À la date limite des transactions, plusieurs rumeurs envoyaient Max Pacioretty dans la Sud de la Floride.

 

Une rumeur qui s’appuyait sur des possibilités solides puisque Pacioretty a un pied à terre en Floride, qu’il aurait pu ajouter du punch à une attaque qui en a déjà beaucoup, et que les Panthers avec leur trop-plein au centre et beaucoup de jeunes défenseurs intéressants auraient pu présenter une offre intéressante susceptible de titiller Marc Bergevin.

 

Que ce soit de la Floride, de Los Angeles, de St. Louis ou de n’importe quelle autre ville de la LNH d’où d’autres rumeurs ont émané, les offres susceptibles de permettre de transformer l’une ou l’autre de ces rumeurs en transaction ne sont jamais venues.

 

Pacioretty est demeuré à Montréal au grand désespoir de plusieurs partisans. Il a ensuite été blessé et on ne sait toujours pas s’il sera en mesure de revenir au jeu d’ici la fin d’une saison à oublier autant pour le Tricolore que son capitaine. Pacioretty a patiné en solitaire lundi au Centre d’entraînement Bell de Brossard. Il est donc possible qu’il puisse retrouver ses coéquipiers avant le dernier match qui sera disputé à Toronto le 7 avril.

 

Peu importe que Pacioretty revienne au jeu avant la dernière rencontre, mais surtout en dépit sa saison atroce (17 buts en 64 matchs), le capitaine du Canadien suscite toujours de l’intérêt autour de la LNH.

 

Marc Bergevin et ses homologues des quatre coins de la LNH ne peuvent parler publiquement des joueurs des autres formations et surtout de l’intérêt qu’ils leur vouent en raison des amendes salées qu’ils écoperaient à la suite de tels commentaires.

 

En privé, les langues sont toutefois plus déliées.

 

La semaine dernière, en Floride, dans le cadre de la réunion des directeurs généraux, l’occasion était parfaite pour multiplier les discussions à l’ombre d’un palmier avec la mer en toile de fond.

 

« J’ai frappé à la porte du Canadien pour discuter de Pacioretty. Mais les demandes initiales étaient trop imposantes pour que je me lance dans une négociation », m’a indiqué un des directeurs généraux interrogés sur le dossier Pacioretty.

 

« Aucune équipe qui est dans la course aux séries et qui croit avoir le club pour aller loin ne refuserait d’aller chercher un marqueur de 35 buts comme Pacioretty. Mais si tu veux te rendre au bout, tu ne veux pas non plus donner des joueurs qui sont importants aux succès actuels de ton équipe. C’est pour cette raison qu’il n’est pas toujours facile de bouger de façon significative à la date limite des transactions quand tu es acheteur. J’aurais bien aimé ajouter Pacioretty ou un Pacioretty pour ne pas parler simplement de lui, mais il était hors de question de liquider ma formation pour le faire », a souligné un autre directeur général.

 

Les DG rencontrés en Floride réfutent toutefois les conclusions de plusieurs partisans du Canadien et observateurs qui ont critiqué Marc Bergevin en raison du fait qu’il s’est peut-être montré trop gourmand pour compléter une transaction et profiter du fait que l’équipe qui aurait mis la main sur Pacioretty aurait pu compter sur lui pour deux séries éliminatoires plutôt qu’une, dans l’éventualité d’une transaction au cours de la saison morte.

 

« Max Pacioretty gardera sa valeur que ce soit après la saison, au repêchage, plus tard cet été ou même en début de saison prochaine. Il a connu une année difficile, il a été blessé, mais il n’y a pas un tas de gars capables de marquer 35 buts par année dans la LNH. Ces joueurs ont une très bonne valeur. Marc était gourmand à la date limite avec raison. Il pourra l’être encore. Et peut-être qu’à ce moment-là moi ou une autre équipe pourrons lui présenter de meilleures offres parce que nous n’aurons pas besoin de tous nos joueurs. Je n’ai pas présenté d’offre concrète à la date limite. Ça ne veut pas dire que je n’en déposerai pas au repêchage ou au cours de l’été. Que ce soit pour Pacioretty ou un autre joueur », a lancé un autre homologue de Marc Bergevin.

 

Max Pacioretty n’atteindra pas le plateau des 30 buts pour la première fois depuis la saison 2011-2012 à l’exception, bien sûr, de la saison écourtée de 44 matchs en 2012-2013 au cours de laquelle il a marqué 15 fois, ce qui donnerait 28 buts en effectuant une projection sur 82 rencontres.

 

Avec ses 17 buts, Pacioretty occupe le 124e rang des marqueurs de la LNH. Sa glissade d’accentuera d’ici la fin de la saison s’il n’est pas en mesure de revenir au jeu et d’ajouter quelques buts.

 

Et cette saison lui fait très mal sur le plan statistique.

Pacioretty n'a pas perdu de valeur

 

Car si l’on tient de compte que la saison qui s’achève, Max Pacioretty occupe le 8e rang des meilleurs francs-tireurs de la LNH depuis le début de la saison 2011-2012, sa première saison complète dans l’uniforme tricolore.

 

Avant le début de la saison actuelle – donc entre les saisons 2011-2012 et 2016-2017 – Pacioretty occupait le 4e rang avec ses 189 buts. Alexander Ovechkin (257), Steven Stamkos (202) et Joe Pavelski (192) étaient les seuls qui devançaient Pacioretty dont le nom venait devant ceux des John Tavares et Patrick Kane avec 182 buts.

 

Tavares (215), Kane (208) et Evgeni Malkin (212) devancent maintenant le capitaine du Canadien (206) si on étant l’analyse de 2011-2012 à 2017-2018. Brad Marchand (204) et Jamie Benn (202) pourraient même le rattraper voire le devancer d’ici la fin de la saison.

 

Mais si l’on se fie aux commentaires de plusieurs directeurs généraux croisés la semaine dernière en Floride, cette baisse de rendement n’empêchera pas les clubs qui s’intéressent à Max Pacioretty de frapper à la porte du Canadien. Les grandes questions seront alors : est-ce que le Canadien voudra échanger Max Pacioretty et si oui, à quel point Marc Bergevin se montrera-t-il gourmand dans ces demandes.