Jamais la Formule 1 n’a connu un champion aussi jeune. Avec ses 23 ans, Sebastian Vettel aura détenu le record pendant plus de 15 ans. Si on pouvait se douter que l’Allemand allait éventuellement perdre cette marque, ça reste toutefois bien surprenant de voir à quel point Kimi Antonelli a été en mesure de l’abaisser, soit par un peu plus de trois ans!
Cet écart entre l’âge d’Antonelli et celui de Vettel lors de son premier titre en 2010 démontre bien à quel point ce qu’a réussi Antonelli est exceptionnel. Gagner un titre mondial, ça demande beaucoup plus que d’être simplement rapide et talentueux. Ça demande de l’adaptabilité, de la polyvalence, de l’intelligence de course, de la constance, de la force mentale et beaucoup plus encore. Avoir tout ça dans son arsenal à 20 ans, à sa deuxième saison en Formule 1, c’est ça qui est particulièrement impressionnant.
Une saison sous le signe de la constance
En début de saison, alors que Mercedes a rapidement pris l’étiquette d’équipe favorite pour 2026, George Russell semblait le pilote tout désigné pour remporter le titre. Le Britannique comptait déjà cinq victoires dans sa carrière et il entamait sa cinquième saison avec Mercedes. Celui qu’on surnommait « Monsieur constance » avait fait de sa capacité à tirer le meilleur de sa voiture chaque week-end sa marque de commerce. Sa victoire lors du premier Grand Prix en Australie n’a fait que renforcer cette image de champion en devenir.
Par la suite, Antonelli a remporté la première course de sa carrière en Chine. Un beau moment, mais bien peu de gens se doutaient à ce moment que l’Italien allait remporter cinq épreuves de suite. Tous ceux qui ont déjà remporté cinq courses de suite avant Antonelli ont été champions du monde au cours de leur carrière. Antonelli, lui, l’a fait à 19 ans, pour les cinq premières victoires de sa carrière!
Antonelli a donc profité de l’avantage de Mercedes en début de saison pour ébranler rapidement tous ses rivaux. Quand Ferrari, McLaren et Red Bull ont connu de bons moments plus tard dans le calendrier, le mal était déjà fait. Pour le reste, Antonelli devait simplement gérer cet écart et s’assurer de ne pas ouvrir la porte. C’est ce qu’il a fait avec brio.
En fait, Antonelli a été incroyablement constant tout au long de la saison, et ce, même lorsque l’avantage de Mercedes s’est amenuisé. Antonelli compte 16 podiums en 19 courses cette saison. C’est cinq de plus que Max Verstappen qui vient au deuxième rang à ce chapitre, et le double de George Russell.
Quand un pilote réussit à conserver une telle constance, c’est signe qu’il maîtrise tous les aspects de son pilotage. Il faut être bon sur un tour en qualifications, connaître de bons départs (ce qu’il a grandement amélioré en cours de saison), réussir de bons dépassements, être capable de gérer sa voiture et ses pneus, s’adapter à tous les types de tracé et aux conditions météo, bien communiquer avec son équipe pour les réglages et les stratégies, et bien d’autres choses encore. Apprendre à être efficace sur tous ces aspects aussi rapidement est impressionnant.
Pour l’éloigner du podium, il aura fallu deux bris sur sa Mercedes, à Barcelone et à Silverstone, et une erreur en qualifications à Bakou. Sinon, même une 19e place sur la grille de départ à Monza ne l’a pas empêché de terminer dans le top-3… au contraire, il est plutôt allé chercher sa victoire la plus spectaculaire devant ses partisans.
Même ses mauvais week-ends, alors qu’il ne se sentait pas aussi confortable avec sa Mercedes, se sont terminés avec des résultats intéressants.
Ça démontre à la fois le grand talent du pilote, mais aussi le travail en coulisses de Mercedes pour bien l’entourer et l’accompagner dans sa progression. À commencer par Toto Wolff, qui a décidé de lui faire confiance malgré son jeune âge, mais aussi grâce à Peter Bonnington. L’ingénieur de piste s’est montré l’homme parfait pour accompagner le jeune Antonelli lors de son arrivée en Formule 1. Bono a d’ailleurs travaillé avec Michael Schumacher et Lewis Hamilton auparavant. Il comprend donc très bien ce qui fait la différence entre un bon pilote et un champion du monde. Son travail en coulisses n’est pas étranger aux succès et à l’apprentissage rapide de son jeune poulain.
Et ce n’est que le début pour Antonelli. L’avenir s’annonce brillant pour le jeune prodige qui compte déjà un championnat à son actif. Soulevé sur le podium à Mexico par Lewis Hamilton et Max Verstappen, Antonelli a tous les outils pour s’établir à son tour comme un grand de la Formule 1. À condition, bien sûr, que Mercedes continue de lui offrir une voiture aussi compétitive…