MONTRÉAL – Les Alouettes de Montréal s'étaient forgés la réputation de gagner les matchs serrés depuis l'arrivée de Jason Maas, c'est plutôt le contraire qui se produit cette saison.
À mi-parcours en 2025, les Oiseaux ont bâti une fiche de 5-4 qui aurait facilement pu s'établir à 7-2. Les deux parties échappées, à domicile, face aux Lions de la Colombie-Britannique et aux Elks d'Edmonton ont plombé l'envolée du début de campagne.
Dès qu'on a mentionné à Maas que la tendance positive s'était inversée dans les matchs chaudement disputés, le ton de voix de l'entraîneur-chef a changé. Il a répondu, en quelque sorte, avec la vigueur avec laquelle il s'exprime à sa troupe.
« Ouais... D'abord, on aimerait que ça ne soit pas autant serré. Dans le passé, on a obtenu du succès dans ces situations. Cette saison, ça nous a fait mal et je me souviens aussi de la dernière partie de la saison 2024 contre Winnipeg. Voilà trois parties échappées en peu de temps. Ça se joue dans l'exécution dans les trois phases de jeu car c'est la réalité. L'attaque ne parvient pas à compléter une partie, nos unités spéciales ont écopé de deux punitions coûteuses et la défense aurait pu faire mieux pour tenir le coup », a prononcé Maas.
Grâce au départ convaincant de 3-0 en 2025, les Alouettes bénéficiaient d'un coussin au classement. De plus, avec neuf équipes dans la LCF, les probabilités d'accéder aux éliminatoires ne vont pas s'envoler rapidement.
« On est confrontés à ces défis et ça fera de nous une meilleure équipe. La saison passée, le début de saison a été plus doux, mais on n'a pas obtenu le résultat final désiré. Cette année, notre but est encore à notre portée, on doit simplement mieux jouer durant toute la partie. Quand les moments cruciaux se présentent, il faut croire qu'on peut être à la hauteur. On l'a déjà fait », a ajouté Maas.
On a poursuivi le sujet avec Byron Archambault, l'adjoint à l'entraîneur-chef et coordonnateur des unités spéciales.
À ses yeux, ces résultats n'ont pas affecté le moral des troupes.
« Non, on n'est pas une équipe faible mentalement, mais plutôt forte mentalement. Chaque semaine est compétitive dans la LCF. Je ne crois pas que ça provoque un effet sur notre mental, mais il faut reconnaître les moments déterminants quand ils se présentent », a-t-il commenté.
Dans les défaites face aux Lions et aux Elks, les Alouettes ont gaffé sur les unités spéciales. Contre les Lions, Pier-Olivier Lestage a manqué de discipline sur le converti tandis que, contre les Elks, Geoffrey Cantin-Arku a commis un hors-jeu coûteux sur le botté d'envoi.
Ces bourdes ont même permis à Maas de pratiquer son français.
« On parle de ‘Plus jamais, plus jamais' ou never again. C'est le meilleur exemple que tu peux trouver. Il a été l'un de nos meilleurs sur les bottés d'envoi cette saison. Habituellement, il se place à six verges du ballon, cette fois il était à trois verges. Il a été emporté par les émotions du moment, ça arrive dans les grands moments, c'était un jeu excitant. Mais ce jeu n'a pas coûté la victoire, on aurait pu encore l'emporter », a exposé Maas en lien avec l'erreur de Cantin-Arku.
« Je préfère que ça arrive maintenant qu'en éliminatoires, l'erreur aurait été encore plus grave. On doit savoir que ça nous rendra plus forts », a jugé Maas.
Même Tyler Snead, qui est reconnu pour sa fiabilité, a commis une bourde déterminante. Snead a perdu le contrôle du ballon, tout près de sa zone de buts, en effectuant un retour sur un placement raté.
Pour une équipe, comme les Alouettes, qui détient les atouts pour remporter de nombreux matchs, ça peut devenir perturbant.
« Oui, c'est frustrant, mais on reste positifs. Ça reste que 5-4, c'est notre fiche, c'est le portrait de notre équipe présentement, mais je suis confiant qu'on aura de meilleurs jours éventuellement », a convenu Cantin-Arku.
« Coach Maas l'a bien dit. Au sein de notre équipe, on ne peut pas trop deviner si on a perdu ou gagné, on essaie de conserver le même focus. On ne se casse pas la tête, on sait qu'on compose avec plusieurs blessures. Ce n'est pas une excuse pour ne pas gagner, mais notre club est dû pour une victoire ce week-end », a-t-il continué.
Le thème choisi par Maas « Grind for nine » (bûcher pour la neuvième coupe Grey) s'applique vraisemblablement à la saison 2025.
« Chaque semaine s'accompagne d'un nouveau défi. Une fois qu'on a tous réfléchi et élaboré la meilleure composition de la formation, on a confiance de pouvoir l'emporter », a déclaré Maas en donnant l'exemple à ses protégés.
Au passage, il a salué l'engagement de Cameron Dukes qui a laissé ses autres projets sur la glace pour se joindre aux Alouettes afin d'ajouter du renfort à la position de quart-arrière.





