RDS et le RDS.ca vous présenteront les séries de la Ligue américaine ainsi que la Série mondiale en 2026.
Place aux séries de division (3 de 5) de la Ligue américaine.
Yankees c. Rays
Dans leur série contre les Red Sox, j’ai senti les Yankees non seulement bien préparés, mais aussi animés d’une énergie impressionnante. Ils ont démoli Boston sans Aaron Judge et sans avoir eu besoin de Carlos Rodón ou de Gerrit Cole.
Sans enlever quoi que ce soit aux Yankees, il faut toutefois reconnaître que le défi sera fort différent contre les Rays. Boston n’était tout simplement pas en grande forme au bâton. Les Red Sox avaient connu le mois de septembre le moins productif des Majeures à l’attaque et, malheureusement pour eux, leurs ennuis se sont poursuivis en éliminatoires.
Le défi sera donc beaucoup plus intéressant pour New York.
Pourquoi? Parce que les Rays ressemblent davantage aux Yankees qu’on pourrait le penser. Je parle évidemment des statistiques.
Les Yankees frappent beaucoup plus de circuits que les Rays, à 223 contre 169. Pourtant, leur moyenne de puissance est presque identique : ,409 pour New York contre ,402 pour Tampa Bay.
Vous dites : « Oui, mais les Rays ont une bien meilleure moyenne de présence sur les buts! »
C’est vrai.
On parle de ,326 contre ,311.
Résultat : la MPP — moyenne de présence sur les buts plus moyenne de puissance — est même supérieure chez les Rays, à ,728 contre ,720.
Les Yankees frappent des circuits pendant que les Rays mettent la balle en jeu et courent?
Attention!
Les Rays ont effectivement volé plus de buts que les Yankees, mais l’écart est beaucoup moins grand qu’on pourrait le croire : 164 contre 153.
Et les Yankees ont soutiré beaucoup plus de buts sur balles : 572 contre 514.
Là où les Rays se démarquent vraiment, c’est dans leur capacité à mettre la balle en jeu et à utiliser tous les petits détails du jeu. Tampa Bay a terminé au deuxième rang des Majeures avec 1 405 coups sûrs, alors que les Yankees ont terminé 29e avec 1 250.
Et il y a les amortis.
Les Rays en ont réussi 45, le plus haut total du baseball majeur. Les Yankees? Seulement 10.
Voilà peut-être l’une des clés de cette série.
Les Yankees vont évidemment chercher à faire mal avec la longue balle. C’est leur identité et personne ne s’en étonnera. Mais s’ils veulent éliminer les Rays, ils devront également jouer un excellent baseball en défense et éviter de donner des occasions supplémentaires à une équipe qui sait profiter de chaque petit avantage.
Parce que les Rays vont mettre des coureurs sur les buts. Et lorsque la situation s’y prêtera, ils vont probablement continuer à utiliser l’amorti, à déplacer les coureurs et à mettre de la pression sur la défense. C’est exactement le genre de baseball que Tampa Bay aime jouer.
| Statistiques cette saison | Yankees | Rays |
|---|---|---|
| Circuits | 223 | 169 |
| Moyenne de puissance | ,409 | ,402 |
| Moyenne de présence sur les buts | ,326 | ,311 |
| MPP | ,720 | ,728 |
| Buts volés | 153 | 164 |
| Buts sur balles | 572 | 514 |
| Coups sûrs | 1 250 | 1 405 |
| Amortis | 10 | 45 |
| Moyenne de coureur par manche des releveurs | 1,22 | 1,20 |
| Sauvetages | 45 | 58 |
| Avances sabotées | 28 | 19 |
Trois partants pourraient suffire
Avec un congé entre les matchs no 1 et no 2 et un autre entre les matchs no 2 et no 3, trois partants devraient suffire pour amorcer cette série.
Chez les Yankees, Gerrit Cole ou Carlos Rodón sont les possibilités pour le premier match, alors que Cam Schlittler est en ligne pour le deuxième. Max Fried pourrait ensuite obtenir le départ du troisième match.
Chez les Rays, Drew Rasmussen est prévu pour le premier match. Pour la suite, Kevin Cash dispose de plusieurs options, notamment Nick Martinez et Freddy Peralta.
Et c’est là que les choses deviennent intéressantes.
Les Rays pourraient très bien sortir une stratégie créative que peu de gens voient venir. C’est justement ce que j’apprécie de cette organisation. Ils ne se gênent jamais pour sortir du cadre.
Et dans une série de cinq matchs, cette capacité à improviser peut devenir une arme particulièrement dangereuse.
En relève, les Yankees ont été parmi les meilleures équipes du baseball, avec une unité qui a affiché une excellente efficacité toute la saison. Mais les Rays ont aussi démontré leur capacité à fermer la porte dans les moments importants.
Tampa Bay n’a saboté que 19 avances cette saison, contre 28 pour les Yankees. Les deux équipes de releveurs ont affiché des MCM – moyenne de coureur par manche – pratiquement identiques, à 1,20 pour Tampa Bay contre 1,22 pour New York, tandis que les Rays ont enregistré davantage de sauvetages (58 c. 45).
Autrement dit, il ne faudra surtout pas croire que les Yankees auront automatiquement l’avantage dès qu’ils atteindront les dernières manches.
Deux façons de gagner
Une superbe série nous attend.
La puissance contre l’ABC du baseball.
La longue balle contre la pression constante.
La puissance contre la finesse.
Le gros marché contre le petit.
Le gros stade contre le petit.
Et surtout, deux équipes qui ont beaucoup plus en commun qu’on pourrait le croire.
Les Yankees ont peut-être le pouvoir de faire basculer un match en un élan. Les Rays, eux, ont une façon bien à eux de vous faire perdre un match sans nécessairement frapper trois circuits.
C’est ce qui rend cette série si intéressante. Et c’est surtout ce qui devrait en faire un excellent spectacle.
Les Rays en cinq.
White Sox c. Guardians
Une seule victoire a séparé ces deux équipes au sommet de la division Centrale.
Une séquence de neuf victoires en 11 matchs a finalement permis aux Guardians de s’emparer du premier rang, mais les White Sox ont remporté 7 des 13 affrontements entre les deux équipes cette saison. Et surtout, 11 de ces 13 matchs se sont décidés par trois points ou moins, dont 7 par un seul point.
Autrement dit, tout indique que cette série pourrait être l’une des plus serrées du premier tour.
Et je serais très surpris qu’elle ne se rende pas à la limite.
Les White Sox ont démontré dans leur courte confrontation contre les Astros qu’ils allaient profiter de chaque erreur. Cette jeune équipe joue avec une liberté assez impressionnante, probablement parce qu’elle n’a rien à perdre.
Après tout, ce qu’elle a déjà accompli va bien au-delà de ce qui était anticipé en début de saison.
Ramírez doit redevenir Ramírez
Chez les Guardians, le joueur clé sera José Ramírez.
Et il n’a pas connu une bonne saison. Loin de là.
Nous avons été habitués à voir Ramírez frapper 30 circuits ou plus et afficher un MPP supérieur à ,850. Il a certes été ennuyé par une blessure, mais son rendement est tout de même demeuré très loin de ses standards : seulement 12 circuits en 125 matchs et une MPP de ,688.
Un peu comme Vladimir Guerrero l’an dernier, le congé de six jours entre la fin de la saison régulière et le début de cette série pourrait peut-être faire des miracles.
Ramírez n’avait clairement pas retrouvé tous ses repères. Et si jamais il les retrouve maintenant, les Guardians pourraient devenir une tout autre équipe.
Il sera aussi mieux entouré que par les années passées, notamment avec la recrue Chase DeLauter et le vétéran Jo Adell.
Et je vous le dis depuis un certain temps : Travis Bazzana est un futur joueur étoile. Je ne serais absolument pas surpris de le voir commencer à montrer pourquoi dans ces séries.
Au monticule, Cleveland possède toutefois un avantage qui pourrait devenir déterminant : la profondeur de ses partants.
La recrue Parker Messick aura la tâche d’amorcer le premier match, alors que Gavin Williams devrait suivre dans le deuxième. Et derrière eux, les Guardians disposent de plusieurs options.
Puis il y a Cade Smith. Il a connu une saison exceptionnelle comme releveur de fin de match et représente une valeur sûre lorsque la partie arrive dans les dernières manches.
Le problème des White Sox
Nous savons maintenant que les White Sox peuvent marquer des points.
Ils ont d’ailleurs terminé au premier rang de la Ligue américaine à ce chapitre.
Le véritable défi sera donc d’empêcher les Guardians d’en marquer davantage.
Lors d’une série 2 de 3, le manque de profondeur chez les partants peut passer inaperçu.
Dans une série 3 de 5, c’est une autre histoire.
Et c’est précisément là que les White Sox pourraient être vulnérables.
On ne connaît pas encore l’identité du partant du premier match. Si ce n’est pas Davis Martin, les White Sox pourraient à nouveau utiliser un comité de releveurs, comme ils l’ont fait dans le premier match contre Houston.
Ça peut fonctionner. Durant un match.
Mais répéter cette stratégie lorsque la série s’étire sur quatre ou cinq rencontres devient un défi beaucoup plus important. Surtout lorsqu’on affronte une équipe qui peut, elle, aligner ses partants.
Et les gros canons?
Les White Sox ont aussi démontré quelque chose d’important contre Houston : ils peuvent gagner même lorsque leurs gros canons ne produisent pas.
Miguel Vargas et Munetaka Murakami ont été plutôt silencieux durant les deux matchs contre les Astros.
Et les White Sox ont quand même gagné.
C’est probablement ce qui rend cette équipe aussi intéressante. Elle ne semble pas dépendre d’un seul joueur pour produire offensivement.
Mais sur cinq matchs, je crois que la profondeur des Guardians au monticule finira par faire la différence.
Les White Sox ont déjà prouvé qu’ils pouvaient surprendre.
Ils ont déjà prouvé qu’ils pouvaient frapper.
Ils ont déjà prouvé qu’ils pouvaient gagner des matchs serrés.
Mais une série de cinq matchs finit souvent par exposer les faiblesses qu’une série de deux matchs permet de cacher.
Et Cleveland possède justement l’élément qui pourrait faire pencher la balance : davantage de solutions au monticule, avec Cade Smith prêt à fermer la porte lorsque le moment sera venu.
Et peu importe ce qui arrivera ensuite, une chose est déjà certaine : la saison des White Sox est exceptionnelle.
Donc, tout indique une série extrêmement serrée. Mais lorsque le baseball devient une bataille de cinq matchs, la profondeur finit souvent par parler. Et c’est là que je donne l’avantage aux Guardians.
Cleveland en cinq.






