MONTRÉAL — Au hockey, que l’on parle de la LNH ou de la LPHF, un tour du chapeau exige une récolte de trois buts. Chez la Victoire de Montréal, toucher la cible en une occasion et livrer une solide prestation peuvent valoir ce que l’on pourrait surnommer le « chapeau d’honneur ».
Après le gain de 3-1 de la formation montréalaise contre les Sceptres de Toronto dimanche dernier à la Place Bell, l’attaquante Abby Roque s’est levée dans le vestiaire de l’équipe. Après un bref préambule, elle a présenté le chapeau en question à la défenseuse Kati Tabin.
Roque avait mérité ce chapeau après sa performance d’un but et deux aides lors de la partie précédente, contre les Sirens de New York, le 25 novembre.
« C’est notre façon de récompenser la joueuse du match cette année. Nous voulions quelque chose de ‘cool’. (Erin) Ambrose a donc fait fabriquer un chapeau sur lequel est inscrit ‘We all have scars’ (Nous avons toutes des cicatrices) », a d’abord raconté Tabin après la séance d’entraînement de la Victoire, mercredi matin à l’Auditorium de Verdun.
Puis, elle a expliqué la signification du message.
« Ça représente simplement le fait que nous avons toutes vécu des choses dans le passé, que nous venons toutes d’horizons différents, que nous avons toutes nos particularités. Mais quand nous sommes ensemble, c’est un travail d’équipe et nous mettons tout cela de côté pour former une famille », a précisé la défenseuse originaire de Winnipeg.
Tabin l’avoue : elle a été surprise quand Roque l’a nommée et lui a présenté le chapeau.
Pourtant, elle avait marqué le premier but du match, joué pendant un peu de plus de 20 minutes et terminé sa journée de travail avec un ratio défensif de plus-2, le même que Maggie Flaherty, sa nouvelle partenaire cette saison à la ligne bleue.
« Honnêtement, je trouvais qu’Ann (la gardienne Ann-Renée Desbiens) avait très bien joué, comme d’habitude. Elle nous a sauvées à plusieurs reprises. Je pensais donc qu’elle allait peut-être recevoir (le chapeau). Mais oui, j’ai été ravie qu’Abby estime que je le méritais », a reconnue Tabin.
Sixième joueuse réclamée en cinquième ronde du repêchage inaugural de la LPHF à l’été de 2023, Tabin entame sa troisième saison avec l’équipe et semble de plus en plus à l’aise.
Après une récolte de six points en 24 parties lors de sa première saison, Tabin a obtenu huit points, dont quatre buts, en 28 matchs en 2024-2025.
Au fil des trois premières parties de l’équipe cette saison, elle compte deux points et a joué, en moyenne, presque 19 minutes par match, à une seconde près, en fait. Aussi, son ratio défensif de plus-4 lui confère le premier rang à ce chapitre chez la Victoire et le cinquième échelon à travers la ligue.
En 55 matchs en carrière, son ratio défensif est de plus-13.
« Oui, je suis plutôt heureuse de mon début de saison, à part le match contre Boston (le premier de la campagne, perdu 2-0). Ç’a été un match difficile pour l’équipe, honnêtement. Mais c’était le premier, et il faut passer à autre chose », a d’abord analysé Tabin.
« J’essaie simplement de me concentrer à donner le meilleur de moi-même, et peu importe ce sur quoi nous travaillons à l’entraînement, j’essaie de le mettre en pratique pendant les matchs. Et je pense que j’ai plutôt bien réussi à le faire lors du dernier match. Donc oui, je suis plutôt contente, mais évidemment pas satisfaite », a-t-elle tout de même nuancé.
Les ambitions de Tabin sont ce qu’il y a de plus simples : s’améliorer.
« Je regarde ma saison passée, ce qui a bien été, ce que je n’ai pas aimé, et comment je pouvais travailler là-dessus pendant l’été. Le plus important pour moi, c’est ma vitesse. Je trouve que si vous êtes rapide sur la glace, vous pouvez généralement faire beaucoup mieux que si vous ne bougez pas. C’est donc un point important sur lequel j’ai essayé de travailler pendant l’été. »
Une expérience enrichissante
Tabin était l’une d’environ 15 joueuses à participer à la séance d’entraînement de mercredi.
L’entraîneuse-chef Kori Cheverie, son adjointe Caroline Ouellette, les attaquantes Marie-Philip Poulin et Laura Stacey, les défenseuses Erin Ambrose et Nicole Gosling et Desbiens sont à Edmonton pour le premier de deux matchs de la Série de la Rivalité, mercredi soir, entre les équipes nationales du Canada et des États-Unis.
Une autre joueuse de la Victoire, Hayley Scamurra, a aussi fait le voyage à Edmonton pour rejoindre la formation américaine.
Les deux pays s’affronteront de nouveau samedi (21 h à RDS2), toujours à Edmonton, et Tabin n’aurait pas détesté vivre cette confrontation après avoir participé aux deux premiers duels, joués à Cleveland et à Buffalo les 6 et 8 novembre.
« Oui, j’aurais aimé être là-bas», a-t-elle lancé sans la moindre hésitation dans la voix lorsque la question lui a été posée.
Pour Tabin, les matchs à Cleveland et à Buffalo étaient ses premiers en carrière avec l’équipe senior du Canada. Elle avoue qu’elle était nerveuse.
« Mais dans l’ensemble, je pense que je m’en suis plutôt bien sortie », a mentionné Tabin.
« Vous savez, c’est difficile de savoir à quoi s’attendre, a ajouté Tabin. Il y a énormément de talent sur la glace pendant ces matchs. J’étais donc contente. Il y a beaucoup à apprendre, cependant, ce qui est génial. »



