OTTAWA – Alexis Lafrenière a dû patienter longtemps avant de s’établir sur la première vague de l’avantage numérique. Cette utilisation et une maturité accrue ont provoqué une production qui pulvériserait ses sommets personnels.
Même si Lafrenière est encore tout jeune – il a célébré son 25e anniversaire le 11 octobre – il a entamé sa septième saison dans la LNH. Jusqu’ici, sa meilleure récolte s’est arrêtée à 57 points.
Après 12 matchs, le Québécois a déjà amassé 14 points (8 buts et 6 aides) pour se hisser dans le top-15 de la LNH et sa cadence actuelle l’approcherait du plateau des 100 points.
La saison 2026-2027 pourrait devenir celle de sa grande éclosion. Les partisans et les dirigeants des Rangers s’en réjouiraient alors que les attentes sont élevées à son endroit depuis qu’il a été repêché au premier rang en 2020.
A-t-il l’impression d’avoir atteint le niveau qu’il désirait?
« Oui, je pense. La saison est jeune et tu peux tout le temps t’améliorer, mais c’est sûr que le début de saison va bien. Il faut rester constant », a résumé Lafrenière au micro de RDS.
La vérité, c’est que Lafrenière se voit enfin confier l’utilisation digne d’un premier choix au repêchage et il était prêt à en assumer les responsabilités.
« Je joue avec de la confiance et j’ai beaucoup de temps de glace avec de très bons joueurs. Notre trio a développé une belle chimie. On est trois gars très offensifs, ça aide à créer de l’attaque », a évoqué Lafrenière alors qu’on ne se souvenait pas de l’avoir vu aussi détendu en entrevue.
Le trio de Lafrenière (avec Mika Zibanejad et Gabriel Perreault) a contribué à la fiche (7-4-1) quelque peu surprenante des Rangers.
Propulsé dans la ville enivrante de New York à un jeune âge, Lafrenière a développé sa maturité au fil du temps.
« C’est sûr que quand tu arrives à 18 ans, tu n’es pas la même personne à 25 ans. Tu apprends beaucoup en ayant été dans la LNH pendant six ans. J’ai joué avec plusieurs très bons joueurs et j’ai pu apprendre d’eux. Ça aide d’avoir de l’expérience, un peu de millage. »
— Alexis Lafrenière
L’entourage de Lafrenière a remarqué cet élan de maturité qui se traduit, surtout depuis deux ans, dans un plus grand engagement dans son développement. Son sérieux a atteint un autre niveau.
Ça se reflète également dans son jeu. Lafrenière s’est investi dans l’approche de Mike Sullivan qui est déjà son quatrième entraîneur-chef avec les Rangers. Depuis l’an dernier, Sullivan l’a défié à devenir plus complet et pas uniquement du côté défensif.
Ce défi s’est transformé grâce aux bons résultats. Il doit désormais prouver qu’il peut maintenir ce rendement pendant une saison complète.
« Ce sera toujours son défi. Son jeu a maturé et le crédit lui revient. Le défi de Laf est désormais d’amener les bonnes intentions dans chaque match et chaque entraînement. Il émerge comme l’un de nos meilleurs joueurs et meneurs. C’est l’une des responsabilités des meneurs. À mes yeux, Laf a évolué énormément », a cerné Sullivan.
Offensivement, Sullivan voulait que Lafrenière soit en mesure de créer de l’attaque profondément en zone offensive. Défensivement, il a raffiné son positionnement, les détails avec son bâton et son côté compétitif dans les duels.
Kreider se réjouit pour Lafrenière
Lafrenière a pu remarquer de tels détails chez des vétérans des Rangers comme Chris Kreider qui a été son coéquipier pendant cinq saisons à New York.
Lundi, on a abordé Kreider pour bavarder du départ enflammé de Lafrenière.
« C’est un bon jeune, je suis très content pour lui. J’ai adoré mon temps à ses côtés. Il n’y a aucune limite pour son potentiel. Il travaille fort et il a toujours eu la bonne attitude avec un sourire au visage, il adore le hockey. Évidemment, il possède une tonne de talent et il est encore jeune. On verra ce qu’il pourra accomplir », a exposé Kreider.
Vendredi, durant la pratique à Ottawa, Lafrenière a effectué sa meilleure imitation de Kreider en faisant dévier plusieurs rondelles devant le filet. Le numéro 13 des Rangers est reconnaissant d’avoir pu épier Kreider.
Lafrenière a affiché une redoutable efficacité de près de 35% sur ses lancers en 12 matchs. Ce pourcentage réduira inévitablement et c’est là que chaque truc sera le bienvenu pour réussir sa saison la plus productive en carrière et aider les Rangers à tenir le coup en l’absence du gardien Igor Shesterkin.