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Guerre d’ego chez Ferrari : la tension monte

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SAO PAULO, Brésil - La tension monte chez Ferrari après l’incident au Grand Prix de F1 du Mexique entre Lewis Hamilton, accusé de se comporter comme « Al Capone », et un Charles Leclerc très agressif en piste, leur directeur Fred Vasseur semblant impuissant face à cette lutte d’ego.

La rivalité, classique entre pilotes d’une écurie de pointe comme la mythique équipe au Cheval cabré, était à peu près maintenue sous l’éteignoir jusqu’à ce que le Britannique et le Monégasque se livrent bataille dès les premiers virages du GP du Mexique dimanche.

Partis respectivement en position de tête et troisième, Hamilton et Leclerc ont failli s’accrocher et sont sortis brièvement de la piste, finissant deuxième et quatrième, au lieu d’un possible doublé, et laissant la victoire à la Red Bull de Max Verstappen.

Les Ferrari se bousculent au départ Dans un départ plutôt mouvementé au Grand Prix de Mexico, on assiste à une bataille entre Lewis Hamilton et Charles Leclerc tandis que Kimi Antonelli et Max Verstappen s'en sortent intacts.

L’Anglais de 41 ans, sept couronnes mondiales et 400 GP de F1 au compteur – avec celui du Brésil ce dimanche – n’en décolère pas depuis.

Après avoir réclamé sur le moment à la radio de sa monoplace une sanction contre Leclerc, qui a joué selon lui « à quitte ou double », Hamilton s’est dit jeudi à Sao Paulo « évidemment agacé » par ce nouvel incident avec son coéquipier.

Vasseur désarmé

Lançant qu’il se « fich[ait] vraiment de ce que les gens pensent de [ses] commentaires à coeur ouvert », le Britannique a même accusé le Monégasque d’être plus agressif avec ses propres coéquipiers chez Ferrari qu’il ne le serait contre leurs concurrents.

« Je vois la même chose que vous [...] Si l’on regarde ses coéquipiers, c’était pareil avec Sebastian [Vettel] et avec Carlos [Sainz] », d’anciens pilotes Ferrari, a-t-il affirmé.

Hamilton est d’autant plus remonté que Leclerc avait déjà ruiné son début de course en septembre à Monza, où il l’avait tassé dans les graviers dans la première chicane.

Le Monégasque de 29 ans, pour qui Ferrari est sa « deuxième famille » depuis son arrivée en 2019, avait reconnu une erreur et les coéquipiers s’étaient expliqués.

« Après avoir revu la séquence, nous avons discuté avec Lewis. Je sais bien sûr que je suis allé trop loin dans le virage no 2 et je l’ai dit à Lewis. Ce que nous devons faire ou éviter à l’avenir est très clair », avait assuré le Monégasque francophone, qui, au contraire du Britannique, parle très bien l’italien avec l’équipe Ferrari.

Mais l’incident de Mexico exige une nouvelle réunion entre Vasseur, Hamilton et Leclerc, probablement vendredi, selon Canal+, diffuseur officiel de la F1 en France.

Le directeur français de la Scuderia, qu’il a rejointe en 2023 et qui est rarement épargné par la presse italienne, semble jusque-là désarmé pour mettre fin à la lutte d’ego entre ses pilotes, alors qu’Hamilton exige de voir réglés de « gros problèmes », notamment sur les règles non écrites en cas de duel en course.

Vasseur a toutefois tonné en revenant du Mexique contre un incident qu’il a « du mal à digérer » et réclamé « du respect » pour les « 2000 personnes qui travaillent » sur les F1 rouges.

Il doit s’exprimer vendredi à Sao Paulo.

Leclerc exempté de points presse

Charles Leclerc a de son côté pris ses distances : il est repassé par l’Europe entre le Mexique et le Brésil pour être aux côtés de sa femme Alexandra, qui a donné naissance à une fille, Bianca, mardi.

Exempté de ses obligations avec la presse jeudi à Sao Paulo, il est arrivé tout sourire vendredi montrant dans son garage Ferrari des photos familiales.

L’ancien pilote Ralf Schumacher, consultant chez Sky Sports Allemagne, a plutôt défendu Leclerc et dénoncé la colère d’Hamilton : « On n’exige pas une pénalité à la radio contre son coéquipier! ».

« Parler comme Al Capone et menacer en disant : “On a de gros problèmes”, c’est comme si le chien dictait sa loi à son maître », a-t-il fustigé.

De vives tensions internes qui font le jeu de Mercedes, quasiment assurée de remporter le titre constructeurs, peut-être dès dimanche, avec déjà 126 points d’avance sur Ferrari.