LOS ANGELES, États-Unis - Et à la fin, lèvera-t-il les bras comme Rocky en haut de ses célèbres marches? LeBron James a quitté le soleil de Los Angeles pour une probable dernière danse à Philadelphie, en quête d’un cinquième titre de la NBA, chez des 76ers embouteillés de stars.
Le « King » porte bien son surnom car de couronnes, il en possède quatre : deux avec le Heat de Miami (2012, 2013), une avec les Cavaliers de Cleveland (2016) et une avec les Lakers (2020) en dix finales disputées.
Mais voilà, même s’il est aussi le meilleur marqueur de tous les temps de la ligue, le quadruple joueur par excellence reste assoiffé d’accomplissements à 41 ans.
« Pour quoi je joue vraiment à ce stade? J’ai encore envie de me sacrifier. J’ai encore envie de travailler. J’ai encore envie de me donner à fond. J’ai encore envie de me battre, de gagner, et d’avoir la chance de revivre le sentiment que procure un nouveau titre », expliquait lors de son transfert fin juillet celui qui entamera mardi sa 24e saison.
Ce ne sera pas une mince affaire, avec un affrontement d’entrée contre les Knicks de New York de Jalen Brunson, champions en titre. Mais Philly arrive avec une « super-team » bâtie pour gagner, du moins sur papier.
Égos au placard
À Joel Embiid, pivot dominant et ultra-efficace (26,9 points de moyenne la saison dernière) désigné joueur par excellence en 2023, Tyrese Maxey, meneur-pointeur fulgurant (28,3 points), s’est aussi ajouté cet été l’explosif ailier Jaylen Brown (28,7 pts) champion avec Boston en 2024. De quoi intimider nombre d’adversaires.
Encore faut-il que le mariage réussisse, car tous ont l’âme d’un leader. Et à ce titre, chacun devra partager le ballon pour le bien commun.
Lors des matchs préparatoires, si l’équipe a montré de bonnes choses par séquences, les automatismes manquent logiquement encore, tant et si bien que chaque star se regarde un peu jouer sur les attaques placées.
« On a envie de jouer vite, et je pense qu’il y a un peu de négligence, enfin plutôt une sorte de passivité. Les combinaisons sont bonnes, il faut juste qu’on les travaille », a reconnu Nick Nurse, l’entraîneur-chef des Sixers, après l’ultime match préparatoire perdu contre Boston (125-120).
Le coach, qui guida les Raptors de Toronto au sacre en 2019, souhaite mettre en place un basket dynamique, guidé par la recherche de la dernière passe, consistant à trouver un coéquipier en meilleure position que soi-même pour prendre un tir.
Dans cette philosophie de jeu qui va à l’encontre des statistiques individuelles, LeBron a été vu dans un rôle de créateur, de facilitateur. Ce que lui permet son « QI basket » presque sans égal en NBA.
« S’il se sent bien, il jouera »
« Tout le monde est sur la même longueur d’onde. On veut se donner à fond. C’est ce qui compte le plus », a assuré James, bien conscient que pour décrocher un titre qui échappe à Philadelphie depuis 1983, les Sixers devront remiser les égos dans le placard.
La recrue Labaron Philon Jr est fasciné par la mentalité de « LBJ »: « un joueur de cet âge-là qui continue de se démener pour nous, même lors d’un match préparatoire, ça en dit long. J’espère qu’il pourra reproduire ça mardi et tout au long de la saison. Il nous a vraiment motivés, ça c’est sûr. »
Depuis le début de sa formidable carrière, le « King » a joué 1622 matches, avec des moyennes à 26,8 points, 7,5 rebonds et 7,4 passes. Dantesque.
Et en dépit de quelques blessures, car son corps en vient bien parfois à grincer face à l’épreuve du temps, il sort d’une nouvelle saison à plus de 20 points.
« Je n’ai pas quitté ma famille pour être éliminé au second tour des séries. Il y a du travail et je suis prêt à m’y atteler », a résumé LeBron James, qui a aussi renoncé à un salaire mirobolant à L.A. où il percevait 52 millions $ l’an passé, pour n’en toucher « que » 8 à Philadelphie sur les deux saisons à venir.
Une cinquième bague vaut bien quelques sacrifices... D’autant qu’en cas de titre, le triple champion olympique américain (2008, 2012, 2024) deviendrait le premier joueur à triompher avec quatre équipes différentes.