Il y a un tout petit peu plus d’un an, Alexis Barrière s’apprêtait à disputer le choc le plus important de sa carrière, celui qui devait, d’une certaine manière, marquer son entrée sur la scène internationale et ensuite le mener à un éventuel combat de championnat du monde.
Mais les choses ne se sont pas déroulées comme espérées et le poids lourd québécois a été arrêté au milieu de la première minute du cinquième round par l’Italien Guido Vianello, après avoir encaissé une combinaison gauche-droite à la tête, dont il ne s’est jamais remis.
Victorieux à son duel de retour contre l’Américain Robert Simms, en mars dernier, Barrière (13-1, 11 K.-O.) est maintenant prêt relancer la machine afin d’atteindre les objectifs qu’il s’est fixés, alors qu’il croisera le fer avec l’Albertain Stan Surmacz, en finale du premier gala d’I-BOX Promotions qui sera présenté ce mercredi soir, au Cabaret du Casino de Montréal.
Deux ceintures mineures – de l’IBF et de la WBO – étant à l’enjeu, un dénouement heureux permettrait vraisemblablement au pugiliste de St-Jean-sur-Richelieu de se hisser dans le top-15 du classement des deux entités, où Filip Hrgović et Daniel Dubois sont champions.
« J’ai faim! Je suis prêt à tout casser, a récemment martelé Barrière en marge du lancement d’I-BOX effectué en grande pompe à l’Espace St-Denis. On dirait que plus j’ai de pression, plus ça me donne de l’énergie. Je suis vraiment excité... on a tellement de beaux projets. »
La défaite du Québécois n’a ainsi visiblement pas refroidi les ardeurs de son copromoteur britannique Matchroom Boxing, qui entend toujours travailler de concert avec I-BOX (ex-Groupe Yvon Michel) pour lui proposer des combats significatifs dans un avenir rapproché.
« Mon but, à moi, a toujours été de ramener de gros combats, ici, au Québec. On dirait que dans les dernières années, c’était un peu plus difficile, a fait remarquer Barrière. Avec Matchroom, il y a comme un renouveau, parce que la possibilité d’avoir ces gros combats-là, de ramener de grosses ceintures et de “loader” une belle place, puis éventuellement un Centre Bell, on dirait que c’est redevenu à portée de main. Donc, c’est encore plus excitant.
« [Après le duel de mercredi] on va aller chercher un beau combat important et stratégique, d’ici la fin de l’année, à l’extérieur, avec Matchroom. Ensuite, si c’est possible, on veut justement ramener un gros combat, ici, au Québec, d’ici 12 mois. Un combat éliminatoire. »
Barrière ne ressent d’ailleurs pas le besoin de livrer d’autres combats qui lui permettront de garnir son proverbial coffre à outils. Avec 14 combats professionnels derrière la cravate et une carrière amateur, où il est passé à une victoire près de se qualifier pour les Jeux olympiques de Paris, en 2024, le Québécois se dit justement outillé pour se frotter à l’élite.
« Il me reste encore beaucoup d’années, mais en même temps, j’ai 31 ans. L’expérience, je l’ai, je suis allé partout et mis les gants avec les meilleurs au monde, a-t-il rappelé. Là, on fait les vrais combats, les bons combats, on gagne tout, puis on s’en va en championnat du monde. D’ici une année et demie, je vous garantis que je serai en championnat du monde. »
Cela dit, Barrière ajoute qu’il ne sera pas le même lorsqu’il en viendra aux coups avec Surmacz (14-1, 9 K.-O.). La différence la plus marquée sera au chapitre de son poids, car après s’être battu à 240 livres à ses 5 duels précédents, il a ajouté 30 livres à sa charpente.
Il veut ainsi se doter d’un avantage marqué par rapport à la plupart des poids lourds présentement les mieux classés. À titre comparatif, le champion de l’IBF, Hrgović, et celui de la WBO, Dubois, ont fait osciller le pèse-personne entre 240 et 250 livres, récemment.
« C’est violent, ça va être quelque chose, a prédit Barrière. Ma vitesse n’a pas changé, mais je suis rendu plus gros et fort. Et on ne se le cachera pas, aujourd’hui, ce n’est plus nécessairement à quel point tu es bon qui est important, mais bien comment tu te vends.
« Et on est précisément en train de travailler sur la partie spectaculaire de ma boxe, tout en gardant les éléments dans lesquels je suis bon. On travaille vraiment à ajouter du bonbon. »
À noter que ces changements se sont effectués sans son entraîneur de ses deux derniers combats, le réputé SugarHill Steward. Sans surprise, c’est son complice de toujours, Marc-André Gauthier, qui s’occupe – de nouveau – de lui, à temps plein, à son plus grand plaisir, d’ailleurs « Vous allez voir un nouvel Alexis Barrière dans le ring », a conclu le poids lourd.
