MONTRÉAL – « Le seul qui s’est présenté, c’est (Jakub) Dobes… », a déploré Lane Hutson après la troisième défaite consécutive du Canadien contre les Hurricanes de la Caroline.
« Ce n’était pas assez bon de notre part. On n’a pas répondu au défi qui nous attendait. Au moins, on a une autre chance de se reprendre », a poursuivi Hutson qui ne niaise pas avec la rondelle et ses commentaires.
« Ce fut un match merdique de notre équipe, probablement notre pire match à domicile en séries », a ajouté le petit défenseur qui a terminé sa soirée avec un différentiel de -3.
Pourtant, le Canadien avait habitué ses partisans à rebondir de belle manière cette année. C’était même devenu l’une de ses marques de commerce. Dans cette rencontre, la réponse a été un échec.
« Ils jouent du bon hockey et ils rendent notre vie difficile. Mais c’est à nous de trouver plus de réponses individuellement et collectivement. On s’impose des standards plus élevés, on peut mieux jouer », a cerné Alex Newhook qui a remplacé Juraj Slafkovsky sur le premier trio à partir de la deuxième période.
Évidemment, Martin St-Louis et ses adjoints avaient préparé d’autres ajustements pour cette quatrième rencontre. Le hic, c’est que les ajustements n’ont pas rapporté les dividendes escomptés dans les défaites.
« Il y a des ajustements, mais ça prend toujours de l’exécution et de bonnes lectures de jeu. On en manque récemment », a admis St-Louis avec justesse.
Est-ce que la fatigué a causé cette difficulté à corriger le tir contre un adversaire inlassable ?
« Je ne crois pas, on est une jeune équipe qui a atteint la finale d’association, tu peux trouver de l’énergie. On avait plutôt un gros fossé à combler et on ne parvenait pas à générer assez d’attaque », a répondu le capitaine Nick Suzuki.
Son entraîneur partageait son avis. St-Louis a tout de même reconnu que le repos obtenu par les Hurricanes favorise le déploiement de leur style intense.
« C’est sûr que leur énergie est supérieure dans les deux dernières parties », a constaté Phillip Danault.
Avant même le début du match, l’ambiance n’était pas autant survoltée au Centre Bell. On sentait que la foule était inquiète à la suite des deux défaites précédentes. De la manière dont les revers ont été encaissés, le mandat apparaît imposant.
« C’est un défi, un gros défi, mais on garde la tête haute et on aborde la suite un match à la fois », a évoqué Danault.
« Tu peux regarder ça comme une montagne, mais c’est une partie. Je l’ai fait deux ou trois comme joueur et c’est incroyable quand tu arrives de l’autre côté (celui de gagner la série en sept). On doit être forts mentalement et y croire », a confié St-Louis.
Ce tour de force de surmonter un déficit de 1-3, St-Louis l’a accompli en 2011 contre les Penguins, en 2014 encore contre les Penguins et en 2015 contre les Capitals.
« Si Martin l’a fait trois fois, on peut le faire. On est prêts pour ce défi, notre meilleur hockey émerge quand on est acculés au mur. On a été les négligés toute l’année, cette fois on est super négligés », a déclaré Dobes qui est reconnaissant de l’amour des partisans.
Le volet mental sera déterminant pour l’ascension de cette montagne. Mais le Canadien devra aussi rehausser son exécution en limitant les revirements et en trouvant des manières d’atteindre le filet plus souvent.
Dans cette série, le Canadien a accumulé seulement 65 lancers en quatre parties alors que les Canes ont bloqué 68 tirs et ils ont atteint la cible 136 fois.
« On doit être meilleurs pour gagner les confrontations individuelles, on détient les atouts pour réussir. On demeure un groupe affamé. On peut gagner trois matchs de suite », a assuré Alex Newhook.
« On forme une bonne équipe, ça ne devrait pas nous frustrer. On doit puiser dans nos ressources et mieux jouer », a conclu Lane Hutson.










