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Après trois matchs excitants et prometteurs disputés en Caroline, à Toronto et Buffalo, le Canadien a fait faux bond à ses partisans jeudi. Il a disputé un match sans émotion. Un match sans tempo. Un match sans... rien!

 

Un match « plate ».

 

Un gâchis de partie. Un gâchis à l’image de la cérémonie qui a précédé cette rencontre qui devait pourtant servir de tremplin aux 40 prochaines parties disputées au Centre Bell. Des matchs dont le Tricolore devra tirer profit pour se rendre en séries. Ou à tout le moins s’offrir des chances d’y accéder.

 

Il devra se reprendre.

 

Car exception faite de Carey Price qui, en dépit d'un but faible accordé en fin de première période, a multiplié les arrêts et profité de la complicité de ses poteaux pour garder son club dans le coup, le reste de l’équipe n’a pas été à la hauteur.

 

Et la barre n’était pas très haute dans le cadre de cette rentrée au Centre Bell. Je sais : il n’y a pas de matchs faciles dans la LNH d’aujourd’hui. Il y en a quand même des moins difficiles que d’autres. Et comme les Wings se battront avec les Sénateurs d’Ottawa pour le dernier rang dans la division Atlantique et qu’ils devraient avoir des probabilités intéressantes dans le cadre de la loto-Alexis – Alexis Lafrenière – en vue du prochain repêchage, le Canadien aurait normalement dû prolonger à 10 sa série de victoires consécutives contre Detroit.

 

Mais pour gagner, ou au moins mériter de gagner, le Canadien se devait de jouer bien mieux qu’il ne l’a fait.

 

Encore du hockey de rattrapage

 

Les cafouillages défensifs, les sorties de zone brouillonnes, les passes ratées, les batailles perdues ont miné les chances de victoire du Tricolore qui ne méritait d’aucune façon de niveler le score en fin de match. Il ne méritait pas plus d’ajouter un point prime, voire une victoire, en prolongation ou en tirs de barrage comme il l’a fait lors des trois premières rencontres de la saison.

 

« Ce sera le fun de jouer avec une avance de temps en temps », a convenu Jonathan Drouin après la rencontre, mettant ainsi le doigt sur l’un des bobos qui pourraient s’infecter rapidement si le Canadien continue à ne pas s’occuper de problème.

 

Drouin et ses compagnons de trio KK et Joel Armia ont été les moins pires du CH jeudi. Mais Drouin a eu raison de souligner qu’à force de se retrouver avec des reculs à combler, il est normal que le club manque de souffle de temps en temps.

 

Surtout dans le cadre d’un deuxième match en deux soirs.

 

Quoique Max Domi m’a répondu un « NON! » aussi lourd que le tir frappé de Shea Weber lorsque je lui ai demandé si le fait d’avoir joué deux matchs en deux soirs avait empêché le Canadien d’afficher la fougue qui l’a aidé à effectuer les remontées offertes à ses partisans lors des trois premiers matchs.

 

Mais pour orchestrer une remontée, il aurait fallu que le Canadien joue du bon hockey. Devant des Wings que se repliaient à quatre, voire à cinq, à la ligne bleue, les joueurs du Canadien se sont mis à jouer du hockey individuel et de tenter de les déjouer les cinq un après l’autre.

 

Serez-vous surpris si je vous annonce qu’ils n’ont pas réussi? Qu’ils ne sont même pas passé proche réussir. Même Joel Armia, sans doute lui-même ébloui par ses succès offensifs en début de saison, s’est pris pour Mario Lemieux en entrée de zone des Wings alors que Carey Price avait été rappelé au banc à la faveur d’un sixième attaquant.

 

Il a perdu la rondelle et Detroit a marqué le but qui scellait l’issue du match.

 

Les remontées des trois premiers matchs ont permis d’amasser quatre points sur les six à l’enjeu et de pousser un peu tout le monde à mettre des lunettes roses pour analyser les trois premières rencontres.

 

Soudainement, ce ne sont plus les quatre points au classement qui sautent aux yeux. Mais bien le fait que le Canadien n’affiche qu’une victoire après quatre matchs.

 

Pas de quoi paniquer. Je sais.

 

Mais encore hier, le Canadien a été poreux en défensive. Il l’a encore été en désavantage numérique permettant à Anthony Mantha d’inscrire son sixième but de la saison déjà.

 

Après le but accordé aux Wings sur les deux attaques massives qu’ils ont obtenues, le Canadien a maintenant concédé cinq buts en 15 supériorités numériques. Ça lui donne une efficacité bien inefficace de 66,6 % à court d’un homme.

 

C’est très mauvais!

 

Le Canadien a aussi été encore hier bien trop généreux en matière de tirs de qualité offerts à ses adversaires.

 

Ces deux tendances préoccupantes après les trois premiers matchs penchent lentement mais sûrement vers la section «inquiétante» sur le baromètre.

 

Cérémonies ratées

 

Le Canadien a 40 matchs pour se reprendre. Et il se reprendra sans doute de temps en temps. Peut-être même qu’il le fera dès samedi alors que les champions de la coupe Stanley seront au Centre Bell.

 

Mais il sera impossible de faire oublier la mauvaise impression que le match d’ouverture a encore laissée jeudi.

 

Il faut dire qu’après une cérémonie aussi prévisible et moche que celle que le Canadien a orchestrée pour lancer sa saison à domicile, on pouvait facilement s’attendre à ce que l’équipe patine dans la mélasse comme elle l’a fait.

 

Bravo pour la chorale. Pour les membres de la chorale des petits chanteurs de Laval dont les voix et les harmonies n’étaient rien de moins que sensationnelles. Mais était-il si compliqué de leur offrir des chandails aux couleurs du Canadien au lieu de donner l’impression qu’ils n’étaient que des partisans parmi tant d’autres ayant décidé de se regrouper dans un coin du Centre Bell pour nous offrir un si bel Alléluia de Leonard Cohen?

 

Et le flambeau passé d’un joueur à un autre. Il me semble qu’on pourrait trouver mieux? Non?

 

J’aime bien le flambeau. Je considère qu’il sert encore très bien de lien entre le passé glorieux de cette organisation et son présent qui l’est beaucoup moins. Mais bon Dieu que l’utilisation du flambeau a dû faire rager des anciens pour qui il voulait dire quelque chose.

 

Exception faite de Weber, de Danault, de Drouin qui a reçu un très bel accueil en passant, un peu de Gallagher et bien sûr de Carey Price qui a été le plus chaudement ovationné, les autres ont reçu le flambeau dans une complète indifférence.

 

Les Armia, Lehkonen, Thompson et autres joueurs qui sont loin de soulever les passions ont eu droit aux applaudissements de leurs blondes, de leurs parents ou de leurs enfants en guise d’accueil.

 

Un point c’est tout.

 

Même Jeff Petry a été froidement accueilli. Et il méritait bien mieux.

 

Pas surprenant que le Tricolore ait amorcé le match sur les talons et qu’il ait patiné sur la bottine pour le reste de la rencontre.

 

Je ne suis pas metteur en scène, concepteur de spectacle ou chorégraphe. Je suis un spectateur. Je regarde, j’écoute et je ne demande qu’à être impressionné.

 

Et hier, exception faite de la chorale et des voix de ceux et celles qui la compose, il n’y avait rien de rien d’impressionnant. C’était même désolant.

 

À l’image du match offert par la suite...

 

Enfin une victoire pour Bernier et les Wings

 

Si les partisans du Tricolore sont sortis déçus du Centre Bell, Jonathan Bernier et son entraîneur-chef Jeff Blashill en sont sortis soulagés.

 

« Il commençait à être temps », a convenu Jonathan Bernier qui a célébré sa première victoire en carrière au Centre Bell et sa deuxième seulement en 16 décisions contre le Canadien.

 

« C’est toujours plaisant pour un Québécois de venir jouer ici. Je ne sais pas pourquoi, mais je n’avais jamais eu de chance. Ce n’est pas comme si j’avais toujours connu de mauvaises parties, mais je ne gagnais pas. À un moment donné, je me suis même demandé s’il ne valait pas mieux dire aux membres de ma famille de ne pas venir au match pour changer la chance », a admis le gardien québécois qui a accordé deux buts sur 35 tirs jeudi.

 

Après neuf revers de suite, Jeff Blashill a aussi changé sa routine afin de peut-être aider à changer le cours des choses.

 

« Normalement, je m’offre deux hot-dogs en arrivant ici avant le match. Ce soir, j’en ai enfilé trois. Et j’en mangerai trois encore à notre prochaine visite », a lancé le coach des Wings en riant.

 

Plus sérieusement, Blashill a admis qu’il était bien conscient de ces statistiques négatives, mais qu’il s’assurait de ne pas en faire un plat.

 

« Je n’ai pas abordé la séquence de neuf revers avec les joueurs. Je leur ai parlé du fait que Montréal a terminé devant nous l’an dernier et que si nous voulons escalader le classement dans notre division, nous devons battre le Canadien. On a pris les moyens pour le faire. »

 

Même stratégie avec les statistiques personnelles de Bernier?

 

« Je savais qu’il n’avait jamais gagné ici. Mais depuis qu’il est avec nous, les revers n’étaient pas imputables à Jonathan. On jouait de mauvais matchs devant lui. Son ratio victoires et revers n’était pas bon, mais sa moyenne de buts alloués (3,32 BA/M) et son efficacité (89,6 %) n’étaient pas si mauvaises. Et ce n’est pas comme si les statistiques de Jimmy étaient étincelantes contre Montréal non plus », a conclu Blashill avec raison.

 

Car en carrière, Jimmy Howard présente un dossier de 4-10-2 contre le Canadien avec une moyenne de 4,03 buts accordés par match et une efficacité de 85,8 %.

 

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