MONTRÉAL – Si vous n’avez pas encore eu l’occasion d’admirer Davis Alexander à l’œuvre, vous ratez un spectacle exceptionnel.
On se permet de le dire puisque c’est rare qu’un athlète, outre chez le Canadien de Montréal, soit aussi épatant dans la métropole. Chez le CF Montréal, on a vu des Didier Drogba et Ignacio Piatti s’éclater. Chez les Alouettes, Ben Cahoon a été sensationnel même s’il n’aimait pas les réflecteurs. Chez les Expos, Pedro Martinez et Vladimir Guerrero font partie des noms qui ont conquis le public. Chez le Canadien, on vous laisse élaborer votre propre liste.
Depuis que les Alouettes de Montréal ont soulevé la coupe Grey en 2023, ils ont regagné plusieurs partisans. Mais certains fervents de sport n’ont pas réanimé leur attachement envers les Oiseaux.
C’est là qu’Alexander pourrait tout changer. Véritable guerrier sur le terrain – et ce n’est pas exagéré dans son cas – Alexander a tout pour épater la galerie et il ne fait qu’effleurer la base de son potentiel.
L’an dernier, sur une seule jambe, il a failli permettre aux Alouettes de remporter le championnat.
Cette saison, sa fameuse blessure à la cuisse semble vouloir lui ficher la paix et les résultats sont éclatants. À mi-chemin de la saison, les Als ont bâti un dossier de 8-1 et Alexander présente une fiche de 19-1 en 20 départs dans la LCF, il s’agit évidemment d’un record.
Mais le charisme d’Alexander repose avant tout sur le côté spectaculaire de son jeu, il donne l’impression de jouer dans une cour d’école tellement qu’il s’amuse. Il évite des plaqués, il effectue des blocs contre des géants de 300 livres, il réussit des courses inspirées, il prolonge des jeux grâce à sa mobilité, il raffole des jeux truqués et il complète des passes de plus de 50 verges comme si c’était facile.
Mettons des gants blancs pour écrire ceci. Anthony Calvillo a été un maître et même une légende du football professionnel, mais Alexander possède un aspect si divertissant qu’il pourrait faire aimer le football à une personne qui déteste ce sport.
Quand vous jumelez le talent d’Alexander à celui de Tyson Philpot et Tyler Snead, vous obtenez des combinaisons électriques qui peuvent raviver une foule à tout instant.
Après neuf parties en 2026, Philpot a récolté 1154 verges par la passe. À ce rythme, il terminerait la saison avec 2308 verges. Le record de la LCF (2036 verges) appartient à Allen Pitts.
« J’ignore quel sommet pourra atteindre notre attaque, on sait qu’on peut encore mieux faire. Allons découvrir la réponse », a proposé Alexander après sa prestation de quatre passes de touché contre la puissante défense des Elks d’Edmonton.
Alexander a ensuite trouvé une excellente comparaison pour décrire l’unité offensive montréalais.
« Je n’ai jamais joué au sein d’une si bonne attaque. C’est comme si on pouvait faire tout ce qu’on voulait. Ça ressemble à NFL Street (un jeu vidéo dans lequel les jeux spectaculaires sont à l’honneur). On a les meilleurs joueurs de la LCF, on s’amuse et ça fonctionne », a-t-il noté alors que Calvillo est rendu le coordonnateur offensif de cette brigade.
Grâce à l’esprit d’équipe développé par l’entraîneur Jason Maas, les joueurs de l’attaque sont devenus des amis avec ceux de la défense et des unités spéciales. C’est flagrant et on l’a encore constaté avec les accolades entre Alexander et tant de coéquipiers après la partie.
« Davis est extrêmement impressionnant, il travaille tellement fort, c’est l’un de nos meneurs et il bûche tous les jours pour notre équipe. Il a développé tellement de bons liens au sein du groupe. Il a besoin de la contribution d’une tonne de joueurs pour accomplir ce qu’il fait et il est le premier à le reconnaître. Je ne pourrais pas être plus fier de ce groupe », a confié Maas.
Samedi après-midi, les Alouettes ont attiré 22 535 spectateurs, la foule la plus imposante de l’année. On est loin de l’époque, il y a une vingtaine d’années, alors que c’était plus difficile d’obtenir des billets pour les Alouettes que pour le Canadien.
Mais avec un tel spectacle, le Stade Percival-Molson pourrait être rempli très souvent. D’autant plus que l’entraîneur des Alouettes n’a aucunement l’intention de ralentir la cadence.
« On a encore beaucoup de choses à améliorer, on vise la perfection et on s’inspire de nos standards pour s’en approcher. On se tape dans le dos quand on réussit de beaux trucs, mais on se concentre d’abord sur les choses à corriger », a indiqué Maas.
Il faut dire que cette approche était facile à privilégier puisque les Alouettes ont échappé une occasion en or en 2024. Ils avaient entamé cette saison avec un dossier de 10-1, mais ils ont cafouillé en finale de l’Est et ont perdu la chance de gagner deux titres consécutifs.
« Plusieurs joueurs ont vécu la saison 2024. On a d’ailleurs ajouté 2024 sur un logo au sein du groupe pour cette raison. On va continuer de travailler, je peux vous l’assurer », a cerné Maas.
Quant à Alexander et ses coéquipiers, ils ne demanderaient pas mieux que de soulever la coupe Grey en 2026 et en 2027 pour rattraper ce doublé échappé. Chose certaine, si Alexander demeure en santé, les Alouettes auront plus d’une fois la chance d’être les champions de la LCF.




