Cyclisme

Vallières Mill en confiance; des Canadiens misent sur la stratégie

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MONTRÉAL — L’abandon de Derek Gee-West a complètement changé la donne pour l’équipe canadienne en vue de la course en ligne de dimanche prochain aux Championnats du monde de cyclisme sur route, à Montréal.

Le Québécois Hugo Houle croit d’ailleurs qu’il n’y a plus de meneur clair au sein de la formation et que les Canadiens devront saisir les opportunités qui se présenteront à eux sur le circuit de 273,4 kilomètres.

« Le plan de l’équipe était d’avoir Derek comme meneur, donc c’est sûr que ça change la dynamique », a admis Houle lors d’un point de presse mercredi.

« Je ne vois pas de meneur en particulier, a-t-il poursuivi. Je pense que nous devrons tous être opportunistes dans la course. Lors des Mondiaux, c’est moins contrôlé que lors des courses professionnelles, donc il pourrait y avoir du mouvement à cinq, six ou même sept tours de l’arrivée.

« C’est à ce moment-là que moi et les autres, on peut anticiper. »

Si Houle croit que c’est la stratégie idéale, c’est qu’il n’y a pas de coureur canadien qui peut rivaliser physiquement avec les Remco Evenepoel, Paul Seixas, Mathieu van der Poel, Wout van Aert ou Isaac del Toro.

Pas même Michael Woods, qui a terminé 18e au Grand Prix cycliste de Montréal le 13 septembre dernier et qui a déjà terminé troisième aux Mondiaux, en 2018.

« Je n’y crois pas, a lancé Houle sans détour. Il a montré qu’il était en forme, il est définitivement très fort, mais il faudra voir comment il se sent. »

L’Ontarien de 39 ans, qui est sorti de la retraite pour disputer les Grands Prix cyclistes de Québec et de Montréal ainsi que les Championnats du monde, devra donc lui aussi user de stratégie s’il veut bien faire.

« Il faut essayer d’être intelligent, a renchéri Houle. Je pense que le GP de Montréal a déjà démontré ce genre de schéma de course et je pense que ce sera encore plus amplifié le week-end prochain. »

Sur une note plus personnelle, Houle se sent d’attaque pour ce moment dont il a tant rêvé au cours des dernières années.

L’athlète de 35 ans indique avoir bien récupéré après avoir abandonné lors de la 14e étape du Tour d’Espagne il y a un peu plus de deux semaines.

« Ça va beaucoup mieux, a-t-il avoué. La Vuelta a été difficile, mais j’ai été chanceux, puisque j’ai eu une semaine de plus de récupération, ce qui est pas mal avec le recul.

« Même si j’ai fait une semaine de moins, je sens que les deux semaines de compétition m’ont donné un bon coup de pouce. Ça se passe bien à l’entraînement, j’aime les sensations, donc j’espère que les jambes vont répondre dimanche. »

Houle et Woods seront accompagnés par les Canadiens Michael Leonard, Pier-André Côté, Nickolas Zukowsky et Guillaume Boivin, qui remplacera Gee-West, sur la ligne de départ.

« Je suis très content que Guillaume ait la chance de vivre ça lui aussi, a dit Houle. Honnêtement, je trouvais ça plate un peu pour lui. Ça fait longtemps que je le côtoie et il le mérite. Je suis déçu pour Derek, évidemment, mais ce sera une belle course pour Guillaume. »

Un parcours parfait pour les Canadiennes

Tant les femmes que les hommes prendront le départ sur la Rive-Sud de Montréal, mais les deux courses se termineront avec des répétitions (huit pour les femmes et douze pour les hommes) du circuit du GP cycliste de Montréal.

La Québécoise Magdeleine Vallières Mill, qui défendra son titre à la maison samedi prochain, croit que ces huit enchaînements de la voie Camillien-Houde, de la côte de la Polytechnique et de l’avenue Pagnuelo conviendront parfaitement à l’équipe canadienne.

« C’est un parcours qui avantage bien notre équipe, a-t-elle analysé lors d’une rencontre avec les médias, quelques minutes avant Houle. Tour après tour, il y aura moins de filles, donc pour nous, c’est bien. Je pense qu’on a une équipe forte et que ce genre de parcours est fait pour les équipes fortes. »

Vallières Mill pourra compter sur Adèle Normand, Alison Jackson, Maggie Coles-Lyster, Nadia Gontova, Olivia Baril et Sarah Van Dam dans la quête d’un deuxième titre consécutif.

« C’est une force d’avoir plusieurs filles qui peuvent être dans la finale, a dit la Sherbrookoise de 25 ans. On a beaucoup de filles qui peuvent être là. Avoir plusieurs cartes dans la finale, ce sera la façon pour nous de jouer pour la victoire. »

L’an dernier, Vallières Mill s’était entraînée en altitude, en Andorre, en vue des Mondiaux. Cette année, elle a passé du temps en famille en Estrie et s’est entraînée principalement à Bromont, en compagnie de son entraîneur.

« C’est vraiment spécial de pouvoir m’entraîner ici, a-t-elle admis. J’ai fait pas mal de séances avec mon entraîneur, qui habite à Bromont, il pouvait voir comment je me sentais en temps réel et adapter chaque séance selon mes sensations.

« J’ai eu une bonne préparation, donc j’ai hâte à samedi. »

Texte de Patrick Caisse, La Presse Canadienne