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Jean-François Houle ne regrette rien de sa décision

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Jean-François Houle

MONTRÉAL – Dans son ancienne vie, Jean-François Houle serait peut-être en train de diriger en séries éliminatoires. Les cris d'une foule en liesse, l'adrénaline d'un match numéro 7, le rêve d'une promotion avec le grand club.

On l'a plutôt retrouvé, vendredi dernier, dans l'anonymat d'un vestiaire d'un aréna de quartier. L'ancien entraîneur du Rocket de Laval était de passage dans l'ouest de Montréal pour participer au camp Apex, une fin de semaine d'évaluation pour les joueurs québécois qui rêvent de décrocher une bourse dans une université américaine.

C'est le genre de mandat qui fait partie de sa nouvelle description de tâche en tant que patron du programme de hockey masculin de l'Université Clarkson. Ce n'est pas aussi glamour que de travailler au développement des plus beaux espoirs du Tricolore, mais c'est la vie qu'il a choisie et il ne le regrette pas.

« J'ai tout le temps aimé ça, avoir mon mot à dire sur les joueurs que tu choisis. Comme instructeur, c'est plaisant de pouvoir dénicher des joueurs qui complémentent la manière dont tu veux jouer. C'est un peu la même chose quand tu es dans le junior majeur, quand j'étais avec l'Armada. C'était le fun de parler des joueurs, de débattre sur ceux qui pourraient nous aider. »

« Dans mes dix années chez les professionnels, je n'ai pas eu à aller dans les arénas et à recruter, rien de même. C'est sûr que se remettre dedans, ce n'est pas super facile. Mais un coup que t'es parti, t'es correct. »

Dix mois après son départ subit de l'organisation du Canadien, Houle est plus que correct. Au plan personnel, sa vie à Potsdam, une petite ville de l'État de New York où l'ont suivi sa femme et leurs enfants, le comble. Son fils et sa fille aînée poursuivent leurs études universitaires à proximité.

Il aime l'endroit et il y jouit d'une sécurité d'emploi dont il n'aurait pu rêver au hockey professionnel.

Au plan sportif, son équipe a surpassé les attentes. Elle s'est classée au deuxième rang du classement de la division ECAC en saison régulière en récoltant neuf points de plus que la saison précédente. Elle s'est ensuite inclinée contre l'Université Cornell en finale du tournoi de fin de saison. C'était la première fois depuis 2019 que Clarkson atteignait la finale du tournoi de sa conférence.

Pour cette transition réussie vers le hockey universitaire, Houle a reçu le titre d'entraîneur de l'année dans l'ECAC. « C'est sûr que c'est une fierté », dit-il.

« Mais là ça reste qu'après une année comme celle-là, il faut continuer dans ce sens-là. Les attentes seront un peu plus hautes, mais c'est correct. C'est comme ça que tu bâtis des bons programmes. »

L'influence du pro

On peut sortir le coach du hockey professionnel, mais on ne peut pas sortir le hockey professionnel du coach. Dans son nouvel environnement, devant une clientèle complètement différente, Houle a voulu rester fidèle aux principes qu'il avait développés et qui lui avaient valu du succès avec le club-école des Oilers d'Edmonton et celui du Canadien.

« Nos joueurs, quand je les ai rencontrés en début d'année, ils voulaient qu'on les traite comme des pros, note Houle. C'est ça qu'on a fait et je pense que ça a bien fonctionné. »

Par exemple, il a réduit de moitié la durée des séances d'entraînement. « On faisait des 45 minutes très intenses. Short, but hard. Je pense que les joueurs ont beaucoup aimé ça. On a aussi fait beaucoup d'habiletés avant ou après les pratiques. Je pense que c'est un point très important pour les joueurs de NCAA. Vu que tu ne joues pas beaucoup de matchs, tu as plus de temps pour pratiquer des trucs spécifiques. »

Le fils de l'ancien DG du Canadien a aussi intégré dans son discours le mot en « C » cher à tout entraîneur, la constance, et son équipe a su éviter les gros dérapages. Elle en a arraché un peu en janvier, mais s'est ressaisie pour terminer la saison sur sept victoires consécutives. « Dans un calendrier de 34 matchs, tous les matchs sont vraiment importants. Ça, ça été un ajustement pour moi », admet-il.

Dans une entrevue où le temps était compté, c'est Houle qui a lui-même fini par insérer son ancienne équipe dans la discussion.

« Je suis très heureux aussi de voir que Laval va super bien. Pascal Vincent a fait toute une job et je suis très heureux de voir qu'ils ont du succès », assure celui qui a quitté le Rocket trois semaines après avoir signé une prolongation de contrat.

Il se réjouit d'avoir vu Emil Heineman et Jakub Dobeš faire leur place avec le grand club. « Il n'y a rien qui me surprend. Je pense qu'ils ont une très bonne équipe. Les joueurs qui ont réussi à se dénicher un poste en haut, ce sont des joueurs qui ont travaillé pour et qui le méritaient. »

Les mêmes mots pourraient être utilisés pour décrire sa propre trajectoire, même si le monde extérieur pourrait l'interpréter comme un pas vers l'arrière.

« C'est un nouveau défi, un défi complètement différent. J'ai la charge d'un programme au complet, j'ai carte blanche sur tout ce que je fais. C'est une belle opportunité de continuer dans le hockey dans un endroit que j'aime. Je suis très satisfait de ma décision. »