Alexis Cournoyer a plus d’une raison de sourire par les temps qui courent.
D’abord, il y a le bonheur ambiant.
Dans les rues du campus de l’Université du Wisconsin au centre-ville de Madison, où il a déménagé cet été, les gens sont heureux. Les Brewers de Milwaukee participent à la Série mondiale pour la première fois en 44 ans et ils rallient à peu près tout le monde dans l’État du fromage.
Même les moins friands de baseball comme l’espoir des Canadiens de Montréal.
« Arriver ici et voir tout l’engouement et l’excitation créés par les Brewers qui s’en vont en finale, c’est sûr que c’est vraiment le fun », a exposé le gardien de 20 ans en entrevue au 5 à 7, vendredi, à l’aube du match no 1 de la série ultime contre les Rays de Tampa Bay.
« Les rues et les terrasses sont remplies, tout le monde regarde les games avec son chandail des Brewers, c’est très excitant. »
Ce qui encore plus enivrant pour Cournoyer, c’est son transfert du Big Red de l’Université Cornell vers les Badgers de l’Université Wisconsin.
Après une saison à Cornell où il a brillé après avoir été un choix de cinquième ronde des Canadiens en 2025 (145e), l’athlète de 6 pi 4 po et 206 lb a tiré avantage du portail des transferts pour se joindre à une puissance de la NCAA évoluant dans la conférence Big Ten, l’une des plus relevées au pays.
« Je suis venu avec un but en tête, et c’est de gagner un championnat national », tranche celui qui n’était qu’à deux victoires d’accéder au prestigieux Frozen Four avec Cornell le printemps dernier.
« J’ai toujours joué mon meilleur hockey quand j’ai de l’adversité et que j’ai les meilleurs joueurs devant moi. Jouer dans le Big Ten, c’est ce genre de défi et ça m’excite de le relever. »
— Alexis Cournoyer
Les Badgers ont certes démontré une fois de plus l’an dernier qu’ils appartiennent à l’élite de la NCAA, s’inclinant 2-1 en grande finale contre les Pioneers de l’Université Denver.
Fort d’un dossier de 4-0-0, les Badgers occupent au moment d’écrire ces mots le sixième rang du classement national, dominé par les puissants Wolverines de l’Université Michigan (6-0-0).
Cournoyer a contribué à ce bon début de calendrier de Wisconsin avec deux victoires en autant de matchs, affichant une moyenne de but alloué de 1,00 et un taux d’efficacité de ,935.
La saison a beau être encore très jeune, Cournoyer est donc bien loin de regretter son choix de quitter l’Université Cornell.
« Je le dis à mes parents pas mal tous les jours, je vis la vie de rêve! »
— Alexis Cournoyer
« On est au centre-ville de Madison, à deux minutes de marche de notre aréna, qui dispose probablement des meilleures installations dans la NCAA. C’est comme un aréna de la LNH, il est capable d’accueillir environ 16 000 personnes. Et il y a toutes les ressources à notre disposition que je suis vraiment reconnaissant d’avoir. J’en profite au maximum. »
Rendez-vous avec Michael Hage
Ce changement d’appartenance de Cournoyer lui offrira par ailleurs bientôt l’opportunité d’affronter la meilleure équipe des États-Unis, les Wolverines, mais aussi celui qui s’impose comme le joueur le plus dominant de la NCAA.
Les 4 et 5 décembre prochains à Ann Arbor, les Badgers devront en effet faire de leur mieux pour contenir Michael Hage, que Cournoyer pourrait un jour avoir pour coéquipier chez le Tricolore.
Après avoir décidé de repousser ses débuts professionnels d’une autre année, Hage affiche une récolte de trois buts et 14 points en six matchs, la deuxième meilleure de la NCAA.
« Une fois que tu tournes pro, tu rentres dans la business et tu ne peux plus vraiment en ressortir. Il faut que tu te sentes prêt. Quand tu es rendu chez les professionnels, tu ne peux plus vraiment avoir de mauvaises saisons, parce qu’il y a tout le temps des jeunes qui rentrent », rappelle Cournoyer.
« Je respecte vraiment sa décision. »
Si les duels du début décembre contre les Wolverines en diront certes beaucoup sur les chances des Badgers de lutter pour le titre, Cournoyer préfère pour l’instant s’attarder à celui de samedi contre les Broncos de Western Michigan, un duel hors-concours organisé pour garder la forme durant une pause dans le calendrier.
Cournoyer a néanmoins une date encerclée dans son calendrier, celle du 20 février prochain.
Le gardien québécois patinera alors au mythique Lambeau Field, le temple des Packers de Green Bay, dans lequel sera aménagé une patinoire pour un match en plein air contre les… Wolverines.
« C’est bien excitant, je me dis que je suis très chanceux de pouvoir faire partie de ça et de vivre cette expérience-là à 21 ans seulement. »
De quoi en rêver, en effet.