Le parcours olympique en lutte libre du Montréalais d’adoption Jordan Steen s’est conclu au pied du podium de la catégorie de 97 kg alors qu’il a été défait par l’Italien Abraham de Jesus Conyedo Ruano lors du repêchage par la marque de 4-2.

À l’instar de son père, Dave, médaillé de bronze en décathlon aux Jeux de Séoul en 1988, Jordan Steen aurait aimé mettre la main sur la troisième place.

« Mes parents ont été parfaits dans les dernières années. Ils m’ont aidé au maximum grâce à leur expérience. J’aurais voulu imiter mon père et remporter la médaille de bronze », a-t-il confié en entrevue avec Sportcom.

Sa mère, Andrea Page est également une athlète olympique et a participé aux Jeux de 1984 à Los Angeles au 400 m haies. La carrière de ses parents a évidemment été une source d’inspiration et de motivation pour le lutteur de 30 ans.

Une décision par reprise vidéo

Steen, qui perdait 4-0 avec quelques secondes à faire, croyait bien avoir réussi à renverser son adversaire pour combler l’écart, mais la reprise vidéo aura prouvé que la manœuvre du Québécois ne lui valait que deux points et il était trop peu trop tard par la suite pour combler l’écart.

« Ç’a été un match très difficile. Je croyais avoir été en mesure de faire ce que j’avais à faire pour gagner avec le dernier renversement, mais les juges en ont décidé autrement. Il a été un très bon adversaire, il a finalement remporté la médaille de bronze, ce qui était définitivement mon but aujourd’hui. C’est une défaite difficile », a mentionné Steen.

La veille, en huitièmes de finale, Steen a été défait par l’Américain Kyle Frederick Snyder qui a poursuivi sa route jusqu’à la finale où il a été défait par Abdulrashid Sadulaev du Comité olympique russe. Il s’agissait d’une lourde tâche pour le représentant de l’unifolié qui avoue avoir été surpris par son adversaire.

« Snyder a été tout un adversaire lui aussi, il est bâti comme un frigidaire et il est difficile à faire bouger. J’ai réussi à faire des points tôt dans le combat, mais il a été plus fort par la suite. Je ne suis pas déçu de mes performances, j’aurais évidemment voulu en faire plus, mais j’ai donné tout ce que j’avais. Je suis heureux d’avoir reçu les encouragements de partout au Canada, particulièrement à Montréal », a-t-il remarqué.

Le soutien de Martine Dugrenier

Lors de sa préparation pour les Jeux olympiques de Tokyo, Jordan Steen a pu compter sur l’expérience l’ancienne Olympienne Martine Dugrenier, maintenant membre du personnel d’entraineurs de l’Institut national du sport du Québec (INS Québec). Dugrenier s’est dite heureuse de voir le lutteur finalement aux Jeux oympiques après des derniers mois difficiles.

« Ce n’était pas une année normale, il a fallu faire une bulle de quatre lutteurs avec lui. Il a eu la chance de continuer à s’entraîner à l’INS Québec avec un groupe restreint. Il n’a pas pu participer à aucune compétition depuis sa sélection à Ottawa. Il a seulement pu faire des matchs avec ses partenaires d’entraînement », a expliqué Dugrenier.

L’olympienne des Jeux de Pékin en 2008 et de Londres en 2012 a également été élogieuse envers la force de caractère de Steen.

« Il a un énorme soutien de sa famille, c’est un compétiteur et il est très fort mentalement. Il est capable de livrer la marchandise dans toutes les situations. Il va aller chercher de l’information, il veut toujours s’informer. Il a une bonne routine, il fait ce qui est nécessaire pour prendre soin de lui et il a une très bonne discipline. En combat, il est excellent au sol, il va marquer beaucoup de points de cette manière et en allant au-dessus de son adversaire. Il a une bonne résilience et une énorme persévérance en plus d’avoir d’énormes qualités physiques », a-t-elle fait ressortir.

Quant à Steen, il est extrêmement reconnaissant du le travail qu’a accompli Dugrenier avec lui au cours des dernières années.

« Martine et les autres entraîneurs ont été exceptionnels durant ma préparation pour les Jeux olympiques. Nous avons réussi à avoir des permissions spéciales pour pouvoir être au sommet de ma forme à Tokyo, dans les circonstances », a conclu Steen.