MONTRÉAL – Bienvenue à la Centrale des espoirs où on vous présentera régulièrement un aperçu du rendement de la relève du Canadien et des plus gros canons qui s’approchent de la LNH. Michael Hage méritait qu’on entame le tout avec lui.
Avant de décortiquer son arsenal, avouons que ça fait un grand bien d’épier des espoirs de son calibre. On est à des années-lumière de la période creuse de la relève montréalaise. En quelques secondes, le talent de Hage saute aux yeux.
Le centre droitier a démarré du bon pied sa deuxième saison avec les Wolverines de l’Université Michigan. Après six rencontres, Hage a déjà amassé 11 points (5 buts et 6 aides).
Hage serait le premier à admettre qu’il a bénéficié d’affrontements moins relevés contre Mercyhurst (deux fois) et Robert Morris (deux fois) pour engranger des points. Mais le patineur de 19 ans a également obtenu deux buts contre Providence.
On s’éloigne tout de suite des statistiques puisqu’on veut vous parler de l’évolution de son jeu.
En regardant ses matchs, il a été facile d’identifier une liste de qualités intéressantes :
-il contrôle mieux l’action sur la patinoire
-il s’offre très bien en option pour ses partenaires
-son tir semble plus affûté
-il sait déjà où il enverra la rondelle avant même de la recevoir
-il parvient à marquer des buts de différentes manières
-il s’implique davantage défensivement et physiquement
Le bémol qui était incontournable, c’est que Hage tente encore parfois d’en faire trop sur la patinoire. On se souvient de quelques séquences où il a essayé des feintes risquées à sa ligne bleue offensive sans support derrière lui. Des jeux auxquels on ne doit même pas songer dans la LNH à moins d’être Connor McDavid, Cale Makar ou Lane Hutson.
D’ailleurs, mon collègue et animateur de la Centrale des espoirs, Daniel Richard, avait ciblé le même point à corriger en épiant son jeu.
Notons aussi que Hage a démontré du progrès au chapitre des mises au jeu. L’échantillon demeure petit, mais sa moyenne a grimpé à 54% comparativement à 45% à sa saison recrue dans la NCAA.
À travers le prochain mois, on aura une meilleure idée de son évolution étant donné que les Wolverines croiseront notamment le fer contre Western Michigan et surtout Penn State, de Gavin McKenna, les 14 et 15 novembre.
L’occasion était donc parfaite pour vous parler de McKenna, il aurait été bête de ne pas s’arrêter quelques instants sur le joyau qui a fait le saut de la WHL au hockey universitaire.
À sa dernière campagne dans le hockey junior de l’Ouest, Mckenna a tout détruit sur son passage avec 129 points en 56 parties. Son départ dans la NCAA n’a pas été aussi éclatant, sans être mauvais, avec six points (1 but, 5 aides) en autant de matchs.
Cela dit, on s’aperçoit tout de suite que le magicien de 17 ans apprend encore à découvrir les trucs qui fonctionneront dans ce calibre plus physique et plus expérimenté. On aurait tendance à croire que ça ne tardera pas et Hage devra être prêt à contrer la machine de Penn State dans trois semaines.
Les liens entre Hage et McKenna ne s’arrêtent pas là puisque les deux attaquants vont, fort probablement, être coéquipiers dans la prochaine mouture d’Équipe Canada Junior.
Fowler en avance techniquement sur Dobes
On enchaîne avec les espoirs évoluant avec le Rocket de Laval. Le club-école du Canadien a savouré trois victoires en quatre parties alors que Jacob Fowler a réparti le travail avec son adjoint Kaapo Kähkonen.
Oui, Fowler a cédé quatre fois lors du premier match, mais il ne pouvait que s’en vouloir sur un but. À sa deuxième sortie, pour l’ouverture locale, Fowler a été peu testé, mais il a été alerte notamment avec un superbe arrêt acrobatique en infériorité numérique.
Ça fait toujours étrange à dire, mais pour l’instant, Fowler est en avance, techniquement, sur Jakub Dobes.
Le Canadien a procédé aux rappels de Joshua Roy et Marc Del Gaizo. Le nom de Del Gaizo a davantage surpris les partisans puisqu’Adam Engstrom semblait avoir une longueur d’avance.
Cependant, Del Gaizo s’avère un choix prudent avec son expérience de 55 parties dans la LNH.
En attaque, Roy devra démontrer qu’il peut exercer un plus grand impact que Beck qui a été trop timide.
On vous propose une petite « carte cachée » pour les prochains mois : Jared Davidson. Il affiche déjà un profil très complet. Son coffre d’outils semble convenir à la LNH.
Filip Eriksson étonne en Suède
On ne croyait pas vous parler de Filip Eriksson pour ce premier volet de la Centrale des espoirs.
Ce choix de sixième ronde en 2023 connaît un début de saison fumant en Suède. En 13 parties, le centre gaucher a récolté 14 points (7 buts et 7 aides).
On a épié plusieurs minutes d’Eriksson, mais on a préféré se tourner vers un recruteur suédois d’une équipe de la LNH.
« C’est l’une des plus belles histoires et surprises cette saison en Suède. Ça s’est joué sur la confiance, il a démontré un gros gain de ce côté et ça l’aide énormément », a évoqué cette source en se gardant une petite gêne.
« Mais je trouve qu’il manque encore trop de jeu physique et il a tendance à rester en périphérie. Je me demande à quel point il pourra s’ajuster pour transposer le tout dans la LNH », a-t-il conclu à propos du patineur de cinq pieds onze pouces et 179 livres.





