur général Bryan Murray a transigé avec les Islanders de New York pour obtenir les services de Mike Comrie, un ancien Sénateur, et du défenseur Chris Campoli.

C'est certain que le premier réflexe de nos partisans et des amateurs de hockey en général sera de noter l'arrivée de deux joueurs aux talents offensifs évidents au sein de notre formation. Mais personnellement, ma première pensée va à Dean McAmmond, qui a dû être sacrifié pour rendre ces acquisitions possibles.

Vous savez, chaque fois que notre équipe effectue une transaction de la sorte, la première réaction des joueurs en est toujours une de tristesse, de déception. On ne pense pas immédiatement aux répercussions positives que l'échange pourrait avoir sur notre rendement. On réalise d'abord qu'on perd un coéquipier, un bon ami. On s'en fait pour lui et on espère que tout ira bien dans son nouvel environnement.

C'est difficile pour moi d'ignorer la perte d'un bon coéquipier et d'un ami comme Dean, un gars formidable, une vraie bonne personne, un joueur apprécié de tous. C'est pourquoi j'ai surtout été déçu en apprenant la nouvelle.

Mais sentiments à part, c'est évident que c'est encourageant de voir que notre patron nous envoie un tel message positif. Même si on est relativement loin d'une place en séries, il travaille encore pour améliorer l'équipe. Il nous montre qu'il est acheteur et non vendeur.

Cette décision s'inscrit donc un peu dans le même élan de motivation qui s'est emparé de nous au cours des dernières semaines. On voit une très belle progression au sein de notre équipe. C'est stimulant et avec une acquisition de cette ampleur, ça fait juste ajouter à notre enthousiasme.

De la stabilité devant le filet

Parlant de l'importance de bons coéquipiers, j'aimerais juste ouvrir une brève parenthèse pour vous parler d'un joueur qui a su remplir un rôle très important avec nous cette saison, soit le gardien recrue Brian Elliott.

On peut s'inspirer d'une histoire comme celle de Brian, qui a été l'avant-dernier choix du repêchage de 2003. Il est un gars plutôt discret, à ses affaires, assez sérieux, à sa place. Il travaille fort dans les entraînements et on peut voir que ça rapporte. Il a vraiment fait souffler un vent de changement rafraîchissant sur l'équipe cette année.

Parfois, quand les choses ne tournent pas rond, la direction tente des expériences et amène un nouveau joueur. Soudainement, celui-ci se met à performer au-delà des attentes et ça amène un aspect positif dans une généralité négative, si vous me permettez l'expression.

Dans nos périodes plus difficiles au cours des derniers mois, on pouvait regarder Brian et se dire qu'il y avait au moins quelque chose qui fonctionnait dans l'équipe!

Tout est en place pour une belle séquence

On est présentement - c'est-à-dire avant le match contre le Canadien - à 13 points d'une participation aux séries et vous m'excuserez si je ressors les vieux clichés, mais pour nous, l'important est vraiment de prendre les choses un match à la fois.

Ça a d'ailleurs été le premier message que nous a livré notre nouvel entraîneur. Avant de penser à faire ou non les séries, il voulait d'abord qu'on montre des signes d'amélioration à chaque jour. On va travailler fort, on va s'enligner tranquillement dans la bonne direction et les choses vont se replacer d'elles-mêmes. Mettons-nous au travail!

Comme vous pouvez le voir, cette approche a été embrassée par l'ensemble de mes coéquipiers et je crois que malgré nos récents succès, il ne faut pas y déroger et commencer à regarder trop loin.

On profitera au cours des prochaines semaines d'un calendrier favorable pour démarrer une belle séquence. En effet, après avoir vécu l'enfer dans le temps des Fêtes avec huit matchs de suite sur la route, on profitera du retour du balancier avec un séjour d'une durée identique à la maison. Évidemment, ce serait intéressant de coller quelques victoires comme on vient de le faire à l'étranger.

Avant, par contre, il faut se concentrer sur notre match au Centre Bell samedi.

Évidemment, on ne vit pas sur une autre planète et on a entendu parler de tout ce qui se passe présentement à Montréal. On est conscient que le Canadien revient d'un voyage difficile et que l'équipe baigne dans une certaine controverse. En même temps, je vous dirais que tout ce qu'on entend est assez vague... On entend parler de toutes sortes de choses, mais c'est difficile de discerner le vrai du faux.

J'imagine que pour son retour devant ses partisans, le Canadien voudra tout donner et nous offrira toute une opposition, mais vous savez quoi? Je ne crois pas qu'il faille se soucier de ce qui se passe dans la tête d'un adversaire qu'on se prépare à affronter. L'important, c'est de se concentrer sur nos affaires.

On vient de perdre un gros match contre Vancouver et on veut revenir immédiatement sur le chemin de la victoire. Chaque match est d'une importance capitale pour nous en ce moment, chaque point est précieux. Alors on ne se préoccupe pas des problèmes des autres. Notre propre situation est déjà assez compliquée comme ça...

*Propos recueillis par Nicolas Landry.