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Le gazon plus vert au football pour Brashear

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MONTRÉAL – Brashear et football, ça surprend, mais sonne très bien. Voyant que son père, Donald, était trop axé sur la critique, Jaxxon a décidé de changer d’allégeance et il devrait être repêché, le 28 avril, dans la Ligue canadienne de football.

Jaxxon Brashear avait huit ans lorsque son paternel a disputé sa 1025e et dernière partie dans la LNH le 25 janvier 2010.

Naturellement, fiston avait hérité de l’amour du hockey, mais il a cessé ce sport à l’adolescence et il ne cache pas la raison de sa désaffection.

« Mon père était très gros sur la critique. J’adore la critique, j’aime ça m’améliorer puis je suis 100 % à l’aise pour recevoir la critique. Mais il n’y avait aucune reconnaissance de ce qui se passait de bien, pas de ‘Good job’ et tout ça. Quand tu es un enfant, tu veux te faire féliciter parfois. Ça, c’était plus tough. J’ai un peu perdu le goût de ça », a raconté Jaxxon qui semblait à l’aise comme un poisson dans l’eau durant la journée médiatique du camp d’évaluation (Combine) de la LCF à Edmonton.

Ainsi, au départ, Brashear avait seulement raconté à sa mère qu’il avait délaissé le hockey.

Ce qui tombait à merveille, c’est que papa Brashear n’avait aucune expertise en football. Le fiston ne s’est donc pas gêné pour lui passer ce message.

« Durant une partie, j’ai remarqué qu’il était derrière les joueurs et qu’il essayait de me parler. J’ai dit ‘Non, ça ne marchera pas au football. Va t’asseoir dans les estrades comme les autres parents’. Puis je pense qu’il a compris qu’il avait sa place au hockey, mais pas au foot », s’est rappelé Jaxxon qui devait être fier de son coup.

Heureusement, le football venait combler son intérêt envers le jeu physique.

« Il y a un aspect physique quand même et je pouvais me développer comme un athlète dans mon propre domaine », a expliqué le sympathique joueur des Gee-Gees de l’Université d’Ottawa.

Ce n’était donc pas étonnant qu’il acquiesce quand on lui a lancé qu’il devait se réjouir d’avoir pu tracer son propre chemin.

« 100 %! Veux, veux pas, j’ai quand même des atouts similaires (à son père). Mais, en même temps, c’est vraiment bien d’être capable de se différencier puis dire que je l’ai fait par moi-même », a réagi le secondeur.

« C’est mon sport à moi au lieu du sport des Brashear », a-t-il cerné.

Grâce à sa robustesse et aux unités spéciales

Son sport, Jaxxon Brashear s’y est plongé à fond alors qu’il a multiplié les positions au fil de son parcours. L’ancien du Cégep de Limoilou est arrivé avec les Gee-Gees en tant que demi de coin et il a réussi une imposante transformation en secondeur.

« C’est la quatrième ou cinquième position que je fais au football, je commence à être habitué, a-t-il admis. J’ai foncé à 100% en gymnase et j’avais ajouté environ 25 livres durant la saison morte et mon poids a continué d’augmenter graduellement. »

Sans surprise, Brashear souhaite donc démontrer sa polyvalence durant le camp d’évaluation des équipes canadiennes.

« Je peux même jouer en attaque, s’ils veulent, pas de problème », a-t-il lancé en souriant.

Du même coup, Brashear veut exposer sa personnalité chaleureuse et positive. On peut confirmer que ce sera un jeu d’enfant.

Jaxxon Brashear Jaxxon Brashear (Julie Taillon)

Grâce à sa participation au College Gridiron Showcase, une importante vitrine annuelle de recrutement, Brashear a eu vent de ses qualités appréciées par les dépisteurs.

« Je pense qu’on aime mon style de jeu, je suis plus robuste comparativement aux autres, ça va me donner un avantage par rapport à certains joueurs. Je suis autant capable de reculer en couverture que de stopper la course. Je suis toujours près du ballon, peu importe ce qui se passe », a résumé l’athlète de six pieds un pouce et 225 livres.

Un recruteur, sous le couvert de l’anonymat, a confirmé que son arsenal physique était attirant.

« On peut rapidement remarquer sa puissance au plaqué. Il va se démarquer des autres dans la deuxième moitié du repêchage (qui comporte huit rondes) grâce à son potentiel sur les unités spéciales », a résumé ce dépisteur.

S’il parvient à contribuer en défense, ce serait sans doute comme secondeur intérieur ou secondeur du côté court.

Il devra continuer son évolution démontrée en 2025 alors qu’il a accompli une excellente saison en participant à 44 plaqués en plus de provoquer trois revirements et deux sacs.

« C’était ma deuxième année comme secondeur, je me sentais beaucoup plus confortable. Quand les opportunités se présentent, tu dois les saisir et briller, mais en faisant ton 1/12e », a commenté le sympathique athlète.

Travaillant acharné, Brashear s’approche de son rêve d’une carrière professionnelle.

« Tu te dévoues tellement longtemps, c’est vraiment excitant, mais il reste beaucoup à accomplir. Ce n’est pas fini pantoute », a conclu Brashear avec réalisme.