À un moment donné, il faudra arrêter de parler de surprises. À un moment donné, il faudra aussi accorder moins d’attention aux matchs que ses adversaires ont en mains, aux victoires en temps réglementaire et en prolongation et offrir au Canadien le mérite qui lui revient.

Ce que je dois faire moi aussi.

 

Car avec sa victoire de 4-1 signée vendredi à Columbus, contre des Blue Jackets qui occupaient le premier rang de la division métropolitaine, contre des Blue Jackets qui sont considérés bien meilleurs que le Tricolore, le Canadien vient de coller quatre victoires de suite pour la première fois de la saison.

 

Il surfe sur une séquence de cinq victoires en six matchs, séquence au cours de laquelle il a marqué 19 buts et en accordé seulement 10. Ce différentiel de plus-9 est impressionnant quand on tient compte de l’anémique attaque massive – blanchi en quatre occasions vendredi, le Canadien n’a que deux buts en 18 occasions lors des six derniers matchs – et du fait que la brigade défensive du Tricolore est toujours considérée comme une brigade plus perméable qu’imperméable.

 

Depuis le premier décembre dernier, le Canadien a signé deux fois plus de victoires qu’il a encaissé de revers comme le confirme sa fiche de 16-8-0.

 

« Gagner devient une habitude », a d’ailleurs souligné Claude Julien après la victoire avant d’ajouter qu’il faudra que son équipe continue à jouer avec la même intensité pour maximiser ses chances de maintenir cette bonne habitude.

 

Dans la cour des grands

 

La fiche de 16 gains lors des 24 derniers matchs hisse le Canadien dans la cour des grands. Rien de moins.

 

Battus 3-1 par les Panthers en Floride vendredi, les Maple Leafs de Toronto n’ont qu’un petit point d’avance sur le Canadien. Et les Bruins que plusieurs, moi le premier, croyaient intouchables devant le Canadien affichent le même nombre de points que le Tricolore.

 

Et vous savez quoi, les Penguins malgré tous les succès des dernières semaines sont derrière le Canadien. Pour combien de temps? Personne ne le sait.

 

Mais peu importe. Le Canadien est en ce moment au milieu du peloton de tête dans l’Est. Derrière le Lightning de Tampa Bay, bien sûr, mais au sein du peloton de tête quand même. Car quand on regarde le classement, les équipes susceptibles de revenir de l’arrière pour se faufiler en séries sont bien plus loin du Canadien que le Canadien est loin des équipes contre qui il se bat en ce moment.

 

Ça n’assure pas encore le Canadien d’une place en séries. Mais chaque victoire du Canadien combinée à un revers des Hurricanes qui ont d’ailleurs perdu 4-1 contre les Sénateurs en Caroline vendredi mousse les chances du Tricolore d’occuper une des deux places réservées aux équipes repêchées en vue des séries.

 

C’est toujours bien ça de gagné.

 

Price de retour parmi les meilleurs

 

Bon! Le Canadien a accordé 35 tirs aux Blue Jackets vendredi. C’est une amélioration en comparaison aux 53 obtenus par les Panthers mardi et aux 43 tirs des Bruins lundi dernier à Boston. Mais 131 tirs en trois matchs ça reste beaucoup. J’ajouterais même beaucoup trop.

Price se dresse devant les Jackets

 

Et le Canadien s’est fait encore une fois un brin et même deux trop généreux en matière de batailles perdues le long des rampes et de revirements dangereux en zone défensive.

 

Des revirements qui auraient pu être coûteux, voire très coûteux, n’eût été la tenue de Carey Price qui a été encore très solide vendredi soir stoppant 34 des 35 tirs des Jackets.

 

« On a eu une mauvaise séquence en deuxième alors qu’on s’est surtout concentré à protéger notre avance, mais nous avons ensuite repris le contrôle de la partie. On a donné beaucoup de tirs, mais même si Carey a effectué de très bons arrêts sur des tirs décochés près de lui, il y a encore eu beaucoup de tirs de l’extérieur ce soir. On a remporté une belle victoire de route contre une équipe agressive qui joue du très bon hockey », a analysé Claude Julien.

 

Tout ça est vrai.

 

Surtout qu’avec une séquence interminable de 17 min 38 s entre son 9e et dernier tir du premier tiers et son 10e obtenu sur le deuxième but de Tomas Tatar à 8 :27 de la période médiane, il serait difficile de dire que le Canadien patinait alors toutes voiles déployées en attaque...

 

Mais avec des arrêts solides sur les meilleures occasions des Jackets, je pense ici à un arrêt de la jambière droite devant Cam Atkinson qui revendique 27 buts cette saison – en passant il a obtenu six des 35 tirs de son équipe – et aussi à Ryan Murray qui a obtenu une échappée en troisième avant de se buter au gardien du Canadien alors que le score était seulement 2-1, Carey Price a su sauver les arrières de ses coéquipiers.

 

Solide Price?

 

Le mot est faible.

 

De fait : la séquence actuelle de 16-8-0 du Canadien a débuté le premier décembre.

 

Et vous savez quoi?

 

Depuis le premier décembre dernier, Carey Price est premier dans la LNH – chez les gardiens comptant 15 départs – avec une moyenne de 2.10 buts alloués par match. Il est aussi premier avec une efficacité de 93,1 %. Il est également premier – avec Jonathan Quick des Kings de Los Angeles et Sergei Bobrovsky des Blue Jackets – pour les jeux blancs avec deux, et partage avec Marc-André Fleury le deuxième rang pour le nombre de victoires avec 12. Un gain derrière le meneur, Martin Jones des Sharks de San Jose.

« C'est le Carey Price qu'on connaît »

 

Price a retrouvé son aplomb. Il a retrouvé sa confiance et surtout celle qu’il génère chez ses coéquipiers. Une confiance qui aide le Canadien garder espoir même lorsqu’il accorde trop de tirs et d’occasions de marquer comme il l’a fait lors des trois derniers matchs. Et même lorsque Price effectue une erreur comme il l’a fait sur le seul but des Jackets vendredi alors qu’il a échappé une rondelle qu’il semblait en voie de contrôler facilement après un arrêt.

 

« Carey joue du très bon hockey pour nous. Ce n’est pas comme si on l’avait perdu pendant deux ans. Il a connu des petites lacunes plus tôt cette saison, mais depuis il est redevenu le Carey qu’on connaît », a nuancé Claude Julien.

 

Il sera intéressant de voir si Price reviendra devant la cage du Tricolore samedi face aux Flyers de Philadelphie ou si Claude Julien ménagera son gardien numéro un en donnant cette partie à Antti Niemi.

 

De la façon dont Niemi s’est dressé devant les Panthers mardi, on comprendrait facilement Julien de faire confiance à son numéro deux.

 

Mais avec seulement un autre match à disputer – mercredi prochain contre les Coyotes de l’Arizona qui feront leur escale annuelle à Montréal – avant la pause du Match des étoiles, Price aura amplement le temps de récupérer avant la reprise des activités.

 

Surtout qu’il doit écouler la suspension d’une partie imposée en marge de sa décision de faire faux bond au Match des étoiles. Une suspension qui l’oblige à rater soit la partie précédant la pause ou la première au retour de l’équipe sur la patinoire, samedi le 2 février alors que les Devils du New Jersey précéderont les Oilers d’Edmonton au Centre Bell dans le cadre du traditionnel week-end du Super Bowl.

 

En bref

 

  • Le Canadien a mis un terme vendredi à une séquence de quatre revers consécutifs à Columbus. Au cours de cette séquence, il avait encaissé 22 buts et s’était contenté d’en marquer cinq. On se souviendra tous – le gardien Al Montoya doit encore en faire des cauchemars – des 10 coups de canon qui avaient résonné lors du revers de 100 encaissé au Nationwide Arena le 4 novembre 2016.
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  • Tomas Tatar a dirigé l’attaque du Canadien avec ses 15e et 16e buts de la saison. Tatar a profité d’un rebond généreux accordé par Joonas Korpisalo sur son premier but. Il faut dire que le gardien des Jackets a bien mal amorcé la rencontre alors qu’il semblait incapable de contrôler les rondelles qu’il bloquait. Korpisalo s’est toutefois repris plus tard dans la rencontre avec quelques bons arrêts dont un de la mitaine qui a privé Tatar d’un tour du chapeau...

 

  • Joel Armia a enfilé deux buts dans une cage déserte en toute fin de rencontre. Il serait passé à l’histoire à titre de premier joueur du Canadien à marquer deux fois dans un même match dans un filet désert, n’eût été fait que Joonas Korpisalo n’avait pas encore eu le temps de retraiter au banc avant qu’Armia ne touche le fond du filet. Le Finlandais a néanmoins profité de la situation pour marquer ses 5e et 6e buts de la saison...

 

  • Bien qu’il n’ait pas marqué vendredi, Artturi Lehkonen a obtenu six des 26 tirs du Canadien en plus d’obtenir un différentiel de plus 4, un différentiel un brin gonflé à l’hélium puisqu’il était sur la patinoire pour les deux buts marqués en fin de rencontre par Joel Armia...
    Ce n'est pas comment, c'est combien

     

  • Max Domi a également moussé sa production offensive en fin de rencontre récoltant ses 27e et 28e passes sur les deux buts d’Armia...

 

  • L’attaque massive du Canadien a non seulement fait chou blanc en trois occasions, mais elle n’a pas été fichue d’obtenir un seul tir au filet...

 

  • Les joueurs du Canadien ont bloqué seulement sept tirs des Blue Jackets vendredi. Et seuls les défenseurs y sont arrivés. Jeff Petry et Shea Weber ont été les meilleurs avec trois tirs bloqués chacun. Le troisième tir bloqué par Weber est survenu en fin de rencontre alors que le capitaine a mis un terme à une poussée des Jackets qui ne tiraient alors de l’arrière que par un but. C’est à la suite de ce tir bloqué qu’Armia a marqué le premier de ses deux buts dans une cage abandonnée. Le capitaine a d’ailleurs récolté sa neuvième passe sur la séquence...
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