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Toronto, le meilleur adversaire possible pour le CFM?

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MONTRÉAL — Les avis sont partagés. Certains auraient préféré reprendre l’action rapidement, alors que d’autres ont accepté avec plaisir la pause d’une semaine devant eux. Une chose est sûre, le CF Montréal n’aurait pas pu demander un meilleur adversaire pour revenir au jeu.

La récente pause internationale a pimenté les choses, il y a presque deux semaines, mais le Bleu-blanc-noir s’en est bien tiré. En manque de plusieurs joueurs, le club a réussi à freiner à cinq sa séquence de revers en MLS et il a gardé la tête au-dessus de l’eau grâce à un gain de 3-1 aux dépens du FC Cincinnati, au stade Saputo.

Il était normal que les émotions soient élevées, après une victoire aussi importante, mais le calendrier de la MLS s’est occupé de les ramener sur terre. Avant de croiser le fer contre leurs éternels rivaux, le Toronto FC, samedi après-midi, les Montréalais devaient patienter une semaine de plus, au grand dam de quelques-uns.

« Pour moi, c’est sûr que j’aurais aimé jouer tout de suite, question de bâtir sur ce momentum et cette émotion, a affirmé le latéral gauche Luca Petrasso, jeudi, après un entraînement au Centre Nutrilait. D’attendre deux semaines, l’élan s’essouffle et tu dois trouver ta concentration en vue du prochain adversaire. C’est mieux quand tu n’arrêtes pas de jouer. Surtout que le momentum d’une victoire aide encore plus une équipe. »

À ce temps-ci de la saison, on aurait pu penser que cette inactivité serait bénéfique pour recharger les batteries de la formation montréalaise, mais elle a aussi été accompagnée de quelques contretemps.

Bon nombre de joueurs ont pu en profiter pour regagner leur souffle et pour se préparer à une fin de saison endiablée, mais plusieurs autres, dont Wikelman Carmona, Dani Pereira ou encore Noah Streit, ont foulé la pelouse du Centre Nutrilait pour une première fois depuis des lunes, jeudi. Certains viennent même de tout juste rentrer au pays après un voyage à l’autre bout du globe.

« C’est difficile sur beaucoup de points. Sur le plan physique, la fatigue et le décalage horaire, en considérant aussi que des joueurs ont joué il y a deux jours. Il y a également le contexte d’équipe nationale, qui n’est pas le même qu’en club. Il faut être sur la même longueur d’onde physiquement, mais aussi mentalement. Cette fois, nous aurons un banc fourni de qualité, mais maintenant, il faut trouver les meilleures combinaisons. Il faut prendre tout ça en compte et mettre en place le meilleur onze partant », a expliqué l’entraîneur-chef par intérim, Philippe Eullaffroy.

Des pistes de solutions se sont possiblement pointé le bout du nez contre le FC Cincinnati. Utilisant habituellement une défensive à quatre, Eullaffroy a dû modifier son schéma tactique pour jouer à trois défenseurs, en raison des nombreuses absences.

Même si l’équipe de l’Ohio a décoché 18 tirs, dont quatre cadrés, l’expérience a peut-être été suffisamment concluante pour qu’elle soit tentée à nouveau, à Toronto.

« Il y a des chances (d’utiliser trois défenseurs). C’est un biscuit de plus dans notre poche. Nous verrons l’état des troupes, notamment (Brayan) Vera, qui a un petit problème au cou. Dépendamment de la façon dont il se sent, nous choisirons quelle formation à utiliser. En se fiant au calendrier, c’était la dernière fenêtre au cours de laquelle nous pouvions travailler sur quelque chose de nouveau. Nous en avons profité », a souligné Eullaffroy.

Peu importe le schéma tactique, le CF Montréal (6-15-6) s’attend à ne pas être en retard contre le Toronto FC (6-10-11). Les « Rouges » font également partie d’un groupe qui cherche à mettre la main sur les dernières places donnant accès aux éliminatoires dans l’Association Est.

Les Torontois détiennent actuellement une avance de cinq points devant le Bleu-blanc-noir au 13e rang de l’association, et ils accusent quatre points de retard derrière le New York City FC, qui se trouve au-dessus de l’infâme ligne rouge. Pour emprunter une expression typique au hockey, il s’agit là d’un véritable match de six points qu’aucune équipe ne doit échapper.

« C’est une date que nous avons encerclée au calendrier tout au long de l’année, a insisté Petrasso. Nous voulons aller là-bas, appliquer de la pression et quitter avec une victoire. Ils ont perdu leurs trois derniers matchs et ils font aussi une poussée pour les séries. C’est un immense affrontement et nous espérons pouvoir obtenir les trois points. »

Les deux équipes avaient déjà disputé une première Classique canadienne au retour de la Coupe du monde de la FIFA, le 16 juillet, et le CF Montréal avait dominé le TFC au stade Saputo. Il avait toutefois dû se contenter d’un verdict nul de 0-0.

Eullaffroy a gardé en tête cette prestation de ses hommes, mais elle est tellement loin sur la ligne du temps qu’elle ne veut pratiquement plus rien dire.

« Nous avions connu une bonne performance, mais il y a eu tellement de matchs depuis que nous ne pouvons pas forcément nous appuyer là-dessus, a-t-il dit. C’est plus de garder notre motivation et d’utiliser ce petit supplément parce que nous jouons contre Toronto. Il y a un coup double à faire : leur prendre trois points et nous rapprocher d’eux au classement. Tous les ingrédients sont là pour que la motivation soit au maximum. »

Texte de Simon Servant, La Presse Canadienne