Percer dans la Ligue nationale de hockey est un énorme défi. Le gardien de but Jacob Fowler devrait en avoir un aperçu, alors que l’entraîneur-chef du Rocket de Laval, Pascal Vincent, souhaite déjà voir une progression concrète, à sa première année complète chez les professionnels.
Au terme d’une excellente deuxième campagne avec Boston College dans la NCAA, Fowler a signé son contrat de recrue au printemps dernier et s’est joint au club-école du Canadien de Montréal pour trois matchs de saison et huit autres de séries éliminatoires.
Selon Vincent, ce bref parcours avec le Rocket de Laval lui a été bénéfique.
« Ça lui donne des outils qui sont importants présentement. Il y a aussi une progression au niveau de la maturité », a-t-il relevé, mardi, au terme de la dernière séance d’entraînement du camp des recrues avant le début du camp d’entraînement, mercredi.
« Je pense que je l’ai dit dans le passé: il a beaucoup de leadership et il sait ce qu’il veut. Et c’est un cérébral; il réfléchit. Donc, il a vraiment pris ce qu’il a appris l’an passé et il a été capable d’ajuster son entraînement cet été », a ajouté Vincent.
S’il ne faut jamais dire jamais, il est très peu probable que Fowler fasse sa place avec le Tricolore dès cette année. Ainsi, Vincent a déjà concocté un plan pour le développement du gardien américain de 20 ans.
« (Avec le Rocket), on joue un jeu très efficace défensivement. On veut que nos gardiens de but voient la rondelle le plus souvent possible, évidemment, et les joueurs l’ont bien fait l’an passé. Donc, les rondelles (qu’il voit), je veux qu’ils les arrêtent. Celles qu’il voit un peu moins et qui sont un peu plus difficiles, il faut qu’il y ait une certaine constance dans la moyenne d’efficacité», a mentionné Vincent.
« Donc, c’est d’être combatif dans ces moments-là. Je veux voir ça. Je sais qu’il l’a en lui; c’est évidemment un très bon gardien de but. Je veux voir son éthique de travail durant les entraînements. Je veux que ce soit constant, parce qu’il n’a jamais vécu une saison comme il va vivre cette année. On va également l’aider à gérer son énergie », a résumé Vincent.
Beaucoup de progression
Au terme d’un court camp des recrues ponctué de deux défaites sur la patinoire du Centre Bell, Vincent s’est par ailleurs dit heureux de la progression des jeunes espoirs du club.
À ses yeux, les défaites de 4-3 aux mains des espoirs des Jets de Winnipeg, samedi, et de 4-1 face à ceux des Maple Leafs de Toronto, le lendemain, ne signifient rien du tout. Ces rencontres n’étaient qu’un prétexte pour évaluer les joueurs et leur progression.
« Je ne pense pas qu’au mois de mars on va parler des deux matchs des recrues au mois de septembre », a rétorqué Vincent.
« J’ai roulé quatre lignes et six défenseurs, on n’a pas ‘coaché’ pour gagner non plus, mais, en plus, on veut donner une chance. Le but de ce week-end-là, c’est de donner une chance à nos joueurs de se faire voir. Évidemment, on veut tout le temps gagner, mais ce n’était pas l’objectif numéro un », a-t-il expliqué.
Traçant un parallèle avec le Face-à-Face des espoirs de l’année dernière, Vincent estime que ce camp représente surtout une opportunité pour les nouveaux venus de se familiariser avec l’organisation et les installations à Brossard.
«L’an passé non plus, je ne pense pas qu’on a gagné de match, mais, en bout de la ligne, on avait donné du temps à Lane Hutson pour se familiariser, a-t-il fait valoir. C’est ça l’objectif: briser la glace avec certains joueurs, donner une opportunité à d’autres et jouer au Centre Bell pour qu’on puisse les évaluer sur la grande scène.»
Au moment de faire son bilan, Vincent a eu de bons mots pour de nombreux espoirs du Tricolore. Il a notamment vanté la prise de volume de Florian Xhekaj et les meilleures intentions d’Owen Beck dans ses prises de décisions.
« La vitesse de progression est un peu différente pour certains joueurs, mais je vois une progression, a-t-il dit. Lorsque je parle aux joueurs, je vois une maturité qui est évidente, ce qu’ils ont appris l’an passé et comment ils se sont entraînés cet été. »
Des 26 joueurs qui ont participé au camp des recrues, certains ont déjà disputé des matchs avec le Canadien ou ont joué avec le Rocket au cours de la dernière saison.
Pour d’autres, il s’agissait d’un avant-goût de la LNH, et disputer un match devant un Centre Bell rempli demeurera un souvenir inoubliable. Même si ce moment de réjouissance était, pour certains, un couperet.
« Pour eux, c’est une expérience assez extraordinaire de jouer devant 21 000 personnes deux matchs de suite. Ç’a bien été, on a vu de belles choses », a commenté Francis Bouillon, entraîneur au développement des joueurs.
« Il va y avoir des déceptions. Mais les déceptions, souvent, tu apprends beaucoup de ça aussi. Tu sais, moi j’ai appris énormément dans l’échec et ça te rend plus fort. Ça fait partie du jeu », a conclu l’ex-défenseur du Canadien.