Tout vient à point à qui sait attendre, voilà une citation qui sied très bien à l'Américain Jason Dufner, vainqueur pour la toute première fois, hier, lors de la Classique Zurich de La Nouvelle-Orléans.

Le golfeur de 35 ans, natif de Cleveland, mais résident d'Auburn, en Alabama, a dû attendre à son 164e tournoi sur le circuit PGA Tour avant de savourer un premier triomphe. Tous les experts s'entendaient pour dire que ce n'était qu'une question de temps, car ce joueur possède un élan très solide et, surtout, très répétitif. N'ayant aucune faiblesse dans son jeu, on savait très bien que ça se passait entre les deux oreilles dans son cas.

Dufner ne laisse personne indifférent, ne serait-ce que par son attitude sur le parcours. Il ne parle qu'occasionnellement à son cadet, affiche un air qui frôle l'indifférence et ne sourit à peu près jamais. À le regarder, impossible de savoir si ça se passe bien ou non. Il cache ses émotions aussi bien que les grands champions de poker. Tout au long de la ronde finale hier, il nous est apparu imperturbable dans toutes les situations, bonnes ou mauvaises. De toute évidence, c'est la stratégie qu'il a décidé d'adopter, n'en déplaise à ceux et celles qui souhaiteraient le voir sourire plus souvent. À mon avis, ce n'est pas demain la veille!

Sa victoire à La Nouvelle-Orléans va lui enlever le boulet qu'il traînait aux pieds depuis sa déconfiture au Championnat de la PGA en août dernier. Rappelons qu'il possédait 4 coups de priorité sur Keegan Bradley sur le dernier neuf avant de commettre trois bogueys et de se retrouver dans une prolongation qu'il devait éventuellement perdre. Ce genre d'échec, surtout dans un tournoi majeur, marque un joueur pour longtemps et crée un doute dans son esprit. Dufner a du talent à revendre, il est parmi les meilleurs lors des deux premières rondes puis, pour une raison inexpliquée, faiblit considérablement lors des 3e et 4e rondes. Je persiste à dire que cela fait partie de l'apprentissage, qu'il faut apprendre à gagner. Tout être humain ressent de la nervosité lors d'une finale de tournoi, que ce soit au golf ou dans un autre sport. Certains apprennent plus vite que d'autres à gérer leur stress et à accomplir ce qu'ils ont à faire, peu importe la situation.

L'apprentissage de Dufner est maintenant complété, même s'il aurait très bien pu être retardé à nouveau par Ernie Els, valeureux perdant de la prolongation. Le grand Sud-Africain a raté un coup roulé de moins de 7 pieds au premier trou supplémentaire qui lui aurait donné la victoire. Si tel avait été le cas, on aurait dit que Dufner a encore flanché en finale, qu'il est incapable de franchir la dernière étape. Quand même bizarre qu'un roulé raté par l'un peut changer la vie de l'autre… le golf est ainsi fait. Els peut toujours se consoler à l'idée qu'il fait à nouveau partie du top 50 mondial. Sa 2e place lui permet de passer de la 63e à la 40e position et le qualifie automatiquement pour tous les tournois d'importance.

Rappelons qu'il a raté le dernier tournoi des Maîtres pour la toute première fois en carrière, n'étant tout simplement pas qualifié. Il a aussi touché une bourse de 691 000 dollars comme prix de consolation!

Du côté de Dufner, la vie est belle. Sa première victoire en carrière survient 6 jours avant son mariage. La lune de miel devra toutefois attendre puisqu'il sera au Championnat des joueurs, au TPC Sawgrass, dans deux semaines. Il occupe maintenant le 9e rang du classement de la Coupe FedEx et est passé du 30e au 20e échelon de la hiérarchie mondiale. On a déjà hâte de voir s'il aura un sourire accroché aux lèvres lors de sa prochaine sortie.

Donald à nouveau 1er joueur mondial

L'Anglais Luke Donald a une fois de plus étalé son immense talent en prenant la 3e place lors de la Classique Zurich, et ce, malgré un pointage de 73 lors de la ronde initiale. Cette performance lui permet de devancer à nouveau Rory McIlroy au sommet du classement mondial. Ce dernier aura la chance de se reprendre dès cette semaine puisqu'il participera au Championnat Wells Fargo tandis que Donald sera absent. La différence de points entre les deux joueurs est tellement minime qu'on a l'impression qu'ils vont jouer au chat et à la souris tout au long de la saison.

J'aimerais également souligner l'excellente performance du Canadien Graham DeLeat qui a terminé à égalité au 4e rang à La Nouvelle-Orléans. Il jouit présentement d'une exemption médicale, dû à une intervention chirurgicale au dos. On lui accorde 26 tournois, durant lesquels il doit amasser des gains d'au moins 666 000 dollars pour conserver son droit de jeu. Il a touché une bourse de 281 000 dollars hier, ce qui gonfle ses gains à plus de 485 000 dollars pour la saison en cours. Un autre canadien, David Hearn, a aussi bien fait en terminant le tournoi en 24e position.

Prochaine étape : Charlotte, Caroline de Nord

À partir de jeudi, une pléiade de joueurs vedettes seront réunis sur le magnifique parcours Quail Hollow dans le cadre du Championnat Wells Fargo. Les Tiger Woods, Phil Michelson, Hunter Mahan, Ben Curtis, Bill Haas et Zach Johnson tenteront de rivaliser avec les joueurs internationaux Rory McIlroy, Lee Westwood, Thomas Bjorn, Jason Day et Greame McDowell, pour n'en nommer que quelques-uns. Une belle lutte en prévision. Michel Lacroix et moi serons heureux de vous compter parmi nous lors des rondes de samedi et dimanche, sur les ondes de RDS.