Cinq victoires, cinq combats. Cinq victoires obtenues avant même qu’il n’ait eu le temps de retourner dans son coin, s’asseoir sur son tabouret et recevoir les consignes de son coach.
Les débuts professionnels de Brandon Poulard auraient difficilement pu être plus éclatants. À 19 ans, il impressionne déjà par son style et sa flamboyance qui ne sont pas sans rappeler ceux de Jean Pascal lorsque ce dernier est passé chez les professionnels, en 2005.
Il en va de soi, étant donné que Poulard est le neveu de l’ex-champion du monde des poids mi-lourds, qui est aussi son gérant. L’affaire est d’ailleurs une véritable histoire de famille, puisque c’est son père, l’ancien champion nord-américain Nicholson Poulard, qui le dirige.
« Je baigne dans la boxe depuis que je suis tout petit, a raconté Poulard, après avoir passé un spectaculaire knock-out à Edgars Bērziņš en sous-carte du gala d’IBOX Promotions tenu mercredi soir au Cabaret du Casino de Montréal. J’ai pratiquement toujours accompagné mon père et mon oncle dans le gymnase. Je m’entraînais et frappais dans les pads. C’est certain que ça me vient très naturellement, mais il y a aussi beaucoup de travail derrière ça.
« Il y a des gens qui s’imaginent que c’est juste une question de talent, mais dans les faits, c’est surtout une question de pratique. Mon père m’entraîne depuis que j’ai cinq ans et tout est travaillé judicieusement. La puissance, le transfert de poids, c’est très, très technique. »
Malgré l’énorme potentiel de son protégé, il n’est pas du tout encore question de lier à un promoteur – québécois ou étranger –, a indiqué Pascal à RDS.ca. Ce dernier a précisé qu’il était plus simple d’opérer en tant qu «’indépendant » au lieu de s’enchaîner avec un contrat.
En raison des nombreux contacts qu’il cultive dans le monde de la boxe professionnelle depuis plus de deux décennies, Pascal est en mesure de dénicher des duels intéressants à son neveu. C’est pour cette raison que Poulard s’est battu en sous-carte d’un événement tenu par Manny Pacquiao, à Verona, dans l’État de New York, un peu plus tôt cette année.
Celui qui évolue chez les super-mi-moyens ambitionne déjà de combattre pour un premier titre mineur, l’année prochaine, mais Pascal rappelle qu’il souhaite d’abord et avant tout que Poulard se fasse connaître. « Ce que je veux, c’est que mes fans deviennent ses fans, a conclu Pascal, dont les propres plans d’avenir en tant que boxeur restent encore nébuleux.
Pascal ne s’est pas battu depuis qu’il s’est incliné par décision unanime des juges contre Francis Lafrenière, en juin dernier, à Laval. L’ancien champion a depuis manifesté le désir d’obtenir un combat revanche, mais Lafrenière avait annoncé sa retraite au terme du duel.
Malgré la victoire, Feujio se dit « un peu déçu »
Après avoir représenté le Canada dans diverses compétitions sur la scène internationale au cours des dernières années, le poids lourd Marcel Jérôme Mouafo Feujio effectuait ses débuts chez les professionnels, en lever de rideau de l’événement d’I-BOX, et malgré sa victoire contre l’Albertain Danilo Miljevic, il n’était pas totalement satisfait de sa prestation.
Vainqueur par décision unanime des juges (40-36, 40-36 et 40-36), Feujio était d’avis qu’il aurait dû stopper Miljevic, qu’il avait déjà affronté à deux reprises dans les rangs amateurs.
« Je suis un peu déçu. Je me dis qu’avec toute l’expérience internationale et la force de frappe que j’ai, ce combat n’aurait jamais dû se rendre à la limite, a lâché Feujio en entrevue à RDS.ca à sa sortie de l’arène. J’ai mis trop de temps à mettre toutes les affaires ensemble.
« Je peux évidemment mettre ça sur le dos du premier combat, mais je vais devoir retourner au gymnase pour remettre les pendules à l’heure. On attend énormément de moi, et avec ce genre de performance, je me dois absolument de faire mieux à mon prochain combat. »
Pendant sa carrière amateur, Feujio a notamment participé aux Jeux panaméricains, à Santiago, au Chili, en 2023, où il s’était incliné en quart de finale du tournoi des super-lourds. Il a aussi été sacré champion canadien, la même année, après avoir battu Miljevic.