Section spéciale du repêchage de la NBA

Le repêchage de la NBA sera présenté ce soir dès 20 h sur RDS Info et RDS Direct. L'événement sera également présenté à RDS2 après la conclusion du match de la Coupe Memorial, de même que gratuitement en webdiffusion.

Bennedict Mathurin a été sélectionné au 6e rang du Repêchage de la NBA par les Pacers de l'Indiana, jeudi soir.

Le rêve est devenu réalité au Barclays Center, à Brooklyn. Un cadeau de fête tardif mais somptueux pour le Québécois, qui a fêté ses 20 ans dimanche.

Après qu'il ait entendu son nom venant du commissaire Adam Silver, on a vu l'émotion sur le visage de Mathurin quand sa mère l'a enlacé. Il a ensuite eu une accolade émouvante avec sa grande soeur, Jennifer.

« La famille c'est vraiment tout pour moi », a dit Mathurin en entrevue peu après sa sélection, au micro de notre journaliste Alexandre Tourigny.

Mathurin, un athlète de 6 pi 6 po et 210 lb qui a récemment été invité à s'entraîner sous le regard des Pistons, des Pacers et des Trail Blazers, a brillé l'an dernier à sa deuxième saison avec les Wildcats de l'Université Arizona dans la NCAA. Joueur de l'année de la section Pac-12, Mathurin a bonifié sa moyenne de points par match de 10,8 à 17,7, de sa saison recrue à la deuxième. Il a été nommé parmi les 10 joueurs d'élite Wooden All-American, après sa deuxième campagne, qui s'est achevée au Sweet Sixteen du March Madness.

 

Mathurin devient donc le Québécois repêché le plus tôt dans l'histoire de la NBA.

 

« Il y a beaucoup d'émotions qui m'ont animé lorque mon nom a été prononcé, a déclaré Mathurin en entrevue avec notre collègue Alexandre Tourigny, quelques minutes après sa sélectiion.

 

Ç'a toujours été mon rêve de jouer dans la NBA. Je sais que mon frère, qui est au paradis, était avec moi durant ce moment. (... Il est la première personne à qui j'ai pensé. Ma famille était avec moi, et lui aussi était présent. »

 

L'athlète de Montréal-Nord a joué pour l'académie de la NBA en Amérique Latine, au Mexique, avant de se joindre aux Wildcats, dans la NCAA. Le garde de 20 ans se joint à un contigent de joueur montréalais déjà établi dans la NBA avec Chris Boucher, Khem Birch et Luguentz Dort. Du lot, seul Mathurin a été repêché.

 

« C'est un honneur d'être repêché aussi haut en tant que joueur originaire de Montréal. Je crois que ce sera gros pour les joueurs qui viennent de Montréal aussi », a-t-il souligné.
 

À savoir s'il a un message pour les jeunes joueurs de la province, Mathurin a dit « si tu fais ce que t'as à faire, tout est possible. Ne laissez jamais quelqu'un vous dire que vous n'êtes pas capables de faire quelque chose. »

Questionné au sujet des Pacers, le 16 juin, Mathurin avait dit qu'il se verrait bien avec eux, soulignant le talent de joueurs comme Tyrese Haliburton et Myles Turner, mais aussi la présence d'un entraîneur de renom comme Rick Carlisle. Se trouvant 15e de l'histoire pour les victoires dans la NBA, l'homme de 62 ans est aussi le président de l'Association des entraîneurs de la NBA.

« Je pense que j'avais eu un bon entraînement là-bas, en Indiana, a-t-il confirmé jeudi. Je trouvais que les entraîneurs et le reste du staff m'ont apprécié. Ils ont été francs avec moi. Ils m'ont dit quelles choses je devais améliorer et comment ils croyaient être en mesure de m'aider à atteindre mon potentiel. »

« Les Pacers en général, c'est une bonne équipe. Reggie Miller est l'un de mes joueurs préférés de tous les temps. J'ai hâte de jouer avec des gars comme Tyrese (Haliburton) et Chris Duarte. »

Depuis 2014, l'Indiana a été battu au premier tour cinq ans de suite, n'atteignant pas les séries lors des autres occasions. L'équipe vient de connaître sa pire saison depuis le milieu des années 1980, un rendement de 25-57.

L'Indiana a connu beaucoup de succès dans les années 1990, avec notamment Reggie Miller et Mark Jackson.

Les Pacers choisissaient dans le top-10 pour la première fois depuis 2010, où ils ont misé sur Paul George au 10e échelon.

Depuis une dizaine d'années, des noms comme Damian Lillard, Marcus Smart et Buddy Hield ont aussi été choisis au sixième rang.

Plusieurs experts ont noté le côté explosif de Mathurin mais aussi sa confiance à tirer et le taux de succès des tirs, notamment dès qu'il saisit une passe.

Mathurin, électrisant!

L'Université de l'Arizona a montré une fiche globale de 33-4. Dans le Sweet Sixteen du March Madness, les Wildcats ont été vaincus 72-60 par l'Université de Houston.

Mathurin a obtenu 15 points dans ce match, après des récoltes de 18 et 30 points lors des deux premiers matchs du tournoi.

« Il possède tout ce dont vous avez besoin. Il peut se créer un tir et il excelle en défense, a dit l'entraîneur de l'Université de Houston Kelvin Sampson, au sujet de Mathurin. Sa vitesse d'accélération est dans une classe à part et il est redoutable comme tireur. »

Les Wildcats étaient dirigés par Sean Miller à sa première saison, et par Tommy Lloyd à sa deuxième.

Mathurin a fait valoir que le premier étant plus axé sur la défense et le deuxième sur l'attaque, ç'a l'a aidé à devenir plus polyvalent.

« Bennedict a toujours eu les atouts physiques et athlétiques pour faire partie de l'élite, a confié David DeAveiro, entraîneur-chef du basketball masculin à Ryerson depuis avril 2020, après neuf saisons avec l'Université d'Ottawa et 10 saisons avec McGill.

« Avec l'Arizona, il a développé son tir et son maniement du ballon. Il a toujours été coriace en défense et à l'attaque, il a gagné en confiance. La NCAA l'a exposé à un plus haut niveau de compétition et il a répondu à l'appel. Il va continuer de grandir comme joueur. »

En 2018, le Canadien a opté pour la NBA Academy de l'Amérique latine, au Mexique, devenant le premier Canadien à faire partie du programme. On y trouve des entraîneurs ayant de l'expérience chez les pros, dans la NCAA et à l'international.

L'an dernier, Mathurin a aidé le Canada à mériter le bronze à la Coupe du monde U19 de la FIBA, en Lettonie.

Pour Mathurin, la route vers le succès a été marquée d'une tragédie.

Quand il avait 12 ans, son frère aîné Dominique a perdu la vie dans un accident de vélo, à 15 ans.

« Il est la raison pourquoi je vais de l'avant, a dit Mathurin, récemment. Il est la raison pourquoi je veux être le meilleur dans ce que je fais. »

Mathurin et sa grande soeur Jennifer ont trouvé la force de traverser l'épreuve, notamment grâce au sport. Jennifer a joué au basket durant quatre ans avec North Carolina State.

« Elle était mon idole et elle l'est encore, a déjà dit Mathurin. Elle m'a toujours poussé à m'améliorer. Elle a veillé à bien m'orienter pour que je puisse avoir du succès. C'est grâce à elle que je suis devenu quelqu'un de très confiant. »

De racines haïtiennes, l'ancien Wildcat parle français, créole, anglais et espagnol. Mathurin était notamment accompagné de sa soeur et de sa mère, au Barclays Center.

Le domicile des Nets a accueilli le repêchage à chaque année depuis 2013 sauf en 2020, en raison de la pandémie.

Mathurin a blagué à l'effet qu'un autre Montréalais, Luguentz Dort, du Thunder d'Oklahoma City, est le joueur de la NBA auquel il a le plus hâte d'être confronté.

« Luguentz et moi, on a grandi ensemble dans le même quartier. Je n'ai jamais vraiment eu la chance de jouer avec lui ou contre lui, donc j'ai vraiment hâte que ça se produise », a-t-il affirmé avec un large sourire.

Paolo Banchero, de l'Université Duke, a été le premier choix au total du repêchage par le Magic d'Orlando. Le Thunder a ensuite choisi Chet Holmgren de Gonzaga puis les Rockets se sont tournés vers Jabari Smith, d'Auburn.

 

Bennedict Mathurin a écrit une page d'histoire