MONTRÉAL – En mars 2019 alors qu’il était sous contrat avec Groupe Yvon Michel, Christian Mbilli avait vu une occasion de s’associer à ESPN lui filer entre les doigts à la suite d’une victoire sans éclat contre Humberto Gutierrez Ochoa en sous-carte d’un gala présenté à Philadelphie.

Trois ans et demi plus tard, Mbilli, maintenant avec Eye of the Tiger Management (EOTTM), s’est assuré d’être dans les bonnes grâces des bonzes du réseau américain en livrant une prestation spectaculaire en finale d’un gala d’EOTTM tenu vendredi soir au Cabaret du Casino de Montréal.

Le Montréalais d’origine franco-camerounaise n’a fait qu’une bouchée de l’Américain DeAndre Ware en l’emportant par arrêt de l’arbitre à 2:20 du 2e round. En plus de défendre sa ceinture continentale des Amériques des super-moyens du WBC pour la 3e fois, il a aussi mis la main sur celle internationale de la WBA, ce qui devrait lui permettre de percer le top-15 du classement.

« Je pense que c’est mon meilleur combat depuis le début de ma carrière, du moins celui où je suis le plus satisfait, a avoué Mbilli (22-0, 20 K.-O.) après sa victoire. Mon équipe est contente! »

Mbilli a commencé le combat sur les chapeaux de roue en parvenant à envoyer Ware (15-4-2) au plancher dès le premier round grâce à un crochet de gauche. Malgré une coupure au-dessus de l’œil droit subie au début du deuxième round, il a ensuite poursuivi son travail de démolition en envoyant Ware de nouveau au tapis au milieu du deuxième round et aurait pu y parvenir une troisième fois avant que l’arbitre ne s’interpose pour mettre judicieusement un terme au carnage.

« Après le crochet de gauche du premier round, j’ai vu dans son regard que l’allure du combat avait changé. Il avait soudainement moins confiance, a expliqué Mbilli. Au fur et à mesure que les secondes passaient, je voyais sa confiance baisser. Avec ma coupure, je devais en profiter. »

Mbilli espère remonter dans le ring une dernière fois d’ici la fin de l’année, si sa blessure à l’œil droit ne met évidemment pas trop de temps à guérir. Dans le meilleur des scénarios, il souhaite ensuite avoir l’occasion de disputer un premier combat de championnat du monde en 2023.

Spencer couche Lozano avec une solide gauche

Spencer s'impose en 63 secondes

Pour une deuxième sortie de suite, Mary Spencer ne s’est pas éternisée dans le ring. La Montréalaise a battu la Mexicaine Cynthia Lozano en seulement 63 secondes pour s’emparer du titre international des super-mi-moyennes de la WBA ainsi que de la ceinture d’argent du WBC.

Le 23 juin dernier au même endroit, Spencer (7-0, 5 K.-O.) n’avait mis qu’une minute et 56 secondes pour démolir l’ancienne championne de l’IBF Chris Namus. Dans les deux cas, il s’agit également d’anciennes adversaires de Marie-Ève Dicaire. Lozano (9-2) avait justement perdu son dernier duel contre Dicaire par arrêt de l’arbitre au septième round en décembre dernier.

Sans surprise, Spencer s’est ruée sur Lozano pour prendre le contrôle du centre du ring dès le commencement du combat et la Mexicaine a rapidement fait connaissance avec la puissance de la Canadienne. Elle s’est ainsi retrouvée les quatre fers en l’air et avant même qu’elle eut le temps de retrouver ses esprits, l’arbitre a jugé qu’elle avait reçu assez de coups pour la soirée.

Après son triomphe, son septième en autant de combats depuis ses débuts professionnels en août 2021, Spencer a réitéré son désir d’affronter Dicaire. Spencer est la première aspirante à la championne de l’IBF mais cette dernière a montré jusqu’à maintenant peu d’intérêt à l’affronter.

Dans les autres combats présentés en sous-carte, Avery Martin-Duval (8-0-1) a notamment battu Matias Ezequiel Guenemil (9-3-1) par décision unanime des juges (59-55, 59-55 et 58-56). Pour un deuxième combat de suite, le Montréalais a commencé son duel en force, mais a ensuite connu des difficultés en s’obstinant à échanger coup pour coup avec son rival argentin.

Affrontant son adversaire la plus expérimentée depuis ses débuts chez les professionnelles, Leïla Beaudoin (7-0) a trimé dur avant de venir à bout de Karla Ramos Zamora (9-9) par décision unanime (58-56, 58-56 et 58-56). La Mexicaine, avec qui Marie-Ève Dicaire avait croisé le fer à son cinquième combat, a utilisé tous les trucs du métier pour casser le rythme que Beaudoin tentait d’imposer. Mais à force d’essayer, cette dernière a réussi à s’attirer la faveur des juges.

Le Montréalais Luis Santana (7-0) est demeuré invaincu en battant l’Argentin Cristian Rodrigo Gonzalez (11-15-1) par décision unanime (60-54, 60-54 et 60-54). Santana a dominé le combat de la première à la dernière seconde. Gonzalez s’était déjà incliné par décision unanime contre le boxeur de Groupe Yvon Michel Mazlum Akdeniz dans un duel tenu en mars 2018 à Toronto.

Soirée parfaite pour Mbilli, Kean et Spencer

En lever de rideau, Christopher Guerrero (4-0) a envoyé Jose Avila Ibarra (2-2) au plancher au deuxième round avant de l’emporter par décision unanime (40-35, 40-35 et 40-35). Le Montréalais a travaillé extrêmement dur pour tenter d’obtenir sa première victoire avant la limite depuis le début de sa carrière, mais le Mexicain a été en mesure de terminer le combat. À noter que c’était la première fois que Guerrero affrontait un adversaire avec une fiche gagnante.