MONTRÉAL – On peut reprocher à Marco Donadel de recycler la même cassette, mais il faut admettre qu'il a un point. Son équipe se bat rarement à armes égales, mais elle se bat.
La performance du CF Montréal a certes été imparfaite en ouverture de la Coupe des Ligues, mais il faut faire l'éloge de sa combativité. Pour un deuxième match de suite, il a comblé un déficit précoce pour décrocher un résultat auquel il n'était pas nécessairement destiné.
Dans un Estadio Saputo surchauffé, Montréal a soutiré un match nul de 1-1 à Club León avant d'aller chercher un précieux point supplémentaire dans les tirs de barrage. Les sept tireurs des locaux ont trouvé le fond du but avant que Sebastian Santos n'envoie sa tentative sur la transversale.
Au final, le résultat représente une juste récompense pour l'effort fourni. Le Bleu-blanc-noir a payé pour son manque de finition récurrent en laissant derrière un point précieux, mais méritait que la chance lui sourie.
« Aujourd'hui, ça a probablement été l'un de nos meilleurs matchs de la saison », se satisfaisait Donadel après avoir vu ses joueurs tirer 17 fois vers le filet adverse (avec sept tirs cadrés) tout en n'en concédant que quatre.
Soucieux, la veille, de voir ses joueurs faire assez bien pour conserver leurs chances mathématiques de progresser dans le tournoi, Donadel peut respirer. Ça ne sent pas encore la coupe, mais l'espoir n'est pas éteint. Au terme de la première phase au cours de laquelle chaque équipe aura joué trois matchs, les quatre meilleures équipes de la MLS seront qualifiées pour la ronde éliminatoire.
« Je rigolais avec notre analyste en préparant le match d'aujourd'hui. Sur sa feuille, c'était écrit que c'était notre premier match, mais ça aurait aussi pu être notre dernier. Le format du tournoi est étrange, mais c'est bon pour le show. Les deux premiers matchs, les équipes poussent pour les trois points. [...] On a décidé de jouer pour gagner et on a poussé jusqu'à la fin pour y arriver, même si ça voulait dire qu'on prenait le risque de perdre. »
Les doléances de Donadel s'ajoutent à une longue liste de critiques dirigées vers cette compétition qui oppose chaque été depuis trois ans les équipes de la MLS à celles de la Liga MX. Mais pour le CF Montréal, cet intermède dans une saison de misère arrive comme une bouffée d'air frais. Le stade avait peut-être été pris d'assaut par les supporteurs de toutes allégeances, mais son cœur s'était au moins remis à battre. Et avec lui celui de ses occupants.
« On en parlait entre nous et on se disait juste à quel point on s'était amusés ce soir, notait Joel Waterman. Le défi était différent, l'atmosphère était différente et on a pris beaucoup de plaisir. »
« Un match à la fois, une action à la fois, on est en train de bâtir quelque chose de bien, ressent Samuel Piette. Il y a de la qualité dans ce groupe-là. C'est juste de se présenter et retrouver ce plaisir-là. Quand tu as un peu moins de pression, tu joues peut-être un peu plus libéré. J'ai senti le groupe comme ça ce soir. »
Des choses à se faire pardonner
Les locaux ont encaissé le premier but dès la 11e minute, quand un centre de la vedette colombienne James Rodriguez a déjoué les calculs du défenseur Brandan Craig avant d'être redirigé de la tête par Rogelio Funes Mori. L'histoire semblait vouloir se répéter. Un début de match honnête des Montréalais venait d'être entaché par un rival plus opportuniste.
Ça aura pris plusieurs tentatives infructueuses, mais Prince Owusu a fini par créer l'égalité à la 62e minute. Bien guidé dans la profondeur par Dante Sealy, l'attaquant royal a glissé une frappe avec sang-froid sous le gardien Óscar Jiménez. Il s'agissait de son dixième but à ses dix derniers matchs. Il en totalise 14 dans trois compétitions différentes.
Loin de vouloir se plaindre le ventre plein, les Montréalais regrettaient de n'avoir pu finir le travail dans les 90 minutes réglementaires. Sealy et Luca Petrasso, chaque fois grâce à une belle mise en scène d'Olger Escobar, ont menacé vers la 70e minute. Owusu, encore lui, a tenté d'avoir le dernier mot. Rien n'y a fait.
« C'est un peu doux-amer, parce qu'on pense qu'on aurait dû prendre les trois points, pestait Waterman. Il faut maintenant espérer que les autres équipes de la MLS en échappent elles aussi, mais on s'est donné une chance. »
Le CFM disputera son deuxième match de la compétition vendredi contre Deportivo Toluca, qui a battu le Crew de Columbus aux tirs au but mardi.
« Je ne garantis pas la victoire, mais je sais que ce groupe-là veut se battre, assure Piette. On a des choses, entre guillemets, à se faire pardonner. Ça ne veut pas dire que si on gagne tous nos matchs, tout ce qu'on a fait sera pardonné. Mais je pense qu'on est une meilleure équipe que ce qu'on voit au classement et on essaie encore de le montrer quand c'est le temps de jouer. »





