Elfyn Evans a enfin tordu le cou à la malédiction, mais il a fallu une incroyable bourde d’Oliver Solberg dans l’avant-dernière courbe du rallye de Sardaigne pour que le Britannique devienne champion du monde des rallyes WRC dimanche.
Il y avait un air de déjà-vu dans l’aire d’arrivée, au bord des eaux turquoises de la Méditerranée à Argentiera. Dépité et consolé difficilement par sa famille, Evans allait manquer la consécration suprême et se contenter du statut de dauphin pour la sixième fois de sa carrière. Le titre semblait promis à Solberg, son coéquipier chez Toyota, plus rapide que lui à chaque chrono intermédiaire dans cette 17e et dernière spéciale de la fin de semaine.
Mais alors que ses proches, dont son père Petter, champion du monde des rallyes en 2003, commençaient à se réjouir, Solberg a touché un talus à quelques hectomètres de la ligne d’arrivée et n’a pas réussi à redresser sa GR Yaris, partie dans le fossé. Incrédule, Evans a mis quelques secondes avant de réaliser : à 37 ans et au terme de sa douzième saison dans la catégorie-reine du rallye, il est enfin devenu champion du monde.
« Je ne crois pas que je réalise vraiment. J’étais quasiment sûr que c’était terminé. Je n’ai pas fait la meilleure spéciale, j’ai tout donné, mais ce n’était pas propre », a-t-il expliqué.
Troisième Britannique sacré
« J’ai beaucoup de peine pour Oliver aussi, il a fait une fin de semaine incroyable. Je suis désolé pour lui qu’il le perde si près de l’arrivée », a reconnu le troisième Britannique après Colin McRae (1995) et Richard Burns (2001) à décrocher le titre WRC.
Evans a fini par s’offrir le trophée qui prenait un malin plaisir à lui échapper, pour une poignée de points et alors qu’il abordait la manche décisive en leader, comme en 2021 et comme l’an dernier face au Français Sébastien Ogier.
Cinquième du rallye de Sardaigne, Evans a cette fois devancé de cinq petits points son dauphin, Solberg, qui avait débuté cette dernière manche de la saison avec un retard important de 21 points.
Le Gallois n’a jamais été dans le coup pour viser la victoire sur les routes sardes, très piégeuses, mais à vouloir contrôler la situation et ne pas prendre trop de risques, il a failli perdre gros. Son avance au classement mondial a réduit, spéciale après spéciale, comme peau de chagrin : après une crevaison dans l’avant-dernier tronçon, elle n’était plus que d’un point dimanche au départ de la 17e et dernière spéciale, la « power stage » qui offre un bonus aux cinq meilleurs chronos, dont cinq points à son vainqueur.
Nouveau record pour Ogier
L’équation au départ de cette ES17, longue de 7,1 km et dégringolant sur une alternance de cailloux et de sables vers la Méditerranée, était simple: le plus rapide entre Evans et Solberg, sera champion du monde.
Parti en dernière position, Solberg se dirigeait à 25 ans et dès sa première saison complète avec Toyota vers le titre mondial, au terme d’un incroyable retour, sans doute le plus retentissant de l’histoire de la discipline. Jusqu’à ce que son rêve se brise sur une erreur de pilotage.
Pour son 214e départ en WRC, un record, Sébastien Ogier, nonuple champion du monde, a terminé à la 2e place du rallye de Sardaigne qu’il avait remporté l’an dernier et s’est offert son 121e podium dans la catégorie reine, là aussi un record qu’il codétenait jusque-là avec Sébastien Loeb. Son compatriote Adrien Fourmaux (Hyundai), un temps 2e mais freiné par deux crevaisons, s’est classé 4e.
Avec ce rallye de Sardaigne, s’est aussi tournée la page de la catégorie rally1, introduite en 2022. En 2027, une nouvelle réglementation, simplifiée, va entrer en vigueur dans l’espoir d’attirer davantage de constructeurs avec des voitures beaucoup moins chères.
Classement du rallye de Sardaigne :
1. Oliver Solberg/Elliott Edmondson (SWE-GBR/Toyota) 3 h 24 min 57 sec
2. Sébastien Ogier/Vincent Landais (FRA/Toyota) à 57.6
3. Sami Pajari/Marko Salminen (FIN/Toyota) à 1:37.4
4. Adrien Fourmaux/Alexandre Coria (FRA/Hyundai) à 2.38.6
5. Elfyn Evans/Scott Martin (GBR/Toyota) à 4:48.1
6. Takamoto Katsuta/Aaron Jonhston (JPN-IRL/Toyota) à 6:02.4
7. John Armstrong/Shane Byrne (IRL/Ford) à 7:32.2
8. Joshua McErlean/Eoin Treacy (IRL/Ford) à 12:10.4
Classement des pilotes (après les 13 manches) :
1. Elfyn Evans (GBR) 243 points
2. Oliver Solberg (SWE) 238
3. Sami Pajari (FIN) 237
4. Sébastien Ogier (FRA) 189
5. Adrien Fourmaux (FRA) 183
6. Takamoto Katsuta (JPN) 175
7. Thierry Neuville (BEL) 138
8. Hayden Paddon (NZL) 38
9. Josh McErlean (IRL) 36
10. Esapekka Lappi (FIN) 33
Classement des constructeurs :
1. Toyota 662 points
2. Hyundai 440
3. Toyota Gazoo Racing (rally2) 251
4. Ford (M-Sport) 168






