Boxe

Anber à l'origine du « Ivan Punch » d’Usyk

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Oleksandr Usyk

MONTRÉAL – Russ Anber, le petit gars de Sainte-Adèle, a perfectionné le « Ivan Punch » qui a permis à Oleksandr Usyk, l'un des plus grands poids lourds de l'histoire de la boxe, de terrasser Daniel Dubois devant 90 000 personnes au Stade Wembley en Angleterre.

Le 19 juillet, la planète boxe était rivée sur ce combat. D'après plusieurs, Usyk n'avait rien à gagner en se mesurant de nouveau à Dubois.

L'Ukrainien de 38 ans se classait déjà parmi les légendes de son sport et il risquait d'entacher sa fiche parfaite.

Alors que Dubois avait privilégié une tactique agressive pour le détrôner, Usyk a puisé dans son arsenal pour l'achever au cinquième round.

En conférence de presse, Usyk (24-0-0) a raconté les détails de ce coup qui passera à l'histoire.

Avec toute son humilité, Usyk a cherché du regard Anber - qui fait partie de sa garde rapprochée en tant que cutman - pour lui donner le crédit de cette attaque dévastatrice.

« La première chose qu'il fait, en parlant du coup, il me nomme. Je n'étais pas présent à la conférence de presse et on n'a pas pu vivre ce moment à rigoler ensemble, je vais le regretter toute ma vie », a confié Anber en admirant le respect démontré par Usyk envers ses proches.

L'Ukrainien a même mimé (à la 33e seconde de cet extrait) le puissant crochet de la gauche en prononçant « Russ ».

L'association entre Usyk et Anber remonte à 2016 et leur secret du « Ivan Punch » est apparu rapidement.

« Je ne veux pas dire que je lui ai montré ce coup, mais je lui ai montré comment l'utiliser et comment exécuter les pas techniques pour l'exploiter comme il faut. C'est lui qui a choisi de nommer ce coup Ivan », a précisé Anber.

Avec sa personnalité dynamique, Anber parvient à tisser des liens serrés très facilement. Voici comment le « Ivan Punch » s'est ancré dans leur relation de travail.

« Chaque fois qu'il y a un camp d'entraînement ou que je l'appelle, je lui demande ‘Comment se porte Ivan?' Il me répond ‘Ivan is good !'. Quand je suis dans le coin avec lui, je lui lance parfois ‘Où est Ivan?' Personne dans l'équipe ne savait de quoi on parlait. C'était entre lui et moi, comme un code secret. Quand il couchait des gars avec ce coup, il me regardait et me disait ‘Ivan is good' », a décrit le Québécois.

« Maintenant, tout le monde le sait. Je suis très fier de cette histoire », a admis Anber avec la modestie du travail récompensé.

Un ami pour la vie

Avant l'explosion de joie dans le Stade Wembley, Anber était trop concentré pour être happé par les émotions d'une soirée aussi gigantesque.

« Malheureusement, je ne pense pas que je profite de toute la joie que je devrais ressentir. Car, quand je vais travailler avec lui, je suis en mode travail », a répondu Anber.

En repensant au combat, Anber a utilisé son langage coloré pour bien décrire la scène.

« Je ne sais pas si tu peux imaginer la marche du vestiaire pour se rendre au ring dans un stade de 90 000 personnes, c'est une cr... de longue marche! J'ai mes deux chaudières de glace et d'eau dans les mains, je marche comme un pingouin en regardant le sol. Oui, pour ne pas trébucher, mais aussi parce que je suis en mission. Je veux que mon boxeur gagne, je donne mon meilleur pour lui. Le reste, que ce soit le spectacle, les feux d'artifice, la musique... je m'en tape! »

Mais après ce triomphe marquant, Anber a pu se permettre de savourer ce qu'il vit.

« Je me suis rappelé que je n'avais pas 10 ans quand je suis tombé en amour avec la boxe grâce au combat Ali-Frazier en 1971. Et là, je suis en train de travailler avec le seul boxeur de notre génération dont on peut dire que c'est l'un des plus grands de l'histoire de la boxe! », a-t-il confié.

« Il y a un Québécois qui a la chance de travailler dans le coin de ce grand talent depuis 2016. J'avoue que je trouve ça extraordinaire. Parfois, j'ai de la misère à le croire », a ajouté Anber qui s'occupe notamment de ses bandages, de ses gants (de sa compagnie Rival) et de ses coupures durant les combats.

Et leur relation de travail est tout sauf froide et seulement professionnelle. D'ailleurs, ils s'amusent à se surnommer mutuellement « Chico ».

« C'est vraiment plaisant de travailler avec lui, il est un ami pour la vie. Je vais le tenir à cœur pour toujours. La meilleure façon que je peux le décrire, étant père d'une fille, c'est le genre d'homme que tu veux avoir comme gendre. Et je n'ai jamais dit ça d'un autre boxeur dans ma vie. C'est un homme de foi, il n'est pas hypocrite. Quand il dit quelque chose, il le fait. Pas comme Tyson Fury. Il est responsable, il est humble, il a toutes les qualités d'un grand être humain. C'est impossible de ne pas l'adorer », a vanté Anber.

Au moment de publier cet article, un livre sur la carrière d'Anber est en chantier. Il reste à voir si le plus récent triomphe d'Usyk était le dernier chapitre de son illustre parcours.

 

 

 

 

 

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