MONTRÉAL – Deux jours après avoir livré une performance jugée « gênante » et « inacceptable » par son entraîneur-chef, le Canadien a répondu avec un effort un peu plus honorable, mais tout aussi inégal, samedi soir contre les Maple Leafs de Toronto.

 

Et dans la colonne des résultats, il est misérablement arrivé à court. Encore une fois.

 

Claude Julien a cru pendant un moment que ses commentaires cinglants avaient atteint les oreilles concernées. « Mais en deuxième moitié, on s’est effondré et le résultat le démontre », a-t-il constaté après la rencontre.

 

Les Maple Leafs ont en effet marqué deux buts en l’espace de 37 secondes en fin de deuxième période et ont gardé le pied enfoncé sur l’accélérateur en troisième, ridiculisant le CH en poussant le score final à 6-0.

 

Le Canadien a donc mis fin à un séjour de six matchs à domicile avec une troisième défaite d’affilée. Au cours de cette séquence cruciale sur laquelle il comptait pour régulariser sa situation au classement, le Bleu-blanc-rouge n’aura récolté que cinq points sur un total de douze.  

 

Laissé à lui-même, Charlie Lindgren a accordé cinq buts dans un deuxième match de suite et a cédé sa place à Antti Niemi au milieu de la troisième période. Après avoir envoyé la recrue du Canadien aux douches avec son onzième but de la saison, Auston Matthews a accueilli le nouveau venu finlandais dans la partie en complétant son doublé à ses dépens. Le numéro 34 des Leafs, qui revendique déjà quatre buts cette saison au Centre Bell, effectuait un retour au jeu après avoir raté quatre matchs en raison d’une blessure au bas du corps.

 

« Ce n’est pas la faute de Charlie. Il ne peut pas tout faire non plus, a sagement observé Phillip Danault. Il faut trouver le moyen de marquer en premier. On était bon en première période, on aurait dû avoir un but. Ça aurait peut-être changé l’allure de la game, mais on s’est fait avoir... »

 

Insensibles aux déboires de leurs vieux rivaux, les Leafs ont quitté Montréal avec un sixième gain consécutif en poche. Auteur de 33 arrêts, Frederik Andersen a signé un deuxième jeu blanc en autant de sorties, lui qui avait neutralisé les Devils du New Jersey jeudi.

 

Encore deux buts rapides

 

Pourtant, pendant la première moitié du match, les locataires du Centre Bell avaient fait du bon boulot pour contenir un adversaire sur une erre d’aller aussi impressionnante. Les Leafs n’avaient que douze tirs au but à leur actif avant qu’ils ne finissent par ouvrir la machine au milieu de la deuxième période.

 

« Les erreurs nous coûtent très cher »

Mais une fois les valves ouvertes, la réelle valeur des forces en présence est devenue beaucoup plus claire.

 

À 12:07, Tyler Bozak est entré en zone adverse sur l’aile gauche, a semé son couvreur en pivotant sur un dix sous et a repéré Ron Hainsey qui venait soutenir l’attaque. Le tir voilé du défenseur, qui s’est servi de James van Riemsdyk comme écran, a donné contre l’intérieur du poteau à la gauche de Charlie Lindgren et a fini sa course dans les cordages.

 

Dès la remise en jeu, Nazem Kadri a utilisé le même corridor que Bozak pour menacer à son tour. Arrivé au cercle des mises en jeu, il n’a pas pris la peine de chercher un partenaire et a visé la lucarne, qu’il a atteinte via l’ouverture qui se trouvait au-dessus de l’épaule droite de Lindgren. 

 

« C’est sûr que le rythme a changé à ce moment-là, a remarqué Claude Julien. Je ne pense que pas que le deuxième but a nécessairement été causé par un laisser-aller après le premier, mais ça a changé. On avait joué du bon hockey jusque-là, mais les erreurs sur des jeux de base nous coûtent très cher. »

 

La colère de Weber

 

Touché, mais encore loin d’être battu, le Canadien avait encore la chance de montrer ce qu’il avait dans le ventre en troisième période. La réponse n’a pas tardé à être connue. Il n’y avait que 25 secondes d’écoulées au dernier tiers quand Connor Brown, complètement oublié dans l’enclave, a placé un retour de lancer dans le haut du filet.

 

« Je ne sais pas, a répondu Max Pacioretty quand on lui a demandé d’expliquer un début de période aussi amorphe. Tout le monde aura son opinion sur le sujet, j’imagine, mais je ne sais pas. Ils ont fait un jeu et ils ont marqué. On ne veut évidemment pas que ça arrive, mais je n’ai pas la solution présentement. »

 

« Quand on sait qu’on tire de l’arrière par deux buts et qu’on a besoin d’appliquer la pression, c’est notre responsabilité de nous rassembler dans le vestiaire et de trouver les solutions avant de retourner sur la glace. Ce soir, ce sont eux qui ont dicté le rythme en troisième. Il faut apprendre à faire la même chose », a dit Jeff Petry.

 

Pacioretty, qui n’a pas connu un grand match aux côtés de Jonathan Drouin et Alex Galchenyuk, a tenté de secouer ses troupes en servant une solide mise en échec sur Kadri, mais le feu qu’il a allumé n’a pas chauffé le bon banc. D’une part, Kadri a immédiatement répliqué en assénant un percutant coup d’épaule à Shea Weber. Ce dernier s’est relevé d’un trait pour se faire justice et a servi une violente correction à son assaillant, mais la colère du colosse n’a rien changé au niveau d’engagement des siens.

 

Peu de temps après, Bozak a récolté sa deuxième mention d’aide du match sur le but de van Riemsdyk. Les deux buts de Matthews sont ensuite venus ajouter l’insulte à l’injure.

 

Dans une cause vaine, Paul Byron s’est défoulé en engageant le combat avec Nikita Zaitsev.

Le Canadien s'effondre