MONTRÉAL — La déclaration de Félix Roussel après ses premiers Jeux olympiques avait de quoi surprendre. Le patineur de vitesse courte piste de Sherbrooke avait alors affirmé que cet événement sportif mondial « n’est pas très amusant ».
Huit mois plus tard, il ne garde pas vraiment de meilleurs souvenirs de son expérience aux Jeux de Milan-Cortina.
« Je maintiens mon point que les Jeux, ce n’est pas si amusant, a dit Roussel, plus tôt cette semaine. J’ai participé à des compétitions plus amusantes. Au niveau sportif, il y a beaucoup de pression et d’attentes. Nous nous en mettons aussi beaucoup sur nos épaules. »
Roussel avait presque dû mettre une croix sur les Jeux en raison d’une blessure au dos subie peu avant l’événement. Il a néanmoins commencé son aventure en remportant l’argent au relais mixte avec notamment l’une de ses idoles, Kim Boutin.
Pour le reste, il a chuté en demi-finale autant au 1000 m qu’au 1500 m. Lors du relais masculin, il s’est fait coiffer par un rival italien en fin de course et William Dandjinou a été incapable d’effectuer la remontée et de ramener le Canada sur le podium.
Ce n’est qu’en participant à des rencontres avec des jeunes que Roussel a réussi à remettre les choses en perspective.
« C’est dans ce contexte que les mots me sont venus afin de dire que la personne la plus fière de moi, ce n’est pas moi en ce moment. C’est plutôt le petit Félix, qui n’aurait jamais pensé ou même rêvé de gagner une médaille olympique », a raconté Roussel.
« La médaille avec Kim et l’équipe, c’est sûr que ça me fait sourire quand j’y pense. Les moments dans le village des athlètes aussi, ce sont des choses dont je vais toujours me rappeler. Et les déceptions sur la glace, ça fait partie du sport. Elles rendent les victoires encore meilleures », a-t-il ajouté.
Roussel a aussi trouvé une façon de relativiser les choses en se disant qu’il ne s’attendait pas à connaître du succès à sa première Coupe du monde. Il était donc normal qu’il ne sache pas à quoi s’attendre à ses premiers Jeux olympiques, même alors âgé de 24 ans.
Il souhaite donc profiter des quatre prochaines saisons pour être mieux préparé lors des Jeux olympiques de 2030, en France.
Roussel a été puni deux fois lors du premier arrêt du Circuit mondial de l’ISU la fin de semaine dernière à Vancouver. Il a aussi atteint la finale et pris le cinquième rang au 1500 m.
Vendredi à Montréal, dans le cadre du deuxième arrêt du Circuit mondial, Roussel a évité les fautes et a été impérial durant ses courses individuelles, terminant chaque fois en première place.
« Pour moi, Félix a encore un gros potentiel physique, a dit l’entraîneur-chef de l’équipe canadienne, Marc Gagnon. Là où il y a un peu plus de cheminement à faire, c’est vraiment au niveau tactique. Il veut souvent faire la bonne chose, mais ne l’exécute pas bien. Nous l’avons vu avec les deux disqualifications à Vancouver.
« La minute où il va progresser au niveau tactique, il va être encore meilleur et il sera constamment sur le podium. »
Quelques patineurs canadiens ont vu leur parcours se compliquer vendredi, à l’aréna Maurice-Richard. La plus grosse surprise est survenue du côté du 1000 m messieurs, quand Steven Dubois n’a pas été en mesure de se qualifier directement pour les quarts de finale. Il a pris le troisième rang de sa vague des qualifications et devra passer par le repêchage.
Alexandre Migner a été éliminé durant les qualifications au 1500 m, tandis qu’Antoine Gagnon-Lamarche a chuté lors des quarts de finale. Chez les dames, Ann-Sophie Bachand a chuté durant les qualifications de l’épreuve de 1000 m. Claudia Gagnon a pris le quatrième rang de sa vague lors des quarts de finale au 1500 m.
Tous les autres patineurs canadiens se sont qualifiés directement pour les épreuves de samedi et dimanche après-midi.
Les équipes canadiennes de relais mixte et de relais masculin ont également franchi les quarts de finale sans trop de heurts, vendredi.
Évaluer la relève
Gagnon a noté qu’un début de cycle olympique permettait de donner plus d’occasions aux patineurs de la relève de participer aux épreuves du Circuit mondial.
« Ce n’est pas vrai que s’ils n’ont pas ces occasions pendant les quatre années, ils seront bons rendus aux Jeux », a dit Gagnon.
« Donc, durant l’an 1 et l’an 2, nous voulons reconstruire la base et donner de l’expérience, a-t-il poursuivi. L’an 3, c’est de nous concentrer un peu plus sur qui nous voyons aux Jeux, puis ensuite, nous nous concentrons sur les critères de qualifications pour avoir un maximum d’athlètes dans chaque épreuve. »
Bachand et Mathieu Pelletier ont voyagé avec l’équipe canadienne la saison dernière, mais ont eu très peu d’occasions de participer aux épreuves.
Les deux espèrent démontrer au cours des prochaines années qu’ils ont les outils pour se tailler une place au sein de l’équipe canadienne et participer aux Jeux de 2030.
« La dernière année a été très dure. C’est difficile de voyager avec l’équipe, mais de ne pas faire de course quand c’est ce qu’on aime faire », a dit Bachand.
« Ça m’a motivée cet été et je pense que physiquement, j’ai fait tout un travail, a-t-elle ajouté. Il reste à mettre tout ça à exécution parce que justement, il me manque de l’expérience en situation de course. »
Pelletier a noté que le temps passé dans les gradins l’hiver dernier n’avait pas été du temps perdu.
« Ça m’a permis de voir comment chaque patineur aborde les courses, a dit Pelletier. Tout le monde a ses forces et faiblesses et je sens que ça m’aide beaucoup de les connaître. »
