MONTRÉAL – Même si Marc Trestman est arrivé en toute discrétion et humilité, son aura s’est immédiatement répandue, jeudi, à l’entraînement des Alouettes.
Trestman s’est empressé d’aller retrouver Anthony Calvillo pour faire revivre ce duo qui a écrit sa légende à Montréal. Fidèle à ses rigoureuses habitudes de travail, Calvillo a poliment repris la gestion des répétitions offensives.
Le directeur général Danny Maciocia, le directeur exécutif du personnel des joueurs Jean-Marc Edmé et l’entraîneur-chef Jason Maas sont venus poursuivre la discussion avec l’homme érudit de 70 ans.
Après tout, Trestman a exercé une immense influence chez les Alouettes qui se ressent encore 14 ans après son départ. Les deux conquêtes consécutives de la coupe Grey, en 2009 et 2010, illuminent cet héritage.
« J’ai un immense respect pour ce qu’il a accompli et j’en ai parlé aux joueurs durant notre réunion. Son influence est considérable. […] De toute évidence, notre système offensif s’en inspire directement. C’est donc toujours un moment spécial de le voir », a exposé Maas avec le regard empreint d’admiration.
« J’étais excité de le revoir, Marc a eu une signification si grande dans ma carrière et pas seulement pour la mienne. Il a accompli des choses spéciales pour l’équipe et la ville de Montréal », a ciblé Calvillo.
Le quart-arrière Davis Alexander n’avait que 14 ans lorsque Trestman a repris le chemin de la NFL en janvier 2013. Mais il se souvient quand il a été embauché pour diriger les Bears de Chicago, il avait été intrigué par son allure distinctive de professeur.
« L’attaque de Trestman a grandement influencé Anthony Calvillo si bien que ça me donne l’impression de connaître le cerveau offensif de Trestman grâce à Calvillo », a imagé Alexander.
Pendant son illustre carrière d’entraîneur, qui a duré plus de 40 ans, Trestman était prudent et calculé dans ses déclarations aux médias. Cette fois, il a parlé avec une grande authenticité.
« Ma vie a changé en rencontrant Anthony Calvillo. Franchement, c’est grâce à lui que je suis ici. Je suis tellement fier de lui », a lancé Trestman.
« Ce furent les cinq meilleures années de ma vie », a même déclaré Trestman en nous laissant déduire que le plaisir n’est pas toujours au rendez-vous dans l’univers extrêmement compétitif de la NFL.
Ce n’est pas très connu, mais Trestman revient à Montréal presque chaque année.
« C’est comme une deuxième maison pour moi. Je me promène dans les rues, dans le Vieux-Montréal et sur le mont Royal », a indiqué Trestman qui conserve son lien avec Calvillo en lui envoyant quelques messages par année pour le taquiner.
Ravi de l’évolution de Calvillo comme entraîneur
Les exploits de Calvillo sur le terrain, Trestman les conserve à une place précieuse dans son cœur. Mais il est tout autant emballé par l’évolution de Calvillo comme entraîneur. Maas a eu le courage de lui céder la sélection des jeux offensifs et l’attaque a poursuivi sa domination.
Quand il était entraîneur-chef des Alouettes, Trestman a conservé cette responsabilité parce que son coordonnateur offensif Scott Milanovich avait préféré ne pas changer la recette gagnante.
« J’ai toujours voulu lâcher prise. Mais je n’avais pas la force de dire à Scott de s’en occuper et c’est pourquoi j’admire Jason. Ce n’est pas facile à faire, mais Jason est fort et très intelligent. Ça ne faisait aucun doute qu’Anthony allait réussir. Comme joueur, il se souciait déjà plus des autres que de lui-même et il était le joueur le plus préparé de tous ceux que j’ai dirigés. Ça donne aussi l’occasion à Jason de s’épanouir pleinement en tant que meneur de l’équipe. Ils y gagnent tous les deux », a exposé Trestman.
Calvillo a été touché par tous les compliments venant de son ancien pilote.
« C’est plaisant d’entendre ceci parce que c’est vrai que ce travail est très exigeant », a admis celui qui est arrivé à la dernière minute à la soirée du 80e anniversaire de l’équipe en raison du boulot à abattre.
En inculquant de très hauts standards aux Alouettes, Trestman a redonné à l’organisation ses lettres de noblesse. À la suite de son départ chez les Bears et de la retraite de Calvillo, les Alouettes avaient piqué du nez.
L’entrée en scène de Maciocia et Maas ont permis de renouer avec un niveau similaire. Pour Maas, le simple fait d’être comparé à cette époque l’enchante et le motive.
Quant à Trestman, son désir de transmettre prévaut et il pense donc rarement au magnifique héritage qu’il a légué aux Alouettes et au football québécois.
Jeudi soir, la superbe célébration de la grande famille des Alouettes lui aura rappelé tout ce qu’il a semé.




