Suivez dès 16 h dimanche sur RDS et le RDS.ca notre émission d’avant-match en vue du duel entre les Alouettes et les Roughriders. Le match de la Coupe Grey suivra sur nos ondes.
WINNIPEG — Il n’y a pas que dans les uniformes verts ou bleus qu’il y aura des représentants du Québec sur le terrain du Princess Auto Stadium de Winnipeg pour la 112e Coupe Grey, dimanche. Il y en aura aussi dans les chandails zébrés.
André Proulx et Kevin Riopel font partie de l’équipe de sept officiels envoyés sur le terrain par la Ligue canadienne de football pour la grande finale opposant les Roughriders de la Saskatchewan aux Alouettes de Montréal.
Le vétéran Proulx en sera à son 11e match de la Coupe Grey, son 10e comme arbitre en chef.
« Ma première Coupe Grey, en 2001 à Montréal, j’agissais comme juge de terrain », a expliqué Proulx, qui compte 463 matchs officiés en 27 saisons dans la LCF. « C’est à Ottawa, en 2004, que j’ai été arbitre en chef pour la première fois à la Coupe Grey. »
Riopel, juge de champ arrière, participera pour la troisième fois à la grande finale du football canadien. Il compte 95 matchs d’expérience répartis sur huit saisons.
Les officiels en place sont sélectionnés à partir d’un processus rigoureux, eux qui sont évalués sur chaque jeu de tous les matchs auxquels ils ont pris part cette saison. Ce sont donc les meilleurs de la saison pour chaque position qui ont été choisis.
« Les gens ne le savent pas, mais il y a environ 140 jeux par match et nous sommes évalués sur ces 140 », a noté Proulx. « Notre plus grand critique, c’est nous-même. Si on fait une erreur, on ne s’en cache pas, car on sait que le film va le montrer. L’important, c’est de ne pas en faire trop. »
« Il n’y a pas un travail qui nous évalue aussi sévèrement qu’on l’est (comme officiels) », a ajouté Riopel, gestionnaire administratif du volet sport-études de l’école secondaire Félix-Leclerc de Repentigny. « C’est comme si chaque micro-décision était évaluée et qu’on me disait: “ Là, tu as bien réagi; là, tu as mal réagi ”. Ce n’est pas seulement quand on lance nos mouchoirs que nous sommes évalués. C’est sur nos déplacements, notre prise de décisions, l’angle qu’on a. Chaque élément est évalué. »
L’évaluation, en plus de venir de leurs patrons, est aussi faite par les entraîneurs de la LCF, qui repassent tous les films de matchs, ainsi que par les superviseurs du circuit qui évaluent chaque pénalité appelée.
« C’est un processus qui est lourd et quand on passe au travers et qu’on est [sur l’équipe] du match ultime, on peut dire qu’on a eu une bonne saison », a dit Riopel.
Des décisions en français
Proulx, qui dans la vie est vice-président du Groupe Cevec, une compagnie spécialisée en électricité, plomberie, chauffage et ventilation, et Benoît Major sont les deux arbitres francophones du circuit et ils ont l’habitude d’expliquer leurs décisions dans les deux langues dans les matchs qu’ils officient. L’arbitre de Drummondville prévoit le faire ce dimanche également.
« Je ne sais pas si ce sera sur toutes les décisions, je vais discuter avec le commissaire (Stewart Johnston) et voir ce qu’il souhaite », a noté le vétéran. « Mais nous en avons discuté et j’en ferai. »
« Souvent j’ai plus de difficulté en français, car ça fait 20 ans que je fais la même chose et tout se passe en anglais! Quand on a une reprise par exemple, (le centre de révision) me parle et je pense à ce que je vais dire. Une fois que j’ouvre le micro, tout ça est oublié! Ça sort bien, je suis chanceux et j’essaie de traduire ce que je viens de dire en français. »
Riopel faisait remarquer que certains termes sont plus complexes en français.
« ‘No yards’, c’est plus facile que non-respect de l’immunité! »
Pas le dernier
Après 463 matchs, il est légitime de questionner Proulx au sujet de son avenir. Il a assuré que le match de dimanche ne sera pas son dernier.
« Le but ultime pour moi, est de faire le dernier match, c’est l’objectif des cinq arbitres (de la LCF). Je suis un peu plus vieux que tout le monde (il est âgé de 61 ans), je me disais que je pourrais peut-être quitter au sommet. Mais cette année, j’ai eu beaucoup de plaisir. Mon équipe et moi avons eu beaucoup de plaisir. Sur les sept officiels sur le terrain dimanche, cinq viennent de mon groupe. Ça démontre le bon travail que notre avons fait pendant 16 matchs. »
« André est humble, mais il est encore capable d’arbitrer, il n’y a pas de doute », a ajouté Riopel. « C’est aussi un bon mentor pour les jeunes officiels. Il prend soin des jeunes officiels; il essaie de les encadrer et c’est important, car ce n’est pas facile de se tailler une place dans ce circuit. On a besoin de lui encore quelques années. »
Ses patrons souhaitent le revoir.
« Je m’attendais à ce que cette question me soit posée. Pas par les médias, mais mon patron. Quand il me l’a demandée hier, je lui ai demandé s’il voulait que je revienne. Il m’a dit: “ Certainement ”. Alors je lui ai dit que j’allais revenir. »
« C’est quelque chose qu’on doit savourer, car on ne sait jamais quand ça peut arriver », a renchéri Riopel. « On n’est pas à l’abri d’une blessure, que nos patrons ne veuillent plus de nous ou qu’une de nos décisions influence un match, ce qui peut avoir un impact sur notre carrière. »





