La longue attente pour voir les meilleurs joueurs de hockey du monde s’affronter dans un tournoi international a été à la hauteur du battage médiatique.
Quatre des sept matchs de la phase éliminatoire du tournoi olympique masculin des Jeux de Milan-Cortina se sont terminés en prolongation. Ce fut notamment le cas de la finale pour la médaille d’or qui a opposé les États-Unis au Canada dans un match d’une haute intensité et âprement disputé.
Ce sport a mérité l’attention qu’il a reçue lors du retour de la LNH aux Jeux après une absence de 12 ans.
« On ne peut pas faire mieux », a déclaré l’attaquant américain Vincent Trocheck. « Ils doivent le répéter. »
C’est ce qui est prévu.
La LNH, l’Association des joueurs de la LNH et la Fédération internationale de hockey sur glace ont conclu un accord pour participer aux Jeux de 2030 dans les Alpes françaises, en attendant la finalisation d’un accord avec le Comité international olympique. Mais la prochaine occasion de voir s’affronter les meilleurs pays n’est pas si lointaine : la Coupe du monde de hockey doit avoir lieu en février 2028.
La LNH et l’AJLNH sont sur la même longueur d’onde sur de nombreuses questions, notamment l’objectif d’établir un calendrier international avec ce type de tournoi tous les deux ans. La FIHG est également d’accord.
« Du point de vue de la LNH et de l’AJLNH, le monde du hockey se porte mieux lorsque l’Association des joueurs et la ligue coopèrent et, à l’échelle internationale, lorsque ces trois organisations collaborent, le monde du hockey se porte mieux », a déclaré le commissaire de la LNH, Gary Bettman.
« Cela nous donne l’occasion de développer ce sport dans des régions où nous ne sommes pas aussi forts qu’en Amérique du Nord, par exemple, et nous sommes impatients de poursuivre notre collaboration avec (le président de l’IIHF, Luc Tardif) afin de continuer à développer ce sport. C’est notre objectif, et plus nous trouverons de choses à faire ensemble, mieux ce sera pour tout le monde. »
Il s’agissait des sixièmes Jeux olympiques avec des joueurs de la LNH depuis que pareille initiative a été mise de l’avant, en 1998, lors des Jeux de Nagano, au Japon. Le fait d’avoir fait l’impasse en 2018 et que l’édition de 2022 ait été perturbée par la pandémie a mené beaucoup de gens à Milan à déplorer la situation. Toutefois, d’une certaine manière, cette absence a rendu l’expérience encore plus agréable.
« Cela fait si longtemps depuis la dernière fois », a souligné le défenseur canadien Drew Doughty. « J’aurais préféré que cela ne se passe pas de cette façon, mais c’est ainsi. »
C’est la première fois que les États-Unis gagnent la médaille d’or en hockey masculin aux Jeux olympiques lorsque les joueurs de la LNH y participent. Le Canada avait gagné les deux précédents tournois et trois des quatre derniers.
Pour les États-Unis, il s’agissait aussi de leur premier triomphe en hockey masculin aux Olympiques depuis le « Miracle sur glace » de 1980, bien que le seul élément miraculeux du match ultime de dimanche soit la performance de Connor Hellebuyck, qui a livré l’une des meilleures prestations par un gardien de but dans l’histoire des tournois internationaux de hockey.
« Il a été de loin notre meilleur joueur », a analysé Jack Hughes après avoir marqué le but en or en prolongation, alors qu’il avait perdu une ou deux dents à la suite d’un coup de bâton au visage plus tôt dans le match.
Le but de Hughes est survenu moins de deux minutes après le début de la prolongation à trois contre trois, ce qui est peut-être l’élément le plus critiqué à Milan et qui devrait changer à l’avenir, du moins dans le match pour la médaille d’or et probablement dans la Coupe du monde organisée par la LNH et l’AJLNH.
L’entraîneur-chef canadien Jon Cooper a déclaré que jouer à trois contre trois au lieu de cinq contre cinq, comme c’est le cas dans les matchs éliminatoires de la LNH, « n’est plus du hockey ».
« Il y a une raison pour laquelle les prolongations et les tirs de barrage sont utilisés : tout est dicté par la télévision pour mettre fin aux matchs, afin qu’ils ne durent pas trop longtemps », a expliqué Cooper, faisant référence à la façon dont les matchs sont disputés dans la ligue pendant la saison régulière.
« Il y a une raison pour laquelle le trois contre trois n’est pas utilisé lors de la finale de la Coupe Stanley ou lors des séries éliminatoires. »
Après la victoire des États-Unis et avant que le champagne et la bière ne commencent à couler à flots, les joueurs de l’équipe gagnante n’avaient rien à redire.
« Pour l’instant, je trouve ça génial », a résumé Brock Nelson.






