LAVAL – Il y a un an, les Roses de Montréal entraient en séries par la porte arrière. Elles n’avaient remporté que deux de leurs huit derniers matchs de la saison, pavant la voie à une élimination précoce et logique en séries éliminatoires.
La version actuelle de l’équipe est complètement ailleurs, parfaitement en phase avec ses ambitions. Elle n’a pas connu la défaite à ses huit dernières sorties et en prolongeant cette séquence avec une victoire à son avant-dernier match de la saison (samedi 14 h, RDS2), elle s’assurerait du titre de la saison régulière de la Super Ligue du Nord (SLN).
À l’interne, c’est un objectif qui avait été identifié avant même que la neige ne fonde sur le terrain du Stade Boréale. « Ça fait depuis le mois de février qu’on travaille pour le “Shield” », confirme Maryse Bard-Martel. L’entraîneuse-chef par intérim s’est assurée de le rappeler à ses joueuses en début de semaine. C’était pour la forme plus qu’autre chose. La motivation semble circuler de manière organique au sein de son groupe.
« C’est super important, a mis au clair sans hésiter la défenseuse Anne-Valérie Seto quand la possibilité de cadenasser l’accès au premier rang du classement lui a été soumise jeudi après l’entraînement. On a gagné tellement de matchs cette saison. Si on peut gagner celui-là, c’est vraiment le plus important pour aller chercher cette première place qui confirmerait notre saison. »
« Il nous reste deux matchs et c’est là-dessus qu’on se concentre, affirme l’attaquante Elyse Bennett. On va à Halifax, on prend les trois points, on gagne la ligue. C’est notre priorité numéro un. »
Les Roses ont toutes les raisons du monde de s’envoler vers la Nouvelle-Écosse en pleine confiance. Voilà maintenant plus de deux mois que cette équipe n’a pas goûté à l’âcreté de la défaite. Mais cette confiance est enrobée d’une nécessaire couche de lucidité.
De leurs huit matchs sans revers, les Roses en ont annulé cinq. Certains de ses résultats sont passés de travers. On pense tout de suite à ce 2-2 contre Toronto dans lequel les visiteuses sont revenues de l’arrière avec deux buts après la 80e minute.
Les Roses ont aussi été incapables de générer de l’attaque dans leurs deux derniers matchs.
« On s’est répété tout au long de la saison de ne pas perdre notre concentration quand les choses sont imparfaites, parce que c’est la nature du soccer, philosophe Bennett. Il y a assurément eu des moments où on aurait voulu être meilleures. Il y a aussi des moments où on sentait qu’on aurait mérité mieux. Tout ça finit par s’équilibrer et il faut parvenir à manœuvrer à travers ça. »
« Moi ce que je retiens, c’est qu’on est une équipe qui trouve toujours le moyen d’aller chercher un résultat, ajoute Bard-Martel. Cette séquence-là nous a préparées pour plein de situations différentes, que ça soit revenir dans un match, que ça soit protéger une avance, que ça soit x, y, z. Et là je crois fermement qu’on est prêtes pour tout ce qui peut nous arriver. »
Double objectif pour Bennett
Les Tides de Halifax occupent le cinquième et avant-dernier rang du classement de la SLN. Ça n’en fera pas un adversaire facile pour les Roses.
L’équipe de l’entraîneur Stephen Hart est impliquée dans une lutte à finir avec Vancouver pour le dernier billet donnant accès aux séries. Et elle se trouve dans cette situation grâce à la défensive la plus étanche de toute la ligue. Halifax a marqué deux fois moins de buts que trois des quatre équipes de tête, mais elle n’en a accordé que 21 en 23 parties.
Cette saison, Montréal montre une fiche de 2-0-1 contre Halifax, mais n’a marqué que deux buts, et aucun dans le cours du jeu, dans ces quatre affrontements.
« C’est un beau défi, prévoit la tacticienne montréalaise. Ça fait quelques matchs qu’on se crée beaucoup de buts attendus, qu’on se crée beaucoup d’occasions. On a travaillé fort au cours [de la pause internationale] pour être capables de concrétiser, d’être plus cliniques en avant du but. On a hâte de se tester. »
Halifax est la seule équipe contre laquelle Bennett n’a pas marqué cette saison. L’Américaine de 26 ans compte onze réussites à son palmarès, une récolte qui lui vaut le deuxième rang dans la course au Soulier d’Or de la SLN. Elle n’est qu’à un but de la meneuse, Jessica De Filippo du Rise de Vancouver.
« Je suis au courant et ça serait super si ça arrivait, a reconnu Bennett. Mais ce n’est pas une obsession non plus. Je veux gagner la ligue. Tout ce qui vient après est un bonus. Cela dit, je joue en 9, je suis payée pour marquer des buts, c’est mon travail et c’est ce que j’ai l’intention de faire. »
« Ce qui fait la force d’Elyse, c’est qu’elle est tout le temps locked in, observe son entraîneuse. Elle veut tout le temps apprendre, s’améliorer et ses standards sont très élevés. Elle comprend le match tactiquement et elle a faim. Cette combinaison-là, ça donne quelqu’un qui est capable de finir les actions, mais aussi de mettre la table pour ses coéquipières. Elle est tout le temps dangereuse. »
À l’entraînement jeudi, les Roses avaient récupéré deux joueuses – Mimi Alidou et Amandine Pierre-Louis – qui ont représenté leur pays durant la plus récente fenêtre internationale. Dux autres – Tanya Boychuk et Evelyn Badu – devaient rejoindre l’équipe directement à Halifax.
Lisa Pechersky a reçu un ballon en plein visage durant un exercice et a dû quitter la séance avant sa conclusion. Il est trop tôt pour savoir si l’incident aura une incidence sur son statut en vue du match de samedi.