Les premiers pas de Raphaël Courchesne dans le monde de la boxe professionnelle, en 2018, n’ont pas été différents de ceux auxquels les amateurs sont généralement habitués.
Sous contrat avec Eye of the Tiger, le Maskoutain, qui n’avait alors pas 20 ans, a multiplié les combats de quatre et six rounds, jusqu’à ce que la pandémie freine son formidable élan qui lui avait permis de signer huit victoires en autant de sorties en l’espace d’un an et demi.
Mais après avoir été battu par Josh Wagner à son duel de retour pandémique, en novembre 2020, à Rimouski, Courchesne s’est ensuite offert un dernier succès, en juillet 2021, avant de disparaître de la circulation, sans laisser de traces. Aucun conflit, aucune remontrance, juste de grands instants de lucidité par rapport au niveau d’engagement que ce sport exige.
Sauf que la flamme ne s’est jamais complètement éteinte. C’est ainsi qu’après cinq années d’absence, Courchesne est de retour, décidé à aller voir jusqu’où son talent peut le mener.
« Je n’ai jamais quitté le gym. Je m’entraînais trois-quatre fois par semaine, je faisais du sparring... je n’étais juste plus en mode combat. J’allais au gym quand ça me tentait, a récemment expliqué Courchesne au cours d’un généreux entretien téléphonique avec RDS.ca. Pendant mes camps d’entraînement, ce n’était pas comme ça. Je voyais ça comme une obligation au lieu d’une passion. Avec une job, c’était vraiment dur de combiner les deux. »
« Au fil des années, mon coach Antho (Anthony Seyer, NDLR) m’a motivé. Nous sommes des amis, donc nous avons eu de bonnes conversations. Nous en sommes venus à la conclusion que nous devrions nous donner une deuxième shot. Nous avons la chance de le faire et nous verrons bien où tout ça nous mène. Ça me motive évidemment pour la suite. »
Aujourd’hui âgé de 27 ans, Courchesne a disputé deux combats depuis le début de sa « deuxième » carrière. Un premier, en mai plus tôt cette année, en République dominicaine, et le plus récent, le 17 octobre dernier, contre Kevin Menoche, en finale de l’événement de New Era Sports & Entertainment qui a été tenu au Centre Pierre-Charbonneau, à Montréal.
Il n’a d’ailleurs mis que 72 secondes pour se débarrasser de Menoche, un adversaire de remplacement pour Jan-Michaël Poulin. Cette victoire lui a permis de s’emparer de la ceinture nord-américaine du Canadian Professional Boxing Council des super-mi-moyens.
« Je ne me suis pas fixé d’objectif précis pour le moment, mais c’est certain que j’aimerais défendre mon titre contre Poulin, a-t-il mentionné. J’aimerais disputer trois combats de dix rounds par année, peut-être plus si des opportunités intéressantes se présentent à moi. Pour le moment, je peaufine des trucs dans le gym : je n’ai pas pris une journée de break depuis mon combat. Je veux donner de bons spectacles et continuellement m’améliorer.
« Je sens qu’il y a un bond qui s’en vient en boxe québécoise et je veux en faire partie. Tous les champions amateurs sont passés professionnels. Loïck Lahaie, Derek Pomerleau, Wilkens Mathieu… il y a du gros talent ici. Il y a une belle relève qui s’installe. C’est certain que ça va être très difficile d’accoter Lucian Bute ou bien Jean Pascal, mais la relève est là. »
Courchesne sait pertinemment que les demi-mesures seront impossibles s’il aspire un jour à remporter un combat d’envergure, mais c’est ce qui fait le charme de la boxe, après tout.
« C’est un sport qui est difficile mentalement et physiquement, a-t-il conclu. Quelqu’un qui est déshydraté, normalement, il va à l’hôpital. C’est tough. Il ne faut pas que ça te tente à moitié. Et c’est ingrat. Tu as beau être le meilleur, mais trois mois plus tard, tu peux te faire knock-outer. Tu consacres ta vie à ça. Quand t’arrives dans le ring, c’est lui ou bien c’est toi.
« Mais c’est le fun. Il n’y aucune activité qui peut me donner un thrill qui équivaut à tout ça! »