Pendant que les champs brûlent, Christian Mbilli et Saúl « Canelo » Álvarez ne bronchent pas. Malgré des alertes des autorités et des explosions qui ont frappé Riyad, jeudi, les deux pugilistes prévoient toujours croiser le fer dans la capitale de l’Arabie saoudite, samedi soir.
Un peu comme cette saleté que l’on balaie continuellement sous le tapis, le conflit actuel au Moyen-Orient ne s’est pas invité à la dernière conférence de presse faisant la promotion du gala qui met en vedette le Français et le Mexicain et qui sera présenté au Kingdom Arena.
Bienséance oblige, Mbilli, Álvarez et leur entourage respectif ont plutôt chanté les louanges de Turki Al-Sheikh, l’homme d’affaires qui finance l’opération et qui a permis à Riyad de ravir à Las Vegas le titre de capitale mondiale de la boxe, selon certains intervenants jovialistes.
Malgré l’ampleur de la scène et du caractère déterminant que représente ce combat dans sa carrière, Mbilli n’a pas paru le moindrement décontenancé dans les circonstances. À vrai dire, le champion des super-moyens du WBC semble en pleine possession de ses moyens.
« Je n’en peux plus d’attendre d’être dans le ring. Je suis prêt pour ce combat. Je suis prêt à choquer le monde de la boxe, a lâché un Mbilli particulièrement décontracté. Je respecte bien évidemment “Canelo” pour l’ensemble de sa carrière, mais je suis ici pour l’emporter. »
« Mon camp d’entraînement a été parfait. Ç’a été mon meilleur camp d’entraînement depuis le début de ma carrière, a-t-il ajouté un peu plus tard. Je suis né pour disputer ce combat. »
« Christian a connu un camp merveilleux, sans blessures. Il n’y a pas d’excuses possibles et Christian est prêt à offrir le combat que les amateurs méritent, a renchéri son entraîneur Marc Ramsay. Je peux vous garantir aujourd’hui que Christian va remporter ce combat-là. »
« Nous sommes tous très fiers d’être ici, parce que nous avons travaillé fort pour y arriver, a poursuivi son promoteur Camille Estephan. Nous allons affronté une légende, dont le nom va être dans le livre des records pour des décennies. Nous le respectons, mais nous sommes venus jusqu’ici pour gagner. Christian est convaincu de pouvoir le faire. Nous ne voulons pas faire partie de l’histoire de “Canelo”, mais pour façonner notre propre histoire.
« Nous vous représentons, a-t-il conclu, en s’adressant directement au public québécois, en français. Vous allez être très fiers du travail que nous avons fait pour vous représenter. »
À 36 ans et avec 68 combats derrière la cravate, Álvarez n’a certainement pas emprunté le chemin le plus simple pour sa première sortie depuis septembre 2025, soit depuis sa défaite par décision unanime des juges contre le formidable Terence Crawford, à Las Vegas.
Le promoteur Richard Schaefer n’a d’ailleurs pas manqué de souligner à quel point « Canelo » refuse maintenant la facilité, comme cela a pu être le cas à certains moments de sa carrière. Pour la cinquième fois de suite, il se mesurera, en effet, à un adversaire invaincu.
« Je ne crois pas aux raccourcis. J’ai été champion du monde pendant très longtemps et je veux le redevenir, a déclaré Álvarez. Je suis l’aspirant, mais dans mon esprit, je suis déjà le champion. Je suis extrêmement fier de tout ce que j’ai accompli au cours de ma carrière. »
Parmi les « exploits » dont l’ancien champion chez les super-mi-moyens, les moyens, les super-moyens et les mi-lourds peut se targuer, c’est celui de ne jamais avoir été arrêté ou encore de ne jamais avoir visité le plancher en 532 rounds contre certains grands cogneurs.
Mbilli a d’ailleurs prédit à plusieurs reprises qu’il arrêtera « Canelo », samedi. Comment? « Nous avons plusieurs grosses surprises », a-t-il répondu. De quoi convaincre les preneurs aux livres? Au moment d’écrire ces lignes, Álvarez est favori à plus de 3-contre-1. À suivre...