La défaite en prolongation du Canadien aux mains des Maple Leafs laissera sans doute un goût amer dans la bouche de nombreux partisans qui auraient tant aimé une victoire aux dépens de l’ennemi venu de Toronto accompagné de plusieurs centaines de partisans.

 

Surtout que le Canadien a bousillé une occasion en or de l’emporter alors qu’il a joué en avantage numérique – quatre contre trois – durant les premières 88 secondes de la prolongation. C’est bien assez long 88 secondes pour marquer un but en attaque massive. Surtout à quatre contre trois.

 

« Un match qu'on voulait absolument gagner »

Mais, comme il l’avait fait lors de ses trois premières supériorités numériques, le Canadien n’a pas été assez combatif et incisif pour en profiter.

 

Ce qui a ensuite ouvert la porte toute grande aux Leafs qui eux ont su en profiter.

 

Les présences de Joel Armia à quatre contre trois et celle d’Artturi Lehkonen lorsque les deux équipes ont repris l’action à trois contre trois ont aussi soulevé des questions et laissé des goûts amers dans la bouche des partisans déçus.

 

Je l’ai écrit plusieurs fois et je vais l’écrire encore. Armia est un bon soldat. Il gagne des batailles le long des rampes. Il protège bien la rondelle. Il est gros. Il est droitier. Voilà une liste de bien belles qualités.

 

Mais comme Armia est toujours en quête d’un premier but en avantage numérique en 179 matchs en carrière dans la LNH, il doit bien y avoir une raison pour expliquer cette disette.

 

Du moins il me semble...

 

Et bien que le Canadien ne compte pas sur une tonne de francs-tireurs, il y a quand même quelques gars qui affichent de meilleurs résultats en attaque massive depuis le début de leur carrière.

 

Mettons!

 

Lehkonen à trois contre trois? Ça aussi c’est difficile à encaisser.

 

Que Claude Julien tienne à amorcer une séquence à trois contre trois avec Phillip Danault au cercle des mises en jeu, ça se comprend facilement. Le contrôle de la rondelle était la clef à trois contre trois, le coach y va avec son centre le plus efficace afin de mousser les chances de commencer avec la rondelle au lieu de courir après.

 

L’ennui c’est que Danault, qui a connu une rare soirée difficile samedi, a perdu la mise en jeu.

 

Contre les trois joueurs immensément doués offensivement envoyés dans la mêlée par Mike Babcock – John Tavares, Mitch Marner et Morgan Rielly – Claude Julien a décidé de jouer de prudence en faisant appel à Petry et Lehkonen pour compléter Danault.

 

Le talent offensif a eu raison sur l’énergie défensive et les Leafs ont gagné.

 

Aucun complexe face aux Leafs

 

Si les Leafs ont gagné, ça veut dire que le Canadien a perdu. Mais bien plus que le point prime obtenu parce que ce revers est survenu au-delà les 60 minutes réglementaires, je qualifie cette défaite de... convaincante.

 

Car pendant les 60 premières minutes de jeu, le Canadien a tenu tête aux Maple Leafs. Fort de la victoire aussi convaincante que surprenante aux dépens des Jets de Winnipeg, jeudi, le Canadien a amorcé le match avec force, il a maintenu une bonne cadence et jamais, ou presque, on l’a senti déclassé par un club plus fort.

 

À l’image du match de jeudi contre Winnipeg, le Canadien a su faire taire les canons des Leafs. Avant que Tavares ne marque en prolongation, on ne l’avait pas vu beaucoup au cours des 60 premières minutes. Pas plus que Marner. Pas plus que Matthews non plus. Quant à Rielly – le défenseur vedette que tous les partisans des Leafs et plusieurs collègues qui militent en sa faveur dans la course au trophée Norris – il s’était surtout fait remarquer pour des erreurs bêtes avant de célébrer le but de la victoire.

 

Malgré la défaite, le Canadien n’a jamais donné l’impression d’être un club complexé face à un adversaire que plusieurs considèrent bien plus fort.

 

Et ça, ça vaut bien plus que le point prime obtenu dans la défaite. D’où ma prétention selon laquelle le Canadien a encaissé samedi soir un revers convaincant.

 

Car j’ai nettement l’impression que Mike Babcock est rentré à la maison bien moins convaincu du potentiel de victoire de ses Leafs dans un éventuel face-à-face avec le Canadien en séries éliminatoires que Claude Julien peut l’être encore ce matin.

 

Après la défaite, Claude Julien a insisté sur la récolte de huit points sur les 10 à l’enjeu dans le cadre des cinq matchs disputés au Centre Bell depuis le retour de la pause du Match des étoiles et du congé statutaire dont a profité son équipe.

 

Au-delà ces huit points, c’est bien davantage la récolte de trois points lors des deux derniers matchs face à des forces de la LNH qui est la plus encourageante. Du moins à mes yeux.

 

Car si le Canadien est en mesure de non seulement tenir tête, mais de rivaliser avec des adversaires comme les Jets et les Leafs, il mérite vraiment d’être considéré comme un club capable d’accéder aux séries.

 

Il ne reste qu’à y arriver!

 

L’effet Shaw

 

On a souvent parlé de l’effet Gallagher pour expliquer les succès du Canadien.

 

Après une absence de 15 matchs, Andrew Shaw n’a eu besoin que d’une présence pour souligner son importante au sein de la formation. Shaw n’est pas une vedette. Loin de là. Mais il sait relever les défis qui lui sont donnés par ses entraîneurs, ses coéquipiers… et ses adversaires.

 

Shaw peut marquer des buts, il l’a fait en faisant dévier le tir de Jeff Petry pour lancer le Canadien en avant 1-0 dès la 51e seconde du match. Il peut orchestrer des poussées offensives comme il l’a fait pour préparer le troisième but du Canadien – en attaque massive s’il vous plaît – il est bon défensivement, il est solide dans les coins et le long des bandes, il peut aussi actif et dérangeant que Brendan Gallagher.

 

Je suis d’ailleurs convaincu qu’il est à sa place à la droite de Max Domi au sein d’un trio complété par Tomas Tatar. De fait, entouré de ces deux joueurs capables de compléter ses jeux, Max Domi devrait songer à cesser de vouloir tout faire seul et à profiter de ses compagnons de jeu un peu plus. Ça servirait la cause de son équipe un brin ou deux.

 

Bon! Vous direz qu’avec deux passes à son actif, Max Domi a quand même participé au deux tiers des buts de son équipe samedi. Et c’est vrai. Mais Domi s’est tellement accroché à la rondelle qu’il l’a perdue plusieurs bonnes occasions de décocher des tirs au filet ou d’offrir à ses compagnons de trio l’occasion de le faire.

 

Lorsqu’il évoluait en compagnie de Charles Hudon et de Matthew Peca, on pouvait comprendre Domi d’être un brin égoïste avec la rondelle. Mais avec Tatar et Shaw, il n’a plus aucune raison de l’être.

 

Et en passant, comme Andrew Shaw affiche 16 buts en attaques massives sur les 104 à son actif dans la LNH, peut-être qu’il pourrait remplacer Joel Armia en supériorité numérique.

 

Je lance ça comme ça!

 

En bref

  • Débarqué au Centre Bell avec une fiche de neuf buts et 12 points en huit matchs en carrière face au Canadien, Auston Matthews a été bien discret samedi. Il a mis Carey Price vraiment à l’épreuve une seule fois, il a terminé sa soirée de travail avec un différentiel de moins-2 en plus d’écoper une pénalité mineure...
     
  • Frédérik Gauthier a été blanchi de la feuille de pointage samedi soir face au Canadien. Le gros joueur de centre aurait pourtant facilement mérité deux mentions d’aide pour le travail accompli sur les deux premiers buts des Leafs. Son travail efficace en échec avant a emboîté le Canadien en zone défensive et a ouvert la porte au but d’Andreas Jonhsson. Sa présence imposante devant le filet – combinée à celle de Michael Chaput qui le couvrait dans l’enclave – de Carey Price a empêché le gardien du Canadien de voir venir le tir anodin de Nikita Zaitsev qui a hérité d’un but gratos. Gauthier pourra se consoler avec un différentiel de plus-2 et les compliments de son coach...
     
  • Si le quatrième trio des Leafs a eu autant de succès, c’est tout le contraire pour le quatrième du Canadien qui n’a pas fait le poids contre lui. Avec l’acquisition de Dale Weise des Flyers de Philadelphie samedi, les candidats qui bataillent une place au sein du quatrième trio devront s’assurer d’être efficaces. Car bien qu’il amorcera son retour au sein de l’organisation du Canadien avec le club-école, à Laval, Weise sera un sérieux candidat pour venir renflouer ce quatrième trio qui ne produit pas beaucoup, voire pas assez, il faut l’admettre...
     
  • Le Canadien a dominé les Leafs avec 72 tirs tentés – 38 cadrés, 27 bloqués en défensive et 10 hors cible – contre 59 – 32 cadrés, 14 bloqués en défensive et 13 hors cible – pour Toronto...
     
  • Malgré cette statistique qui témoigne d’un plus grand temps de possession, le Canadien a asséné près de trois fois plus de mises en échec (49) que ses adversaires (16) ce qui est rare, car l’équipe qui frappe le plus est habituellement celle qui a passé la soirée à patiner pour récupérer la rondelle. D’autre signes qu’en dépit la défaite, le Canadien a réellement tenu tête aux Leafs sur plusieurs fronts…
     
  • C’est congé pour le Canadien dimanche. Reprise de l’entraînement lundi alors que les prochains matchs seront jeudi et samedi prochain seulement : à Nashville contre les Predators d’abord puis à Tampa Bay contre le Lightning...
     
  • Bon dimanche!