MONTRÉAL – C’était le match qui devait sauver la saison du CF Montréal. Ça a été celui où l’espoir s’est éteint.
L’espoir de sauver l’honneur. L’espoir de mitiger la médiocrité. L’espoir de célébrer dans une saison garnie de déceptions.
L’espoir n’est plus.
Déjà en danger d’être immortalisée comme la pire édition de l’histoire du club en MLS, la mouture 2026 de l’Impact sera à jamais reconnue comme la première à perdre le Championnat canadien contre une équipe de Première Ligue Canadienne.
Quelques jours après avoir été mathématiquement effacée du portrait des séries en MLS, l’équipe montée par les frères Saputo s’est inclinée dans ce qui devait être la finale de sa rédemption. Des échecs de Prince Owusu et Hennadii Synchuk en tirs de barrage ont permis au Forge de Hamilton (1-1, 4-2 aux t.a.b) d’écrire l’histoire dans un stade qui n’attendait que d’exploser.
Le joueur désigné Alexis Sanchez a observé la scène à partir du banc. Écarté du onze de départ, le milieu de terrain semblait militer pour entrer sur le terrain dans les dernières minutes de la prolongation, mais le sifflet final s’est fait entendre sans qu’il n’ait la chance de salir son uniforme.
C’est la troisième année consécutive où le Bleu-blanc-noir est sorti du Championnat canadien par le Forge. Cette exclusion sera assurément la plus douloureuse.
« Il n’y a pas grand-chose à dire. On se sent tous comme si on s’était fait frapper par un train », se résignait calmement Luca Petrasso après le crash.
En retard d’un but à la mi-temps, notamment ralenti par un penalty raté d’Owusu, le CF Montréal a émergé du tunnel avec le mors aux dents. À la 49e minute, Daniel Ríos a posé la dernière tête dans un échange amorcé par Victor Loturi et Fabian Herbers. Il s’agissait de son troisième but de la saison en Championnat canadien, son neuvième au total.
La belle impulsion des Montréalais a toutefois été étouffée cinq minutes plus tard par une crampe au cerveau du défenseur Brayan Vera. Déjà fiché dans le carnet de l’arbitre, le Colombien s’est vu décerner un deuxième carton jaune pour avoir simulé une chute dans la surface de réparation.
Vera est entré au vestiaire en rouspétant et en même temps que lui est disparu le sens de l’initiative du groupe qu’il laissait derrière. D’un côté comme de l’autre, l’audace a laissé place à la prudence.
« Est-ce que l’arbitre aurait peut-être pu être un peu plus pédagogue et ne pas lui mettre de deuxième jaune? Je ne sais, mais ça a brisé complètement l’élan qu’on avait sur le début de la deuxième demie. Je pense que c’est le tournant du match », jugeait l’entraîneur Philippe Eullaffroy.
Les locaux ont bien eu un petit regain de vie lors de l’entrée en jeu de Noah Streit et Hennadii Synchuk pour les dix dernières minutes du temps réglementaire, mais c’était écrit dans le ciel que la soirée se conclurait au-delà des 90 minutes prévues.
Des Oh! et des Ah! sont montés des tribunes en prolongation. Montréal a eu la meilleure chance dans la deuxième demie de 15 minutes, quand Streit a envoyé une frappe de 20 mètres bien au-dessus du cadre. Eullaffroy, dégoûté, en a jeté sa casquette au sol.
Dans les dernières minutes, Ben Paton a déjoué Breza avec un tir qui est mort sur la transversale.
Ce n’était que partie remise pour le Forge. Quand Manjrekar James a mis le cinquième tir de son équipe derrière Breza, une marée orange a déferlé vers le drapeau de coin, près de l’accès aux coulisses du stade où le champagne était gardé au froid.
C’est une belle histoire que celle du Forge, un club bien rodé qui fait figure de référence depuis le début de la courte histoire de la PLC.
Pour le CF Montréal, c’est une autre petite humiliation dans une saison dont le dernier enjeu n’est plus entre ses mains. Techniquement, l’équipe pourrait encore se qualifier pour la Coupe des champions de la CONCACAF. Il faudrait pour ce faire que le Forge gagne le championnat de la saison ou les éliminatoires de la PLC.
« De l’extérieur, les gens vont probablement dire qu’on a atteint le fond du baril, mesure Petrasso. Je crois qu’il faut juste continuer d’avancer. C’est la seule chose à faire. On s’est préparés pour une finale, on a joué une finale et on ne l’a pas gagnée. Il reste maintenant quatre matchs à jouer dans notre saison. On ne peut pas s’apitoyer sur notre sort. »