MONTRÉAL – Laura Stacey traverse sa meilleure séquence depuis la création de la LPHF. Elle a accumulé neuf points à ses six derniers matchs, marquant notamment un but dans quatre rencontres consécutives. La Ligue a symboliquement reconnu ses succès en lui attribuant une étoile au terme de ses deux dernières semaines d'activités.
Mais Stacey, on l'a appris mardi avant le départ de la Victoire pour New York, est une grande perfectionniste. Elle a beau avoir contribué directement à 70 % des buts de son équipe depuis le 22 février, la liste de ses insatisfactions est longue.
« C'est sûr qu'en termes de production offensive, c'est satisfaisant de voir la rondelle traverser la ligne rouge aussi souvent. Mais il est évident pour moi que j'ai encore du travail à faire dans plusieurs aspects de mon jeu », analysait Stacey après un long entraînement à l'Auditorium de Verdun.
La grande numéro 7 s'en veut notamment d'avoir été sur la glace pour deux buts encaissés récemment en désavantage numérique, dont un à 5-contre-3 contre Toronto. Elle ressent aussi le poids des insuccès du jeu de puissance, qui n'a réussi que 14 % de ses missions cette saison.
Parmi les autres coups de fouet qu'elle s'est infligés : la précision de son travail dans les transitions offensives, où son trio produit selon elle trop de déchets, et une capacité à créer du chaos près du filet adverse qu'elle n'a pas l'impression de maximiser.
« Cela dit, on gagne nos matchs et on est dans une position favorable au classement. Évidemment, je suis heureuse de contribuer autant offensivement, mais en même temps, honnêtement, je ne suis jamais satisfaite. Je veux continuer à pousser pour m'améliorer. »
Il n'est pas rare qu'un athlète minimise la portée de ses propres performances dans l'espoir que les projecteurs restent braqués sur les succès du collectif. Habituellement, dans ces circonstances, son entourage se charge de sortir les trompettes et de lancer les fleurs.
Ce n'est pas nécessairement ce que Kori Cheverie a fait lorsqu'on lui a sollicité un commentaire sur les récentes performances de Stacey. À l'instar de la principale intéressée, l'entraîneuse-chef de la Victoire croit elle aussi que ce que sa joueuse étoile démontre par les temps qui courent n'est que la pointe de l'iceberg.
« On est vraiment heureux de la contribution de Laura, mais je crois qu'elle peut en offrir encore plus. Je crois qu'on n'a rien vu encore, a répété Cheverie. Par exemple, son tir est merveilleux, elle doit l'utiliser davantage et je crois que c'est ce qu'elle fera, mais son potentiel est illimité. »
La relation entre Stacey et Cheverie remonte à loin. Les deux femmes ont commencé à travailler ensemble lorsque Cheverie s'est greffée au personnel de l'équipe nationale senior au Championnat du monde de 2021. Stacey n'était pas reconnue comme une joueuse à vocation offensive à l'époque.
« Au fil des années, elle a accepté ce rôle d'attaquante de puissance qui doit utiliser sa vitesse et transporter la rondelle au filet. Dans le hockey féminin, il n'y a pas beaucoup de joueuses qui ont son gabarit et sa vitesse. À partir du moment où elle s'est décidée à tirer profit de ces atouts avec constance, sa réputation s'est solidifiée. Elle est devenue une valeur sûre en équipe nationale, elle est passée du quatrième au troisième trio. Elle a toujours été difficile à affronter, mais éventuellement, à force de constance, elle a ajouté une facette offensive à son jeu. Maintenant, c'est ce qu'elle doit peaufiner. Mais sa progression depuis quatre ou cinq ans a été remarquable. »
Cheverie a noté qu'avec huit buts à sa fiche cette saison, Stacey est l'une des meilleures buteuses de la LPHF depuis la création du circuit. Elle en avait marqué dix lors de la saison inaugurale l'année dernière.
« Et elle a le talent pour marquer encore plus souvent que ce qu'elle fait présentement », prédit-elle.



