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Une expansion accueillie favorablement à Montréal

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MONTRÉAL – C'était l'un des secrets les moins bien gardés dans le monde du sport. Mercredi, la LPHF a annoncé l'expansion de ses cadres vers la côte ouest avec l'ajout d'une équipe à Vancouver. On s'attend à ce qu'un autre dévoilement du genre, impliquant cette fois la ville de Seattle, ait lieu d'ici la fin de la saison. À sa troisième année d'existence, la meilleure ligue de hockey féminin au monde devrait donc passer de six à huit équipes.

À l'Auditorium de Verdun, où les joueuses et le personnel de la Victoire de Montréal se retrouvaient jeudi matin pour la première fois depuis la fin de la trêve internationale, tout le monde s'en réjouissait.

« C'est super, a réagi Marie-Philip Poulin. Voir déjà une expansion, c'est magnifique. Plus de jobs, plus de filles qui peuvent continuer à jouer professionnellement, c'est remarquable. »

La directrice générale Danièle Sauvageau abondait dans le même sens que sa capitaine. « C'est une bonne nouvelle. On n'ira jamais contre le fait qu'il va y avoir plus d'emplois. On parle de joueuses et de tout ce qu'il y a d'encadrement périphérique, à commencer par les DG. C'est une autre équipe au Canada. Lorsqu'on a joué [à Vancouver cette année] contre Toronto, c'était magique. »

Si aucune modification n'est apportée à la taille des effectifs de chaque équipe, le développement de deux nouveaux marchés permettra l'intégration de 52 joueuses supplémentaires au sein de la LPHF.

Celles qui se sont exilées en Europe l'été dernier, parce qu'elles n'ont pas été retenues après la saison inaugurale ou parce qu'elles ont été ignorées au repêchage, pourraient y voir l'occasion de tenter de nouveau leur chance. Celles qui risquaient d'être à leur tour exclues par l'arrivée de la prochaine cuvée de recrues voient maintenant apparaître un rayon d'espoir.

Une question se pose toutefois en filigrane. Grâce à l'afflux de joueuses européennes et de nouvelles diplômées universitaires, la LPHF a vu la qualité de son produit augmenter de façon considérable entre sa première et sa deuxième campagne. Ses équipes ont engraissé leur profondeur. L'écart entre leurs quatre lignes d'attaque s'est retrouvé moins prononcé. Le même phénomène, inévitablement, était attendu pour l'An 3.

Dans cette optique, il est légitime de se demander si la LPHF ne précipite pas les choses en élargissant sa structure.

« Je crois qu'il y a plusieurs femmes partout dans le monde qui ne jouent pas dans notre ligue présentement mais qui y auraient leur place, s'oppose l'entraîneuse Kori Cheverie lorsque soumise à cette théorie. Peut-être que [Vancouver] ouvrira une porte à celles qui hésitaient ou qui ne cadraient pas dans les besoins de l'une de nos équipes. Il y aura une autre option pour elles maintenant. »

« Il va toujours y avoir des gens qui vont parler négativement, a répondu Poulin. Pour nous, de voir l'explosion du côté hockey féminin, c'est remarquable. On est super contentes d'avoir une équipe d'expansion. Ça va donner la chance à plus de filles de pouvoir s'améliorer et à celles qui graduent de l'université d'avoir la chance de continuer. La plupart des filles qui sortent de l'université n'ont pas nécessairement atteint leur plein potentiel. Cette ligue-là va permettre ça. Je ne suis pas inquiète. »

Dans son plaidoyer en faveur de l'expansion, Danièle Sauvageau a soulevé avec justesse le rôle que joue la LPHF, depuis le début de sa courte histoire, dans le renforcement organique de son produit.

« Regardez les joueuses qui étaient dans la ligue l'année passée, comment elles ont évolué depuis ce temps. Ces joueuses, s'il n'y avait pas eu d'expansion, elles se seraient retrouvées où? Le fait de garder une joueuse qui a gradué des rangs universitaires pendant trois, quatre, cinq années supplémentaires, c'est comme du côté masculin, à moment donné ça amène les athlètes ailleurs. »

Ultimement, Sauvageau s'en remet à la vision et au jugement de ses patrons. « Il faut leur faire confiance parce que jusqu'à date, toutes les décisions que la ligue a prises, il y a eu un succès rattaché à ça. »

D'autres questions

Plusieurs autres questions, d'ordre plus technique, demeurent sans réponse à ce stade embryonnaire du projet. On ignore, par exemple, les règles qui seront établies pour le déroulement du repêchage d'expansion.

« C'est sûr qu'on va perdre des joueuses. C'est factuel », se résignaient Sauvageau en citant l'évidence. Mais pour le reste, la DG s'est faite discrète à propos de toute information privilégiée qu'elle pourrait détenir à ce sujet.

La LPHF étirera-t-elle son calendrier pour une troisième saison consécutive? Après sa première année d'existence, la saison régulière était passée de 24 à 30 parties.

« J'aime où on est présentement en termes de nombre de matchs, a exprimé Cheverie. Si la ligue grossit, je suis certaine qu'elle voudra ajouter des matchs éventuellement. Mais pour l'instant, j'aime le statu quo. Déjà, l'augmentation entre l'an dernier et cette année a semblé énorme. C'est intense. »

« Si on augmente le nombre de matchs, il faudrait commencer plus tôt, calcule Sauvageau. On sait qu'en novembre, il y a une période de pause, Il ne faut pas oublier non plus que 'année prochaine, c'est une année olympique, en plus des championnats du monde. Il faut que ça soit considéré. »